La ville de Tétouan s'affirme aujourd'hui comme l'un des plus précieux conservatoires de la mémoire andalouse, offrant aux visiteurs une immersion singulière dans une histoire marquée par une symbiose unique entre les deux rives de la Méditerranée, écrit samedi le journal espagnol El Diario. Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997, la médina de Tétouan ne se limite pas à son statut de site historique. Elle incarne, selon le média, le témoignage vivant de l'épopée des réfugiés andalous qui, expulsés de la péninsule Ibérique au XVe siècle, ont contribué à reconstruire la cité en y insufflant l'âme d'Al-Andalus. L'auteur de l'article souligne que ce patrimoine architectural exceptionnel, préservé avec une rigueur remarquable au fil des siècles, confère à la ville une identité singulière dans le monde islamique. Enserré dans d'imposantes murailles, le tissu urbain de la médina est resté pratiquement inchangé au fil des générations. Ses sept portes historiques continuent de rythmer la vie quotidienne, constituant à la fois des points d'accès et des repères d'une organisation sociale harmonieuse, relève El Diario. Contrairement à d'autres cités anciennes fortement exposées au tourisme de masse, Tétouan a su préserver son authenticité. Ses souks traditionnels, ses ateliers d'artisanat et ses maisons blanchies à la chaux ont conservé leur structure originelle, faisant de chaque ruelle un témoignage vivant de la planification urbaine andalouse, poursuit la publication. L'influence d'Al-Andalus ne se limite pas au patrimoine bâti. Elle imprègne également la culture locale, la gastronomie et les traditions ancestrales, perpétuant au cœur de la ville l'un des exemples les plus aboutis de la préservation de l'héritage andalou hors d'Espagne. La sauvegarde de ces pratiques sociales, conjuguée à la richesse monumentale de la cité, fait de la « Colombe blanche » un pont durable entre l'histoire du Maroc et de l'Espagne, ainsi qu'un modèle de préservation du patrimoine immatériel, conclut El Diario.