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Abdelilah Benkirane s'en prend encore à Nizar Baraka et Aziz Akhannouch
Publié dans PanoraPost le 19 - 09 - 2017

Lors de sa prise de parole au congrès régional du PJD à Temara, le secrétaire général du PJD Abdelilah Benkirane a laissé de côté les enjeux du congrès général électif du parti pour s'en prendre vertement aux responsables politiques, partisans soient-ils ou non. Il a attaqué le président du RNI Aziz Akhannouch et le candidat au secrétariat général de l'Istiqlal Nizar Baraka, plus d'autres qu'il n'a (prudemment) pas nommés.
Ainsi, s'exprimant devant les congressistes, Benkirane s'est rappelé au bon souvenir d'Akhannouch, auquel il reproche officieusement, selon un ministre membre du secrétariat général du PJD, de l'avoir privé de la présidence du gouvernement suite aux négociations pour la formation de la majorité gouvernementale, d'octobre 2016 à mars 2017. Ainsi, et alors que rien ne le laissait entrevoir, il est revenu sur le slogan du RNI « Agharass agharass » (le sérieux), en s'interrogeant faussement si ce parti était une colombe ou un tracteur, en allusion au rôle que l'ancien chef du gouvernement veut prêter au RNI, qui remplacerait ainsi à ses yeux le PAM. Il est ainsi Benkirane, il a besoin d'ennemis pour vivre…
Lancé dans sa logique, Benkirane conteste également le lancement de la Jeunesse du RNI en grande pompe à Marrakech, le 8 septembre. « Le sérieux, dit Benkirane, n'est pas de former une jeunesse du parti en 3 mois en réunissant 3.000 jeunes… Nous autres au PJD, nous avons mis 20 ans à bâtir notre jeunesse »… Sauf que, si l'on se réfère aux documents internes du PJD, celle-ci a été créée en 2002, l'année même du changement de nom du Mouvement populaire démocratique constitutionnel (MPDC) en PJD, et 4 ans après l'entrée de la mouvance islamiste – qui disposait déjà de sa Jeunesse – dans ce MPDC, dirigé alors par le Dr Abdelkrim Khatib.
Quand Benkirane n'aime pas quelqu'un, il ne s'encombre pas de considérations calendaires, ainsi qu'on le voit, et quand il apprécie quelqu'un, pour des calculs politiques, il ne s'embarrasse pas de sa moralité.
En effet, en bon enseignant de physique qu'il est, il fait sienne la logique de l' « ennemi de mon ami est mon ennemi ». Son ami, en l'occurrence, est Hamid Chabat, le douteux chef de l'Istiqlal auquel le liait une très sérieuse animosité, avant qu'il ne devienne d'un coup son grand ami lorsqu'il s'était agi de former un gouvernement en octobre 2016. Et le secrétaire général du PJD voit en Nizar Baraka, le challenger de Chabat pour la direction de l'Istiqlal, un ennemi de Chabat, donc le sien aussi.
Et voilà pourquoi il conteste cette sortie de Nizar Baraka, qui avait épinglé le niveau élevé des faillites d'entreprises au défaut de décisions utiles sur les fameux « délais de paiement » de l'Etat au secteur privé. Benkirane voit dans cette vérité exprimée par le très informé président du Conseil économique, social et environnemental « une phrase qui a été dictée à Baraka par certaines gens », qu'il évite soigneusement de nommer.
Au final, Benkirane est en guerre contre le gouvernement, dirigé par son propre parti, contre Akhannouch, contre Baraka, contre d'autres et contre tous ceux qui ne l'encensent pas. Seul Hamid Chabat trouve, étrangement et opportunément, grâce à ses yeux, même s'il est désormais rejeté par la majeure partie des membres de l'Istiqlal…


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