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Bachir Sayed reconnait les crimes commis par le Polisario contre les sahraouis des camps
Publié dans Yabiladi le 18 - 10 - 2019

Depuis quelques jours, Bachir Sayed est en Espagne où il anime des conférences sur «la lutte du peuple sahraoui contre l'occupant marocain». Loin des caméras, il s'est autorisé un moment de repos pour pointer avec prudence les violations des droits de l'Homme commises par le Polisario, sans assumer pour autant sa part de responsabilité.
Bachir Mustapha Sayed reconnait dans un enregistrement audio, consulté par Yabiladi, «des crimes commis par le Polisario contre les sahraouis des camps» de Tindouf. «Des déclarations faites, le mardi 16 octobre, à Madrid où il anime des conférences à la gloire du Front», nous confie une source bien informée.
Tout au long de son intervention, le frère du fondateur du Front Polisario a évité de mentionner la date précise de la commission de ces «crimes». Néanmoins, le passage dans lequel il cite le 8ème congrès du mouvement, organisé du 17 au 19 octobre 1991 dans l'école militaire du «12 octobre», permet de lever le voile sur le timing de ces violations des droits de l'Homme.
Sayed fait probablement référence au soulèvement durement réprimé, en octobre 1988, de certaines tribus sahraouies, notamment les Oulad Dlim, contre l'hégémonie des Rguibates qui monopolisent toujours le pouvoir dans les camps depuis plus de 44 ans.
«Les victimes sont des martyrs et les survivants des blessés de guerre»
Il affirme ainsi qu'au lendemain de ce conclave, une commission d'enquête a vue le jour, dirigée par feu Mahfoud Beiba. Ce dernier est officiellement décédé le 2 juillet 2010 d'une «crise cardiaque». Au moment des faits, le défunt était «président du conseil national sahraoui». Outre ces exactions, Bachir Mustapha Sayed reconnait également que des sahraouis des camps de Tindouf ont été emprisonnés et torturés à cause de leur opposition à la ligne de la direction du Polisario.
L'actuel «ministre des Territoires occupés» propose ainsi de tourner la page des ces exactions par le «pardon». «Nous avons tous fait des sacrifices. Ceux tués ou torturés dans la prison d'Errachid ont également fait des sacrifices. Dieu les récompensera pour leurs sacrifices». Et d'ajouter que «les morts sont considérés des martyrs et les survivants des blessés de guerre».
Sayed n'a pas souhaité assumer sa responsabilité dans les violations des droits de l'Homme commises par les milices du Polisario, assurant qu'il n'était ni chef ni responsable des services de sécurité et des renseignements. Mais il a toutefois dirigé pendant des années la diplomatie du Front en observant un silence complice.
Les aveux de Sayed pourraient relancer le débat sur les victimes des violations des droits de l'Homme dans les camps. D'ailleurs, depuis plusieurs mois, trois activistes sahraouis sont incarcérés dans la même prison Errachid, un haut lieu de torture des opposants de la direction du Polisario et des prisonniers de guerre marocains.
Article modifié le 2019/10/18 à 18h24


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