Au Maroc, Sami Fekkak a pris goût à l'interprétation, durant son adolescence. Après des années d'études à l'étranger et un parcours dans la finance, c'est le jeu d'acteur qui le ramènera au pays, où s'est basé et s'est révélé dans des séries et des films. Depuis, il trouve une dimension spirituelle dans l'exercice d'incarner des personnages qu'il n'est pas. Sami Fekkak ‹ › Devant la caméra, Sami Fekkak se distingue par un jeu d'acteur fluide, sans superflu et au plus près du personnage. Avant, il s'attèle à analyser le scénario de son rôle, pour en ressortir les traits à accentuer ou à estomper et enrichir son interprétation. Son rapport intelligent à ce processus l'aura propulsé aussi bien au Maroc qu'en Europe et aux Etats-Unis. C'est sur le tournage de «Colosseum» pour National Geographic qu'il est d'ailleurs repéré par un assistant-réalisateur marocain, pour s'engager sur le film «Hôtel de la paix». À l'affiche de cet opus d'horreur réalisé par Jamal Belmejdoub et produit par Jacaranda Productions/Studios, Sami Fekkak incarne Karim, propriétaire d'hôtel à Marrakech. A la mort de son aïeul confronté à une malédiction, il sera pris dans un tourbillon d'événements paranormaux, avec la responsabilité de décider de l'avenir de l'enseigne. «J'ai commencé à travailler sur ce film en 2021. Je suis content de le voir à l'écran, en 2026. C'est l'une des expériences les plus formatrices pour moi», nous confie l'acteur, désormais basé au Maroc. Neveu de l'acteur et producteur Rachid Fekkak, Sami a pris goût à ce projet, dans un enchaînement de productions nationales et internationales diverses. Jouer au Maroc dans le registre de l'horreur, encore peu exploré, aura été à la fois un challenge et une manière de s'exercer à un rôle loin de lui ressembler, mais qu'il a travaillé assez pour se l'approprier. «Ces interprétations me permettent de transcender les époques et les vies. C'est une démarche de jeu d'acteur qui me correspond et qui me rapproche de ma spiritualité, d'une certaine manière, à travers la possibilité d'être plusieurs personnes et d'être moi-même.» Sami Fekkak, comédien et acteur Une passion développée à Casablanca Né à Paris où il a passé une partie de son enfance, avant de vivre au Etats-Unis, puis de se réinstaller à Casablanca, Sami Fekkak a développé son engouement pour le jeu d'acteur au Maroc. C'est de là qu'il a eu un intérêt encore plus particulier à rendre au cinéma national ce qui lui a été donné. Il se souvient surtout d'avoir été «un enfant très timide». Son père, qui maîtrise la prise de parole de par son métier de conférencier et d'universitaire, décide de l'inscrire au théâtre. «A l'adolescence, le retour au Maroc a été difficile. Le changement d'univers a nécessité un moment d'adaptation. Ce dernier a été rempli par la scène, que j'ai déjà pratiquée à sept ans», nous dit-il. «Mon père a toujours voulu que nous soyons meilleurs que lui. Il a tenu à ce que j'aie un moyen d'expression pour m'extérioriser et prendre la parole. J'ai pris des cours à la FOL et j'ai apprécié de dire ce que je n'arrivais pas à dire dans la vie quotidienne.» Sami Fekkak Le jeune acteur est inscrit ensuite au CAFc, «le théâtre où Gad Elmaleh a joué», se plaît-il à souligner. Il participe à plusieurs pièces, entouré d'adultes, jusqu'à décrocher un rôle principal à 18 ans. Repéré par la directrice de casting Rakel Taxi, il se voit proposer un rôle pour «Rock The Casbah» de de Laïla Marrakchi. «J'ai été retenu, mais j'ai dû abandonner à cause de mes examens de baccalauréat», se rappelle-t-il. Orienté vers une autre boîte de production, Sami Fekkak joue dans la websérie publicitaire «Switchers», qui le révèle au public marocain. «Le message de cette série a forgé ma personnalité. Il dit que l'on n'a pas besoin d'être quelqu'un d'autre que soi-même pour être aimé», se souvient l'acteur. Celui-ci participe à la deuxième saison et reçoit plusieurs contrats. Il fait ensuite une pause du cinéma, pour y revenir à 26 ans. Après son baccalauréat à Casablanca, Sami Fekkak prend en effet son envol pour Toulouse (France), où il obtient une licence en économie et sociologie. Il enchaîne avec un master en business des administrations à Passau (Allemagne) et travaille dans la bourse, la finance, la banque et l'assurance. Mais l'appel de la scène a été encore plus fort. De la finance à l'interprétation En France, Sami Fekkak s'est inscrit au conservatoire de théâtre. Sur 500 candidats, il fait partie des 70 retenus, puis il est sélectionné dans une classe de 15. Il jouera ensuite dans plusieurs pièces. Décidé à quitter son emploi pour les planches, il voit son succès se confirmer, jusqu'à recevoir un contrat au Maroc, ouvrant la voie vers un nouveau retour. «Je n'étais pas revenu au pays depuis un moment, mais les choses arrivent à point nommé», nous déclare Sami Fekkak, retenu pour la série «Shab L BAC» du réalisateur Ahmed Aksas (Actarus). De retour au bercail, il ne se contente pas d'attendre que les propositions viennent à lui. Il s'inscrit même à l'Acting Institute pour reprendre des cours. Depuis, il s'est retrouvé à la télévision et en contact avec des directeurs de casting. Tout en étant créateur de contenu au Maroc, Sami Fekkak multiplie les projets, entre films et séries. Il joue dans «Chahadat Milad» de Ilham Alami et Hamid Ziane, «The Wound» de la réalisatrice marocaine Seloua El Gouni, ou plus tard dans «Kanbghik.ma», de Mansour Mellali. A l'étranger, il est appelé pour le film espagnol «Raqqa» de Gerardo Herrero, où il donne la réplique à avec Álvaro Morte, connu pour le rôle du professeur Sergio Marquina dans «La Casa de Papel». L'acteur marocain incarne aussi le rôle de Nadir, dans la série néerlandaise «Mocro Maffia». Il se met dans la peau de Moïse, dans la mini-série documentaire de Netflix «Testament Story of Moses» de Benjamin Ross, et côtoie Liam Hamsworth, sur le tournage de «Lonely Planet». «Sur ce plateau, j'ai connu un autre système de travail. Je n'ai jamais été aussi heureux devant la caméra. Grâce aux coachs et aux acteurs, j'en ai appris encore plus sur le fait que l'interprétation ne réside pas dans l'intensité, mais dans la présence.» Sami Fekkak Aujourd'hui, Sami Fekkak estime que combinée au théâtre, sa formation en sociologie l'aide à mieux comprendre ses rôles. Au fil des expériences, il apprécie davantage cette capacité de «transcender les vies et les époques». «C'est pour cela qu'on dit aussi qu'un acteur est comme un vin : plus il vieillit, plus il est bon !», plaisante-t-il. Article modifié le 10/04/2026 à 18h47