Un tragique incident survenu à Tanger, où un homme de 30 ans a été mortellement attaqué par son Pit Bull, a déclenché une vive polémique sur les réseaux sociaux, certains réclamant l'extermination des chiens. Face à ces réactions, l'Association marocaine de protection des animaux appelle à des solutions rationnelles et souligne la nécessité d'une enquête officielle pour élucider les circonstances de ce drame. DR ‹ › Un drame s'est déroulé samedi dans le quartier «El Espaniol» à Tanger, où un homme de 30 ans a été mortellement attaqué par son chien de race Pit Bull. Cet incident tragique a suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux, certains internautes allant jusqu'à réclamer l'abattage des chiens. D'après les témoignages de ses proches, la victime, connue sous le nom d'Anouar, était sortie ce matin-là pour acheter du pain avec son chien. Il s'était ensuite rendu dans un garage voisin, appartenant à un ami, où il avait l'habitude de nourrir plusieurs chiens. Alors qu'il était en conversation téléphonique avec sa fiancée, Anouar a été pris de vertige, a perdu l'équilibre et s'est blessé à la tête en tombant. C'est à ce moment-là que son chien l'a attaqué, alors que les autres chiens présents n'ont pas réagi, selon ses proches. Appels à la raison face aux réactions impulsives En réponse à cet événement, l'Association marocaine de protection des animaux a qualifié l'incident de «tragédie humaine». Elle a insisté sur la nécessité de traiter cette affaire «avec le plus grand respect et retenue», précisant que «seule une enquête officielle pourra éclaircir les circonstances exactes de l'incident». Les proches d'Anouar ont révélé que ce dernier souffrait de problèmes de santé, notamment de crises d'épilepsie pouvant provoquer des chutes et des mouvements involontaires. Selon l'association, cela pourrait avoir poussé le chien à réagir instinctivement à une situation inconnue ou stressante. Aucune preuve n'indique une attaque en meute ou un comportement agressif généralisé, insistent-ils. Face aux appels à abattre les chiens, l'association a exprimé son opposition ferme, exhortant les autorités à gérer cette situation de manière responsable. «Tuer les chiens ne constitue pas une solution acceptable», a-t-elle déclaré, mettant en avant des alternatives fondées sur l'évaluation comportementale, des soins appropriés et le respect du bien-être animal. «Tuer les chiens ne résout rien. Les réponses, souvent dictées par l'émotion, ne résolvent pas le problème mais l'exacerbent, car elles transfèrent la violence sans en traiter les causes réelles, qui résident dans l'absence de prévention, de réglementation et de responsabilité.» Association marocaine de protection des animaux L'association a appelé les citoyens à garder leur calme, rappelant que «bien que la tragédie soit bouleversante, la peur ne doit pas mener à des décisions injustes ou inefficaces». Elle a souligné que la sécurité publique «doit reposer sur des solutions rationnelles et durables, basées sur des faits». Pour éviter de tels incidents, l'association a affirmé que «de nombreux événements peuvent être prévenus grâce à des mesures de prévention : éducation, compréhension du comportement animal et responsabilité des propriétaires». Chaque cas est unique et doit être analysé avec prudence, a-t-elle ajouté. Renforcer le contrôle des propriétaires : une nécessité «La responsabilité doit être déterminée au cas par cas, selon des faits avérés, et incombe souvent au propriétaire de l'animal et à son respect des règles de sécurité et des conditions de détention. En réalité, les animaux subissent toujours les conséquences les plus sévères.» Association marocaine de protection des animaux L'association a souligné les lacunes du cadre juridique actuel au Maroc, déplorant l'absence d'une législation moderne et cohérente pour la protection et la gestion des animaux. Elle a proposé plusieurs mesures, dont l'adoption d'une législation moderne et applicable, l'imposition d'une identification obligatoire pour les chiens, la clarification des responsabilités légales des propriétaires, le renforcement de la stérilisation et de la vaccination, ainsi que l'organisation des conditions de détention des animaux. Des programmes de sensibilisation sur la culture de la responsabilité ont également été suggérés. L'association a insisté sur la nécessité de renforcer le contrôle des propriétaires, affirmant que «la prévention commence par la prise de responsabilité des propriétaires d'animaux, un élément crucial pour assurer la sécurité publique et le bien-être animal». En conclusion, l'association a déclaré que l'incident «n'est pas une crise des chiens, mais une crise de responsabilité».