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Les Etats-Unis proposeront une refonte du mandat de la Minurso centrée sur le plan d'autonomie, d'après le Centre égyptien Al-Ahram
Publié dans Barlamane le 30 - 10 - 2025

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira les prochaines heures pour examiner le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour le Sahara (Minurso). Selon le Centre égyptien Al-Ahram, cette échéance revêt une signification singulière, marquée par un projet américain d'une portée sans précédent. Washington, rédacteur du projet de résolution, a en effet présenté une formulation inédite qui, si elle venait à être adoptée, bouleverserait l'architecture même du dispositif onusien dans la région.
Le texte américain, rapporté par Al-Ahram, «propose d'abandonner la logique du référendum d'autodétermination [négligée depuis plusieurs années] en érigeant le plan marocain d'autonomie comme fondement unique et exclusif de négociation pour parvenir à un règlement politique du différend». Le centre ajoute que «cette évolution, si elle recueille l'assentiment du Conseil, mettrait un terme à la philosophie fondatrice de la Minurso, établie en 1991 pour garantir le droit du peuple sahraoui à choisir librement son avenir sous supervision internationale».
L'ancrage américain du plan marocain
Le Centre Al-Ahram rappelle que «le soutien des Etats-Unis au plan marocain ne date pas d'hier : il plonge ses racines dans la décision prise par Donald Trump, en décembre 2020, de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara, en contrepartie de l'adhésion du royaume aux accords d'Abraham et du rapprochement diplomatique avec Israël». Toutefois, observe le centre, «la nouveauté actuelle réside dans la volonté de l'administration américaine de transformer ce soutien bilatéral en position internationale, à travers un texte soumis au Conseil de sécurité qui conférerait à la proposition marocaine la légitimité du droit international».
L'étude d'Al-Ahram souligne que «cette offensive diplomatique s'inscrit dans une vision personnelle du président Trump où la paix devient matière à prestige». Le président, poursuit le centre, «semble mû par une ambition persistante d'ériger sa diplomatie en œuvre de paix mondiale.»
La redéfinition du mandat onusien
Selon le Centre Al-Ahram, le projet américain introduit trois changements majeurs : «Premièrement, il substitue à la mission historique de la Minurso – organiser un référendum d'autodétermination – une nouvelle tâche, consistant à accompagner la mise en œuvre du plan d'autonomie sous souveraineté marocaine. Deuxièmement, il fixe à cette mission une durée limitée à trois mois non renouvelables, le temps d'engager des négociations sous l'égide des Nations unies. Troisièmement, il appelle les parties concernées – Maroc, Algérie et Front Polisario – à un dialogue direct, sans conditions préalables». Cette approche, juge le centre, «reflète une volonté américaine de rompre avec la lenteur diplomatique traditionnelle de l'ONU, au profit d'une méthode plus coercitive et transactionnelle, où la persuasion économique s'accompagne d'une menace de sanction».
L'analyse note par ailleurs «une inflexion perceptible des positions européennes», notamment de la France, du Royaume-Uni, de l'Allemagne et de l'Espagne – ancienne puissance administrante du territoire – qui «tendent désormais à considérer le plan d'autonomie marocain comme une forme de mise en œuvre du principe d'autodétermination, sans recourir nécessairement à un scrutin populaire». Pour ces Etats, résume Al-Ahram, «le réalisme politique prévaut sur la lettre du droit international : le Maroc exerce un contrôle effectif sur environ 85 % du territoire, assure son administration civile, et a engagé un vaste effort d'intégration économique et institutionnelle dans les provinces du Sud».
Les éléments structurants du plan marocain
Le Centre Al-Ahram examine en détail le contenu de la proposition marocaine, déposée en 2007 auprès des Nations unies. Celle-ci, rappelle-t-il, «confère au royaume les compétences régaliennes – défense, relations extérieures, prérogatives constitutionnelles et religieuses du souverain – tout en créant des institutions locales élues, chargées de la gestion administrative, économique et judiciaire de la région».
Le texte mentionne également «la création d'un conseil transitoire comprenant des représentants du Maroc et du Front Polisario, chargé de superviser la réinstallation des réfugiés, le désarmement et la réintégration des combattants». Selon Al-Ahram, «le plan prévoit que le statut définitif du territoire soit soumis à un référendum d'approbation, permettant aux habitants de valider librement le régime d'autonomie, ce que Rabat présente comme une forme achevée d'autodétermination».
Le centre égyptien relève aussi que «la proposition inclut un dispositif de réconciliation nationale, prévoyant une amnistie générale à l'exception des auteurs de crimes graves, et engageant l'Etat à financer le développement du territoire par des budgets spécifiques».
Mais le document rappelle que «malgré le contrôle effectif exercé par le Maroc, l'Organisation des Nations unies continue de considérer que le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination n'a pas encore été exercé, en vertu de l'avis juridique de ses experts selon lequel l'accord de Madrid de 1975 n'a pas transféré la souveraineté juridique du territoire au Maroc».
