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Maroc : Auteure d'un accident de la circulation, un ministre délivre son épouse des mains de la police
Publié dans Yabiladi le 07 - 01 - 2015

Après les scandales de la facture du chocolat et la pelouse du complexe sportif Moulay Abdellah de Rabat submergée par les eaux, un autre ministre du gouvernement Benkirane est dans le viseur. Abdeslam Seddiki aurait usé de son influence pour délivrer sa femme des mains de la police. Détails.
Comme en 2014, l'année 2015 commence par une affaire dans laquelle un membre du gouvernement Benkirane est cité. Dans son édition d'aujourd'hui, le quotidien Al Akhbar rapporte que le ministre de l'Emploi, membre du PPS, aurait usé de son pouvoir pour «délivrer» son épouse des mains de la police de Kenitra.
Le ministre à la rescousse de sa femme
La dame aurait refusé qu'un policier de la circulation l'arrête pour une infraction du code de la route. En voulant prendre la poudre d'escampette, elle aurait renversé l'agent. Blessé, le policier a été transporté à l'hôpital, ajoute la même source.
Même si tout indiquait que la femme de ministre venait d'aggraver son cas, elle savait pouvoir compter sur son époux. Celui-ci n'a pas tardé à faire irruption dans l'affaire. Fort de son titre de ministre, il a pu convaincre un haut gradé de la police de Kenitra de déchirer le PV et de clore toute l'affaire, indique le journal Al Akhbar. Même les menaces proférées par la dame contre le policier pour l' «exiler de la ville» ont vite été oubliées par ses supérieurs hiérarchiques.
«La police au service du peuple»
Il faut dire que le comportement du ministre Seddiki ne constitue guère une première. Pour mémoire en 2010, un de ses camarades du PPS avait usé de son influence pour ordonner à un policier d'enlever les menottes à son fils et de laisser partir librement alors qu'il était lui aussi impliqué dans un accident de la circulation.
Les agents de sûreté sont habitués à passer l'éponge sur les insultes, les menaces, les offenses et même les blessures corporelles quand elles sont l'œuvre de proches de nantis ou de personnes de pouvoir, n'hésitant pas à les relâcher sans la moindre poursuite judiciaire. L'agression lors du festival de Mawazine, en mai 2012, d'un préfet de police de la capitale en est bien la preuve.
Et même lorsqu'ils sont arrêtés dans le cadre d'une sale affaire par exemple pour appartenance à un réseau de trafic et consommation de cocaïne, ils n'écopent que de 25 jours de prison. C'est justement le verdict que le tribunal de première instance de Rabat avait condamné en septembre 2007, Merieme Benjelloun, la fille adoptive d'un ancien conseiller du roi Hassan II.


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