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Maroc : Un autre MRE sexagénaire décède suite à la spoliation de son terrain
Publié dans Yabiladi le 06 - 04 - 2012

Quatre mois seulement après le décès tragique de Benaïssa Friekh (cf notre article), Marocain résident à l'étranger sexagénaire à qui l'on a volé le terrain à Fès, un nouveau cas de spoliation de terre s'est produit dans la région de Meknès. Le propriétaire n'a pas supporté que son terrain soit vendu sans qu'il le sache. Il est décédé début janvier dernier. Ses enfants se battent actuellement pour récupérer le bien de leur défunt père.
Les faits remontent à l'été 2008 dans la petite commune de Dkhissa à une dizaine de kilomètres de Meknès. Bouchta Makcharrad est un MRE âgé d'une soixantaine d'années vivant dans la ville de Montpellier. Il rentre au Maroc pour passer des vacances auprès des siens. Mais c'est le choc. Sa famille lui apprend que son terrain d'un hectare contenant des oliviers centenaires a été vendu, sans qu'il le sache, pour la somme officielle de 470 000 dirhams mais officieusement le terrain a été vendu à 700 000 dirhams. D'après Jamal Makcharrad, l'un des 5 enfants de Bouchta, joint ce matin par Yabiladi, ce serait un oncle de la famille qui aurait vendu le terrain.
Il voulait finir ses jours sur la terre de ses ancêtres
Ce terrain était la prunelle des yeux de Bouchta, un homme proche de la terre. Il l'a hérité de son père et comptait y construire une petite maison pour y passer une retraite paisible à prendre soin de ses oliviers. Depuis son arrivée en France en 1973, il a toujours travaillé dans le domaine agricole. Cependant, il ne supporte pas la nouvelle. Il est pris d'une attaque cérébrale et est rapatrié d'urgence en France, où il est hospitalisé durant 6 longs mois. Suite à cette attaque, la moitié de son corps est paralysée. Il ne peut se déplacer sans sa canne. Les médecins sont formels : cette attaque est due à l'émotion et au stress cumulés suite à la spoliation de son terrain, un stress qui va vite se transformer en cancer. Bouchta décède le 1er janvier dernier et est enterré sur la terre de ses ancêtres 5 jours plus tard.
Néanmoins, avant de mourir, Bouchta fait promettre à ses enfants de tout faire pour récupérer son terrain. Entre temps, à Dkhissa, la personne qui a acheté le terrain arrache plusieurs oliviers centenaires pour y faire construire un mûr haut de deux mètres et une petite maison. Lors d'une visite au Maroc, les enfants de Bouchta apprennent du gardien du terrain l'identité de l'acheteur. Il s'agit d'une personne extrêmement influente dans la région, confie à Yabiladi, Jamal Makcharrade. La famille de Bouchta a pris un avocat et a entamé une procédure judiciaire pour récupérer son bien.
Un terrain invendable
La famille ne comprend toujours pas comment et pourquoi les autorités locales n'ont pas interdit la vente du terrain alors qu'il s'agit d'une terre «Guich». Les terres Guich ont une histoire et un statut particuliers dans la loi marocaine. En pleine époque coloniale, des tribus résistantes s'organisent un peu partout au Maroc pour faire fuir le colonisateur français du royaume. Ainsi pour les remercier de leur militantisme, l'état marocain décide de leur offrir des terres, qui restent néanmoins sa propriété. Les aïeuls de Bouchta Makcharrade étaient des résistants à qui l'on a offert ce terrain d'oliviers.
«Ces terres ne sont absolument pas vendables. Elles sont héritées de père en fils et ces derniers ont uniquement un droit de jouissance, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent qu'exploiter librement la richesse de ces terres, mais qu'elles ne peuvent pas faire l'objet d'un contrat de vente», explique Abdelali Boutaleb, avocat à Casablanca, spécialiste en droit foncier. Il ajoute que la famille de Bouchta ne peut que gagner dans son action en justice vu que la vente de ce terrain n'aurait jamais dû se faire au départ. Touché par la mort de Bouchta, l'avocat confie également à Yabiladi qu'il est prêt à prendre en charge ce dossier et ce d'une manière bénévole, pour défendre les intérêts de la famille Makcharrade. Une Affaire à suivre…
Les spoliations de terres des MRE, un phénomène grandissant
Pour Salem Fkire, président de l'association Cap Sud MRE qui suit de très près le dossier de la famille Makcharrade, les spoliations de terres marocaines des MRE vont devenir un problème récurrent à l'avenir.
« Dans les prochaines années, des générations de parents vont nous quitter et leurs enfants vont se retrouver seul à résoudre le problème de leurs terres, alors qu'ils ne connaissent pas les rouages de la justice au Maroc », lance-t-il d'un ton ferme. Il invite ainsi le ministère marocain de la Justice à créer une cellule spécialement dédiée aux MRE pour les soutenir dans leurs démarches administratives et judicaires, lorsqu'ils rencontrent des cas de spoliation de leurs biens.
« Bon nombre de ces enfants ont grandi dans des cités et des quartiers et non dans de beaux pavillons, parce que leur père avait préféré acheté un terrain au Maroc et quand leur père meurt, ces enfants ne peuvent même pas profiter du bien de leur parent, c'est inadmissible ! » ajoute-t-il en insistant sur le fait que si le gouvernement marocain ne prend pas des mesures rapides, les 2ème et 3ème générations risquent de rompre leur lien avec le Maroc.


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