L'arrière-plan stratégique américain
L'étude d'Al-Ahram souligne que «le projet américain ne peut être isolé du contexte plus large des recompositions africaines». Selon le centre, «Washington cherche à tirer parti du recul français en Afrique de l'Ouest et du Sahel, à contenir les percées russe et chinoise, et à consolider sa présence par des alliances renouvelées». Dans ce cadre, l'administration américaine «considère la stabilisation durable du Maghreb comme la clé de sa stratégie africaine». «Le Sahara occidental devient, dans cette optique, un levier pour redéfinir la relation triangulaire entre Washington, Rabat et Alger», écrit encore le centre.
«La diplomatie américaine combine désormais les promesses d'investissements et de coopération sécuritaire à des menaces de mesures coercitives», précise Al-Ahram. Parmi ces mesures, le centre mentionne «la possibilité de réduire les achats européens de gaz algérien, de placer le Front Polisario sur la liste américaine des organisations terroristes, et de réclamer le démantèlement des camps de réfugiés de Tindouf».
Simultanément, Washington «propose à Alger des incitations économiques d'envergure, telles que des investissements dans le secteur des hydrocarbures et des métaux rares, ainsi que la création d'une zone de libre-échange régionale, si les deux voisins parviennent à rouvrir leurs frontières». Cette stratégie, selon le centre, «vise à séduire l'Algérie sans l'aliéner, tout en la préparant à une normalisation progressive avec Rabat et, à plus long terme, à un rapprochement avec les nouveaux accords d'Abraham».
Le Front Polisario et la difficile équation de la flexibilité
Dans son analyse, Al-Ahram note que «le Front Polisario, conscient de l'évolution défavorable du rapport de forces, tente d'adopter une posture de souplesse stratégique». Le mouvement, rapporte le centre, «a soumis au secrétaire général des Nations unies un projet qualifié de "proposition élargie", fondé sur la combinaison de trois options : l'indépendance, l'intégration au Maroc et le statut d'association libre, ce dernier pouvant s'apparenter au plan marocain».
Selon Al-Ahram, «cette inflexion manifeste une volonté de ne pas s'opposer frontalement à la démarche américaine, tout en conservant la revendication de principe du droit à l'autodétermination». Le texte cite notamment le responsable des affaires étrangères du mouvement, Mohamed Yeslem Beisat, qui a laissé entendre que «le Front pourrait envisager le plan d'autonomie sous souveraineté marocaine si celui-ci résultait d'un choix librement exprimé par les Sahraouis». Cette position, juge le centre, «traduit moins un renoncement doctrinal qu'un réalisme tactique, destiné à éviter l'isolement diplomatique de la cause sahraouie face à un consensus international émergent autour de la proposition marocaine».
L'Algérie isolée
L'analyse du Centre Al-Ahram consacre un long chapitre à la position algérienne, qu'il qualifie de «duale et contrainte». D'un côté, «Alger demeure attachée au principe éculé de la décolonisation, fondé sur le droit à l'autodétermination» ; de l'autre, «elle s'emploie à maintenir un dialogue stratégique avec Washington dans le domaine énergétique et sécuritaire». Le centre rappelle que «la diplomatie algérienne a signé en janvier dernier un accord de coopération avec le Commandement américain pour l'Afrique (Africom), prévoyant des échanges militaires et un accès élargi à l'équipement américain».
En août, poursuit l'analyse, «Alger a proposé à Washington d'ouvrir ses gisements de lithium aux investissements américains, offrant ainsi une alternative au marché chinois et un levier économique considérable dans la rivalité des puissances». Pour Al-Ahram, «cette diplomatie à double détente illustre la complexité de la posture algérienne : résister à la légitimation de la souveraineté marocaine sur le Sahara, tout en préservant un partenariat pragmatique avec les Etats-Unis».
Vers une mutation partielle mais décisive de la Minurso
En conclusion de son étude, le Centre Al-Ahram estime que «le mandat de la Minurso pourrait connaître une évolution partielle mais décisive, fondée sur la reconnaissance du plan d'autonomie marocain comme socle de négociation». Deux options principales se dessineraient, selon le centre : «soit l'organisation d'un référendum offrant plusieurs choix – autonomie, intégration, indépendance – sous supervision onusienne, soit la tenue de pourparlers directs entre Rabat et le Front Polisario avec la participation de l'Algérie, sous l'égide du secrétaire général de l'ONU».
«Tout dépendra des tractations qui se dérouleront dans les coulisses du Conseil de sécurité entre les soutiens inconditionnels du plan marocain et les Etats qui cherchent à l'insérer dans un cadre politique plus large», écrit le centre. Pour Al-Ahram, «quelle que soit l'issue, l'examen du 31 octobre marquera un tournant historique : la consécration du projet marocain en norme internationale.»


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