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Le Marocain, cet incompris !
Publié dans Yabiladi le 19 - 06 - 2012

Pour le Marocain que je suis, il arrive que je ne parvienne même pas à me situer sur le plan politique ni à voir clair dans mes convictions personnelles. C'est à se taillader les veines à ne plus savoir ce qu'on veut, ni que faire, à force de vouloir changer le monde des autres et ne pas toucher au sien.
Le Marocain est ce «révolutionnaire de papier» qui participe à toutes les marches populaires en solidarité avec telle ou telle cause, quitte à les inventer : marche de soutien aux Indiens d'Amazonie, journées solidaires en faveur des Inuits victimes de la dictature du froid … La liste est longue. Après tout, c'est le geste qui compte.
Il faut avouer que le Marocain met du cœur dans tout ce qu'il entreprend. Avec des voix et des slogans à couper le souffle, raisonnant jusqu'à l'autre bout du monde. Cela, grâce au soutien indéfectible d'une chaine de télévision nationale qui se donne pour mission de montrer à la planète entière que le Marocain s'intéresse à ce qui se passe dans ce monde et qu'il se sent «très concerné», surtout lorsque ça se passe loin de chez lui.
Le Marocain, c'est cet être qui milite pour les causes des autres sans économiser son énergie, pour rappeler à l'univers qu'en dépit d'un quotidien rose et heureux, il ne peut ne pas se préoccuper des injustices que les autres subissent. Son «prestigieux» statut lui impose de soutenir la lutte de tous les malheureux de ce bas monde où qu'ils se trouvent.
Le Marocain est aussi ce bon croyant ne pouvant s'empêcher de prêcher la bonne parole un mois par an, celui du Ramadan. Rappelant aux âmes égarées la gravité de leurs péchés et le sort qui les attend si elles ne se décident pas à regagner le droit chemin avant qu'il soit trop tard. Lancer des «bonjours» à longueur de journée et réciter des prières tant que la soleil ne s'est pas couché. Mais, il est aussi celui qui, avec la fin du jeûne, est incapable de dire dans quel mois du calendrier lunaire on est.
Précher la bonne parole, mais refuser de l'entendre
Le Marocain, n'est pas que ça, détrompez-vous. Il est aussi, cet incompris qui aime son pays au point de se refuser à manifester pour dénoncer l'injustice qu'il trouve juste devant sa porte : le bidonville sur le chemin de son travail (s'il en a), les petits enfants des rues, les exclus des montagnes lointaines que la télévision publique ne montre pas, pour cause, parait-il, d'un défaut technique qui persiste depuis quelque décennies. Les gens de ces contrées ne sont pas photogéniques, chose rendant impossible leur apparition à l'écran.
En plus de tout ça, le Marocain reste, contre vents et marrées, cet être généreux qui n'hésite pas à faire passer les causes des autres devant ses propres souffrances et déboires quotidiens. Il se refuse, aussi, à «salir» l'image de son pays en montrant des choses douloureuses. Ça serait indécent de le faire. Lui qui a toujours défendu les autres, leur montrant l'exemple du citoyen du monde responsable et digne quelles que soient les circonstances, lui qui nage toujours à contre le courant sans douter de sa foi en lui.
Pour le Marocain que je suis, cet incompris qui veut être partout et qui ne se retrouve, finalement, nulle part, lui, qui n'hésite pas à soutenir les autres dans leurs combats pour la justice, mais refuse, en même temps, que ces dernier lui rappellent qu'il en est également privé ; lui, qui ne se prive pas de donner des leçons de morale mais oublie que c'est peut être lui qui en a besoin.
Le Marocain, cet incompris qui aimerait bien changer le monde…mais pas lui-même.
Visiter le site de l'auteur: http://oumada.wordpress.com/


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