DR ‹ › 20 instances professionnelles et de la société civile au sein de la Coalition marocaine des organisations défense des droits humains ont adressé une lettre ouverte au chef du gouvernement, pour interpeller sur la situation de Figuig. Les signataires demandent une «intervention urgente» pour répondre aux revendications des habitants de la ville et de son oasis frontalière, en proie à l'accaparement des terres agricoles par l'Algérie, avec des conséquences économiques sur les propriétaires marocains. La missive décrit également des tensions depuis plus de deux ans dans la ville de Figuig, classée comme zone de réparation collective. À ce titre, elle rappelle le rejet par les habitants de la décision de transférer la gestion du secteur de l'eau potable à la Société régionale multiservices de l'Oriental «sans consultation préalable» et «en violation des principes de démocratie participative». En l'espèce, la coalition appelle à «apaiser les tensions» à travers «une réponse» aux revendications. Elle a également exhorté le chef du gouvernement à «assurer le respect des droits politiques des habitants de Figuig, notamment leur liberté de décision en matière de gestion de la distribution d'eau de l'oasis». Selon les signataires, cette voie de dialogue «aidera à contenir la crise, à prévenir toute escalade susceptible d'engendrer de nouvelles tensions et des troubles dans la région, en favorisant une solution juste et durable». Cette initiative intervient moins d'un mois après une nouvelle incursion des soldats algériens dans les terres agricoles limitrophes de la province de Figuig. À Ksar Ich, les propriétaires marocains ont été pris de court par l'installation de barrières les empêchant de se rendre à leurs exploitations, considérées par l'armée algérienne comme étant sur son territoire. L'initiative unilatérale a été justifiée par l'accord de 1972. Cette nouvelle crise s'ajoute à celle de la gestion des ressources hydriques de la province, qui vit depuis 2024 au rythme de la contestation.