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Allemagne : La police fédérale publie une enquête sur les mineurs migrants disparus
Publié dans Yabiladi le 30 - 01 - 2019

Une récente enquête de l'Office fédéral de police criminelle allemande (BKA) s'intéresse aux enfants étrangers disparus sur son territoire. Elle fait état de milliers de cas en 2018, ce qui pose la question de la protection de ces mineurs en Allemagne.
En Allemagne, 3 217 disparitions de mineurs étrangers ont été comptabilisées sur un an, jusqu'au 1er janvier 2019. Publiée le mois courant, une enquête de l'Office fédéral de police criminelle allemande (BKA) évoque en effet une tendance globale, faisant que la plupart de ces jeunes disparaissent au début de leur séjour, ou en s'échappant d'une détention provisoire, par peur de se faire expulser. L'enquête précise également que les jeunes ressortissants de trois pays sont principalement concernés, à savoir les Afghans, suivis des Syriens, puis des Marocains.
Fuyant ainsi une procédure de reconduction où ils s'inquiètent de ne pas avoir droit au même accompagnement social et juridique, notamment pour contester la décision s'ils le souhaitent, ces jeunes se retrouvent dans l'errance et ont plus de risques de sombrer dans la délinquance et la violence de la vie en situation de rue.
Les chiffres baissent mais les disparitions restent importantes
Par ailleurs, les données de la police démontrent que l'Allemagne n'est pas la destination des réfugiés mineurs non accompagnés. «Selon leurs propres informations, ils souhaitent souvent se rendre dans d'autres pays européens pour y rester, donc l'Allemagne agit en tant que pays de transit», note le BKA. Le nombre des mineurs réfugiés disparus représenterait 7,7% du total des disparitions en Allemagne ; la police a réussi, dans 80% des cas, à localiser les mineurs recherchés.
«Il ne s'agit pas d'investigation en vue d'arrêter ces jeunes, mais de leur assurer une protection», souligne le BKA. «Dans cette catégorie de personnes disparues, la grande majorité représente des adolescents (environ 95%)», parmi lesquels «les garçons disparus dominent à 93% par rapport aux filles», indique encore l'institution.
Le nombre d'arrivées est en baisse, d'autant plus que les chiffres depuis la crise des réfugiés de (2014 – 2015) à aujourd'hui sont considérablement différents. Si dans le temps, les arrivées se sont comptées en «dizaines de milliers», le BKA relève que les disparitions ont tout autant été fréquentes, atteignant «près de 8 200» en début 2015. L'année d'après, le nombre de mineurs disparus a augmenté à 9 748. En 2017, ce chiffre a significativement baissé à 6 186, pour atteindre 3 217 sur 2018.
Les acteurs de la protection de l'enfance demandent plus d'appui
En revanche, les acteurs associatifs qui accompagnent ces jeunes sur le territoire constatent que les disparitions restent encore fréquentes. Rencontrée par le média allemand Deutsche Welle (DW), l'Association fédérale pour les réfugiés mineurs non accompagnés (BumF) relève même qu'elles le sont «un peu plus nombreuses que l'année précédente». Auprès des spécialistes dans l'accompagnement des enfants et des adolescents, il se trouve ainsi qu'en 2017, «32,2% des disparitions ont été enregistrées en cours de détention provisoire et que l'année d'après, ce chiffre a augmenté à 35%».
Tobias Klaus, de BumF, s'inquiète des risques auxquels sont exposés les disparus à un si jeune âge, évoquant notamment le fait qu'ils se retrouvent dans «des systèmes parallèles». «De plus, nous ne savons pas si et dans quelles situations dangereuses ces jeunes pourraient être», confie le militant à DW. Celui-ci appelle enfin l'Etat allemand à «prendre la situation en main pour donner plus de moyens aux travailleurs sociaux» qui suivent quotidiennement ces mineurs.


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