À cinq mois des prochaines élections législatives, Abdelilah Benkirane exhorte les membres du PJD à se préparer à cohabiter avec le «contrôle exercé par l'Etat» et la «rente». Comme il l'avait fait entre 2012 et 2017, il les a invités à «dépasser les barrières dressées par l'Etat» afin de résoudre certains problèmes. Abdelilah Benkirane / Photo d'archive ‹ › «Dans notre Etat, il y a le contrôle», a reconnu Abdelilah Benkirane, dimanche, lors d'une réunion interne du PJD. «Ce contrôle ne se manifeste pas uniquement dans l'économie ou dans d'autres domaines comme la justice ; il est partout et il n'est pas entièrement négatif. La question qui se pose est : peut-on réaliser quelque chose dans le cadre de ce contrôle ?», s'est-il interrogé. Il a ensuite évoqué les «réalisations» de son gouvernement entre janvier 2012 et mars 2017, affirmant qu'elles étaient «dans l'intérêt de l'Etat et de la société». «Nous avons pu régler des problèmes difficiles de l'Etat, comme la réforme de la Caisse de compensation», s'est félicité l'ancien chef du gouvernement. «J'ai encore le regret de ne pas avoir mené ce chantier jusqu'au bout. Certes, le peuple en a payé le prix, mais il est désormais face à face avec ceux qui le volent», a-t-il dit. Le contrôle a contrait Akhannouch au départ «Je vous le dis, le contrôle, vous ne pouvez pas l'éliminer, et ne dites pas qu'il doit disparaître entièrement. C'est grâce au contrôle que Aziz Akhannouch s'est retiré et, sans contestation, ce retrait est dans votre intérêt», a-t-il affirmé. Benkirane a adopté une position similaire à propos de la «rente» : «Vous n'êtes pas en mesure de l'éradiquer. Mais êtes-vous capables d'entreprendre quelque chose en sa présence ?», a-t-il lancé à ses fidèles. Il a conseillé à ses «frères» et «sœurs» de rester «honnêtes», même en évoluant dans un système marqué par le «contrôle de l'Etat» et la «rente». Face à ces contraintes, Benkirane a plaidé pour «un gouvernement qui essaie» de réformer, tout en reconnaissant que cet exécutif «ne pourra pas tout régler». Le secrétaire général a également souligné, dans son allocution de 17 minutes, que «l'Etat dresse des barrières aux parties honnêtes». «Si vous n'êtes pas capables de les dépasser, alors vous n'êtes pas viables», a-t-il ajouté, en critiquant, dans la foulée, «les groupes hors de la raison» qui attaquent l'Etat «sans rien proposer aux Marocains». Une pique visant notamment Al Adl wal Ihssane, après les récentes critiques formulées par Hassan Bennajah, membre influent de la Jamaa, à l'encontre de l'expérience gouvernementale du PJD. «Ces personnes qui parlent, et même si elles ont raison sur certains points, doivent apporter des mesures claires et simples. En politique, on ne peut pas faire ce que l'on veut», a-t-il insisté. Benkirane a invité les membres de son parti à agir dans les «limites» des contraintes existantes au Maroc, concluant en rappelant les «succès» de son gouvernement, notamment les réformes de la Caisse de compensation et des retraites, ainsi que l'aide aux veuves. Samedi, lors d'une réunion tenue à son domicile, avec les 13 députés de son parti, Benkirane a déclaré que «le PJD trône sur la scène politique au Maroc».