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Saisonnières marocaines en Espagne : Un ascenseur social très précaire
Publié dans Yabiladi le 01 - 02 - 2011

Les saisonnières marocaines en Espagne améliorent leur situation financière mais souffrent de vivre loin de leur famille et de conditions de travail parfois précaires. Néanmoins, nombreuses sont celles qui espèrent renouveler chaque année cette expérience. Elles se voient diminuer leurs chances car les quotas de saisonniers admis en Espagne ont chuté ces dernières années, la crise espagnole oblige. Une étude intitulée «La migration circulaire féminine, vecteur de développement» se penche sur ces femmes qui veulent gagner leur vie en Espagne.
Depuis quelques années, de nombreuses femmes s'engagent à travailler temporairement dans les plantations agricoles à Huelva en Espagne. Un engagement relativement lucratif car 96% des 65 femmes interrogées se disent «satisfaites» des salaires, rapporte EFE. Elles sont rémunérées à 35 euros pour un travail de sept heures, soit dix fois plus que ce qu'elles percevraient en travaillant au Maroc, précise EFE. Mais ces femmes consentissent à d'énormes sacrifices, notamment en s'éloignant de leur famille pendant trois à six mois, rapporte Aufait.
Un ascenseur social très précaire…
Une étude, présentée le 28 janvier à Rabat, s'est penchée sur les conditions de vie de ces femmes. L'étude, intitulée «La migration circulaire féminine, vecteur de développement», montre notamment que ces femmes sont issues de milieux défavorisés. Leur salaire représente dix fois plus que ceux pratiqués au Maroc pour la même activité. C'est la raison pour laquelle «la migration circulaire» est considérée comme un véritable «ascenseur social» au Maroc. Il apparait clairement qu'à leur retour au Royaume, le niveau de vie de ces femmes change.
Mais comme l'indique Chadia Arab, chercheuse au Centre National de recherche sociale (CNRS- France) qui a réalisé l'étude avec le soutien de la Fondation marocaine Est Ouest, cette forme de migration n'est pas sans poser de problèmes. Les saisonnières marocaines, souvent analphabètes, se voient signer des contrats rédigés en espagnol - qu'elles ne comprennent pas. Souvent logées à plusieurs kilomètres de la localité la plus proche, elles vivent leur séjour en Espagne en réclusion, dépendant de leurs employeurs.
De plus, elles comprennent bien la précarité de leur emploi, ne sachant pas si elles seront sollicitées l'année suivante pour une nouvelle saison agricole. Ainsi, entre 2008 et 2009, le nombre de saisonnières marocaines en Espagne a diminué de plus de la moitié, indique EFE. Aufait donne des chiffre : en 2008, le quota de saisonnières admis en Espagne aurait été de plus de 13 000, pour passer à 5 500 en 2010.
Autre élément difficile à vivre : l'éloignement de leurs familles pendant plusieurs mois. Cette longue séparation est source d'un certain choc psychologique, tant au niveau des femmes elles-mêmes que de leur enfants restés au Maroc, rapporte l'étude.
En même temps, un attachement familial très fort est posé comme condition de pouvroi participer au programme. Comme l'explique EFE, ces liens constituent une garantie pour que ces femmes rentrent au Maroc à l'issue de leur contrat. Une garantie exigée par les partenaires du programme de migration circulaire, à savoir l'Espagne et l'Union Européenne. Un choc psychologique programmé ?
Le bénéfice humain et l'importance de pouvoir circuler
L'étude se penche également sur comment les séjours de travail en Espagne change les femmes participant au programme. Elles reviendraient de leur «mission» plutôt «émancipées», avec une meilleure estime en soi. 85% se disent plus sûres d'elles et 52% pensent que le regard porté sur elles a changé, révèle l'étude. Et pour cause, leur travail en Espagne leur permet souvent de prendre en charge leurs familles et de subvenir à leurs besoins.
C'est également en cela que, «la migration circulaire» trouve tout son sens de «vecteur de développement», car elle représente pour ces femmes le moyen d'émerger.
Une des conséquences de cette émergence : sans vouloir rester habiter de manière permanente en Espagne, ces femmes reconnaissent l'importance de pouvoir circuler librement entre le Maroc et l'Espagne. Avoir les papiers pour revenir la saison prochaine, voilà ce que désirent 64 sur 65 femmes interrogées, souligne Mme Chadia Arab à Aufait.
Toutefois, il apparaît clairement que la cellule familiale perd de sa conception classique, traditionnelle. La conception «moderne» de la famille étendrait alors ses limites sociales. Car, si jusqu'ici les femmes fortement diplômées ont occupé la scène de l'émancipation féminine au Maroc, les femmes rurales, défavorisées tentent d'y trouver le moyen de s'y faire une place.


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