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De Béarn à la vallée de Kelâat M'gouna, Hafsa Chakibi suit les routes de la rose [Portrait]
Publié dans Yabiladi le 15 - 10 - 2025

Ingénieure née à Casablanca, Hafsa Chakibi a passé une grande partie de sa vie à Béarn, dans l'historique sud-ouest de la France. C'est dans une région également chargée d'Histoire qu'elle a opéré ensuite sa réinstallation au Maroc. A travers la distillation de la rose de Kelâat M'gouna, elle a retrouvé ses premières passions de chimiste.
Le parcours familial de Hafsa Chakibi entre le Maroc et la France s'est dessiné depuis la migration de son grand-père. C'est ainsi que son père est né dans l'Hexagone et y a fait ses études, avant de retourner au royaume, où il a fondé sa petite famille. L'ingénieure en chimie a vu le jour à Casablanca, où elle a effectué une partie de sa scolarité primaire, dans les établissements français. Elle suit encore ses parents en France, où elle aura vécu à Béarn.
Après un parcours réussi en classes préparatoires, Hafsa Chakibi est diplômée de la prestigieuse école d'ingénierie Chimie ParisTech. Spécialisée dans les eaux pétrolières, elle travaille pendant trois ans à l'Institut français du pétrole (IFP). Après un doctorat, elle a poursuivi son évolution professionnelle, sans perdre de vue sa première vocation.
«La raison principale pour laquelle j'ai voulu étudier à Chimie ParisTech n'est pas de me spécialiser dans le secteur pétrolier. C'est de pouvoir développer mes procédés de distillation, d'extraction d'huiles et d'essences, ainsi que des parfums à partir des plantes», nous confie la chimiste.
Ph. Hafsa Chakibi
L'appel de la vallée des roses
Tout en travaillant dans son domaine, Hafsa Chakibi pense à ce qu'elle dit avoir «toujours voulu faire». Tentée par l'aventure, elle se lance dans la distillation de la rose damascène de Kelâat M'gouna, à partir de février 2018. «Je me suis dit que j'allais acheter une tonne de roses et que si je parvenais à vendre mon produit, je pourrais envisager plus sereinement la suite», a-t-elle déclaré à Yabiladi.
Le pari est réussi. L'ingénieure crée sa marque Flora Sina, avec une petite installation qui réussit la production de lancement. En auto-financement, elle s'appuie sur un prêt familial, ainsi que sur son expérience scientifique à même d'accompagner les exigences de qualité qu'elle souhaite pour son projet. Elle équipe son espace de gros alambics traditionnels en cuivre et de grands réchauds en pierre taillée, pour une production destinée à divers usages.
«On utilise l'eau de rose dans la cuisine, dans les soins de peau, dans les cosmétiques et bien plus. A Kelâat M'gouna, on la boit également pour calmer les problèmes de digestion», nous explique Hafsa.
Ph. Hafsa Chakibi
«J'ai cette passion depuis longtemps et je trouve dommage que l'on réduise la rose au flacon en plastique, dont l'eau n'est pas distillée mais plutôt synthétisée, alors que le Maroc est l'une des quelques régions du monde où le climat, à Kelâat M'gouna notamment, est favorable à la rose damascène de haute qualité.»
Hafsa Chakibi
Hafsa mobilise son expérience jusqu'à mettre le processus en phase avec les normes internationales. «Les professionnels sont de plus en plus enclins à acheter des produits artisanaux certifiés. L'idée a donc été de s'aligner sur ces attentes», explique l'ingénieure. En 2020, son atelier se met en conformité avec ces critères. Il obtient l'autorisation de l'ONSSA en 2021, ainsi que la certification bio et le permis d'exporter.
Cette nouvelle étape a conforté Hafsa dans une réinstallation pérenne au Maroc. A Kelâat M'gouna, son atelier contribue à dynamiser le tissu économique local par la création d'emplois pour les femmes, tout en diversifiant la production. «Nous travaillons avec la rose de la vallée et nous utilisons également la fleur d'oranger et le jasmin», nous dit-elle.
Une activité éco-responsable et à impact social
Se voulant solidaire et éco-responsable, l'initiative a dépassé la distillation en elle-même. Chaque année, Hafsa Chakibi alloue en effet une part des bénéfices de son entreprise à des projets locaux qui valorisent l'artisanat, le développement économique, l'éducation, la santé, l'autonomisation des filles, des femmes. Les retombées bénéficient plus largement à l'ensemble de la population dans l'historique vallée de roses, qui fait la réputation mondiale de Kelâat M'gouna comme haut lieu de la tradition de distillation florale.
Ph. Hafsa Chakibi
Parmi les projets soutenus figurent notamment le «développement d'un atelier de couture, d'une bibliothèque dans une école primaire, la commercialisation des tapis berbères d'une association et la mise en place d'un potager de légumes bio». Pour Hafsa Chakibi, la dynamique économique ne peut d'ailleurs se faire que collectivement, en phase avec les spécificité du territoire. C'est la raison pour laquelle elle travaille avec les mêmes partenaires locaux, garantissant par ailleurs la traçabilité de l'eau distillée.
Dans le cadre de son approche éco-solidaire, elle ambitionne aussi de travailler à base d'autres plantes et fleurs. Elle espère ainsi «couvrir l'ensemble du calendrier agricole annuel, afin de proposer un catalogue plus riche, tout en permettant aux femmes d'avoir des emplois stables sur l'année, qu'elles ne travaillent plus uniquement que de manière saisonnière».
Le néroli, un savoir-faire marocain qui a inspiré Kenzo et les parfumeurs du monde
Après l'eau de rose, l'eau de fleur d'oranger, les roses séchées, Hafsa Chakibi cherche à explorer l'iris, ou même les pétales de safran. Par la même occasion, l'ambition est d'ériger les plantes endémiques ou emblématiques du terroir marocain au rang de véritables générateurs de revenus pour les familles des régions où se trouvent ces variétés.
Ph. Hafsa Chakibi
L'idée, en outre, est de consacrer l'usage artisanal et ancien de ces pratiques traditionnelles, dans un cadre formel qui préserve à la fois l'héritage du savoir-faire, la qualité du produit et la dignité de ses faiseurs. Désormais, Hafsa Chakibi cherche à soutenir la prochaine phase à cet effet : acquérir son exploitation de roses, pour couvrir l'ensemble de la chaîne et développer une permaculture.


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