La rencontre des Bourse africaines à Marrakech, tenue pour la première fois au Maroc à l'initiative de la SBVC, s'avère cruciale de par les thèmes abordés, dans un contexte de crise économique et de tensions géopolitiques. Elle se fixe pour objectifs de réhabiliter les places financières africaines, tout en proposant des solutions concrètes, afin de les doter des derniers mécanismes et pratiques en la matière et mieux les adapter aux changements récurrents de la finance mondiale. Le partenariat entre les pays africains constitue, à l'heure actuelle, un outil indispensable pour le raffermissement de la place du continent sur les plans économique et financier et la garantie de la croissance dans la région. La 15è réunion annuelle de l'African Securities Exchanges Association (ASEA), qui se tient à Marrakech sous le thème: «l'impact économique du printemps arabe sur le continent africain», est une première initiée par la Bourse de Casablanca. Plus de 400 représentants d'une centaine de pays ont pris part à cette rencontre, outre des institutions nationales et internationales de grande envergure, telles que la China-Africa Developpement Fund, le cabinet d'études BCG, Auerbach Grayson & Company, Nasdaq OMX et Maroc Telecom. Les participants à une session de travail tenue lundi à Marrakech, dans le cadre de cette rencontre placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, ont indiqué que le traitement des problématiques que connaît le monde arabe, exige des pays de la région l'établissement de relations commerciales fortes, leur mobilisation en vue de réaliser la complémentarité économique, et le développement de stratégies à long terme pour promouvoir l'emploi. Les intervenants lors de cette session placée sous le thème "l'impact économique du printemps arabe sur le continent africain", ont souligné que le développement du secteur privé et l'amélioration de son rendement ne sont pas tributaires de l'amélioration de la structure des investissements seulement, mais aussi de l'existence d'une véritable volonté politique. Ils ont, dans ce sens, insisté sur la nécessité d'engager une réflexion sérieuse sur la manière d'asseoir les bases d'un régime de bonne gouvernance capable de permettre l'émergence d'un secteur privé libre, autonome et combien apte à faire face à la concurrence et à répondre aux attentes des populations de la région. Ils ont fait remarquer aussi que les pays arabes, qui disposent de potentialités importantes et de ressources énormes, peuvent réaliser une véritable complémentarité économique entre eux, en faisant prévaloir le principe de la bonne gouvernance, et en encourageant le développement de leur capital humain à travers notamment l'adoption d'une approche claire. Cela suppose aussi de réunir toutes les conditions nécessaires à la création d'un climat propice pour les affaires, à même de permettre la réalisation de la croissance à long terme, ont-ils expliqué. Ils se sont prononcés également en faveur d'une véritable intégration régionale, que ce soit à l'échelle africaine ou au niveau du monde arabe et ce, de manière à éviter les divisions économiques entre les pays, appelant à la nécessité d'adopter une vision unifiée et stratégique capable de contribuer à l'émergence d'une véritable force économique. Une plate-forme pour les échanges Lors d'une conférence de presse tenue lundi à Marrakech, en marge de cette rencontre placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, les intervenants ont insisté sur la nécessité de tisser des relations de coopération solides entre les marchés financiers et les bourses africaines et de mettre en place une plate-forme pour les échanges à même d'engendrer un impact positif sur les économies des pays de la région. Après avoir rappelé que les bourses et les marchés financiers africains ont connu, ces dernières années, des mutations profondes, ils ont fait observer que l'ASEA œuvre actuellement en vue de la mise à niveau de son site Internet, dans le but de permettre à l'ensemble des investisseurs de par le monde de suivre au quotidien les activités des places boursières africaines. Ils ont, dans ce contexte, ajouté que l'ASEA compte actuellement 22 membres et que des efforts sont consentis afin de favoriser l'adhésion de nouvelles bourses africaines, se disant en faveur de l'encouragement des investisseurs, y compris ceux locaux, à accorder davantage d'intérêt au continent africain. Cet encouragement, estiment-ils, passe nécessairement par la promotion de partenariats à même de favoriser la bonne gouvernance et le respect des critères en vigueur dans ce domaine à l'échelle planétaire. Les conférenciers ont souligné aussi que l'ASEA se propose d'aider les pays africains à développer leurs capitaux et à promouvoir le rôle des bourses nationales en vue de réaliser le développement escompté. Fluidité des flux financiers Selon certains intervenants, "les bourses et les marchés financiers africains sont habilités à jouer un rôle de taille et très important pour drainer les investissements étrangers, compte tenu des potentialités naturelles et économiques énormes que recèle l'Afrique". Et d'ajouter que la promotion des investissements étrangers directs (IED) constituent le meilleur moyen à même de permettre d'aider les pays africains dans la réalisation de la croissance escomptée, et ce dans la perspective de l'édification d'une économie pérenne, de la promotion des investissements Sud- Sud et de l'établissement d'une connexion entre les marchés financiers africains. Ces actions permettront aussi d'assurer une fluidité des flux financiers à l'échelle africaine, à travers une révision des systèmes actuels, largement inspirés des relations que tissaient des pays africains avec leurs homologues européens, ont-ils expliqué, se disant en faveur de la promotion à l'échelle du continent africain, de mécanismes incitatifs pour la création d'entreprises. Les participants ont fait observer aussi que la crise que connaît l'Europe actuellement a eu un impact sur le mouvement des flux financiers ainsi que sur les relations commerciales extérieures à l'échelle du continent, soulignant la nécessité pour certains pays de la région de s'inspirer de certains modèles économiques réussis afin d'éviter le scénario produit en Europe et aux USA.