Les mesures annoncées par Emmanuel Macron pour lutter contre le «séparatisme islamique» étaient «attendues depuis des lustres», a réagi mardi 18 février Ghaleb Bencheikh, le président de la Fondation de l'islam de France, sur franceinfo. Emmanuel Macron a notamment annoncé que la France allait cesser d'accueillir des «imams détachés» envoyés par d'autres pays, comme la Turquie et l'Algérie, et mettre fin à l'accueil des quelque 300 «psalmodieurs» reçus chaque année durant la période du ramadan. «Nous ne pouvons en penser que des choses bien, elles sont les bienvenues. Nous nous en réjouissons. C'était des mesures et des annonces attendues, depuis des lustres. Nous nous retrouvons tout à fait dans le quadriptyque annoncé par le président de la République. Nous étions quelques-uns, depuis un certain nombre d'années, à avoir dit qu'il faudrait arrêter avec l'influence étrangère, de quelque ordre que ce soit, arrêter avec ce que nous appelons l'islam consulaire», a déclaré Ghaleb Bencheikh dans une interview à franceinfo. Et d'ajouter : «Nous sommes pour un islam gallican, français, un islam de France, une manière française de vivre la tradition religieuse islamique et l'élévation spirituelle. Il faut organiser le culte islamique dans notre pays, par des imams sérieux, formés, compétents, des recteurs de mosquées intègres, propres, tout aussi connaisseurs des questions religieuses, théologiques et islamologiques.» Ghaleb Bencheikh estime que les imams doivent recevoir une formation sur l'aspect cultuel, «mais aussi sur l'aspect culturel». Et de conclure : «Il faut qu'ils maîtrisent le droit des cultes, qu'ils connaissent l'histoire des institutions républicaines, qu'ils comprennent les enjeux de la laïcité comme un enjeu de la modernité. Il faut aussi qu'ils s'approprient l'héritage culturel français. Ils sont Français, ils s'adressent à des citoyens français ou qui résident en France, pleinement musulmans et pleinement républicains.»