L'inimitié et l'adversité, tels sont les termes qui marquent les rapports entre deux pays voisins, le Maroc et l'Algérie. Nul ne comprendrait, dans le monde, qu'un état adjacent se permette, pour un conflit artificiel, de verrouiller ses frontières face à un peuple mitoyen, depuis déjà des années. Cette fermeture unilatérale qui n'a fait que durer, suscite, en fait, la honte et la dérision, dans un environnement voué à l'unicité et à la concorde. On ne le dira jamais assez, l'histoire ne pardonnerait jamais un tel châtiment exercé, de plein fouet, sur des êtres humains, avides de paix et de bonheur. Le Maroc, tout auréolé de son exercice démocratique et développemental, hausse le ton pour mettre fin à l'épreuve de son Sahara. De l'autre côté, l'Algérie, désavouée et désabusée, s'obstine dans l'égarement, aux dépens de son peuple meurtri par la privation et le dénuement et poussé à la haine gratuite. En effet, au moment où le royaume se démène comme un beau diable pour initier, à bâtons rompus, toutes les réformes possibles, notamment dans les provinces récupérées, la junte algérienne s'illusionne dans le mirage de l'hégémonie. Alors que les opportunités d'asseoir un bon voisinage des plus porteurs pour les uns et les autres sont criantes. Un hiatus déconcertant qui, non seulement porte préjudice aux desseins des deux pays attenants, mais également et surtout stigmatise le rassemblement d'un large bloc synergétique. Il est donc bien évident que la situation chaotique qui prévaut chez nos proches de l'est irait droit au mur, avec cette opiniâtreté acariâtre. Mais, à coup sûr, la volonté des peuples est, de tout temps, bien au-dessus de toute fantaisie belliqueuse. Les chimères des galonnés algérois se confronteront, de plus en plus, à un pays limitrophe qui ne cesse de rehausser son modèle d'expansion et son génie d'exception. Face à cette métamorphose frontalière qui s'édifie résolument, à plus d'un titre, le peuple algérien en aura, sans nul doute, ras-le-bol. L'effervescence qui s'opère, à seulement quelques mètres des frontières cadenassées est, certainement, contaminante. Le sursaut est imminent ! Les réfugiés de Tindouf auxquels le Souverain, dans son récent discours historique, s'est adressé ouvertement, sont en passe de «renverser la table». A grande échelle, les couleurs nationales sont brandies, alors que des concitoyens protestent devant la Minurso à Laâyoune et Smara pour lui signifier qu'il n'y a d'autre solution que l'autonomie sous souveraineté marocaine. La commémoration officielle du 40e anniversaire de la Marche verte dans les provinces du sud, avec tout ce que ces fêtes ont généré de projets structurants, aura constitué un tournant décisif dans la prise de conscience vis-à-vis de tous ces événements rédempteurs. Les militaires utopistes ne feraient que contempler leurs propres dégâts et les frontières ne sauraient demeurer fermées indéfiniment! Les peuples n'ont que faire des esprits obtus et belligérants.