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Sécurité aérienne : le Maroc s'aligne sur les standards internationaux
Publié dans Les ECO le 03 - 04 - 2026

Deux décisions ministérielles publiées au Bulletin officiel du 19 mars viennent moderniser en profondeur le cadre réglementaire de la navigation aérienne au Maroc. L'une actualise les «règles de l'air» qui encadrent la circulation des aéronefs, l'autre uniformise l'élaboration et la diffusion des cartes d'aérodrome. Les textes traduisent la volonté de renforcer la sécurité des vols, d'harmoniser les pratiques marocaines avec les normes de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et de conforter l'attractivité d'un espace aérien stratégique, parmi les plus fréquentés du continent.
Le ciel marocain ne connaît pas de pause. Chaque année, des centaines de milliers de vols survolent le Royaume ou y font escale, reliant l'Europe à l'Afrique, l'Amérique au Moyen-Orient. Avec plus de 25 millions de passagers accueillis chaque année dans ses aéroports et un trafic en constante croissance, le Maroc est devenu un hub aérien incontournable. Dans ce contexte, la sécurité est un périmètre qui doit être préparé et rigoureusement contrôlé.
C'est à cette exigence que répondent les deux décisions signées par le ministre du Transport et de la Logistique, et publiées dans le Bulletin officiel n° 7492 du 19 mars. La première, n° 3173.24 du 12 décembre 2024, actualise les «règles de l'air». La seconde, n° 237.25 du 22 janvier 2025, encadre l'établissement des cartes d'aérodrome. Le premier texte tire son importance du fait que les règles de l'air sont le socle de la sécurité aérienne. Elles définissent les principes fondamentaux que doivent respecter tous les pilotes, qu'ils évoluent dans un espace contrôlé ou non (altitudes de croisière, séparation entre aéronefs, priorités, procédures d'urgence, gestion des drones). La dernière version de ces règles au Maroc datait de 2013, à une époque où les technologies de navigation par satellite, les drones civils et les procédures de navigation de performance n'avaient pas encore pris l'ampleur qu'on leur connaît aujourd'hui.
La nouvelle décision, prise en application du décret n° 2.22.191 du 26 janvier 2023, intègre les dernières recommandations de l'OACI. Elle précise notamment les conditions d'utilisation des systèmes de navigation fondés sur la performance (PBN), qui permettent aux avions de suivre des trajectoires plus précises et plus économes en carburant. Elle introduit également des dispositions spécifiques aux aéronefs télépilotés (drones), dont l'usage explose dans les domaines de la surveillance, de l'agriculture et de la logistique.
Enfin, elle renforce les procédures de communication et de détresse, en phase avec les évolutions des systèmes de surveillance. Pour les contrôleurs aériens, les pilotes et les prestataires de services, ce texte clarifie les responsabilités de chacun. Il pose un cadre unique, lisible, dont l'objectif est de réduire les risques d'erreur et d'améliorer la fluidité du trafic.
Des cartes d'aérodrome unifiées et numérisées
La seconde décision s'attaque à un volet tout aussi essentiel, celui des cartes d'aérodrome. Ces documents, qui détaillent la configuration des aéroports, les voies de circulation, les obstacles, les aides à l'atterrissage et les zones de stationnement, sont la boîte à outils des pilotes avant chaque atterrissage. Une carte obsolète ou mal conçue peut être source d'erreur, voire d'accident. Jusqu'à présent, leur élaboration relevait de pratiques diverses.
Le nouveau texte impose des spécifications techniques unifiées, alignées sur les normes OACI. La responsabilité de la production et de la diffusion des cartes est confiée au prestataire de services d'information aéronautique (SIA-Maroc), qui devra garantir leur mise à jour en temps réel. Les cartes seront disponibles en format numérique, accessibles via les canaux électroniques, facilitant leur consultation par les équipages et les compagnies, où qu'ils se trouvent.
Cette standardisation est un levier de sécurité mais aussi d'efficacité. Elle permet aux pilotes étrangers de retrouver, à Casablanca comme à Marrakech, des documents conçus selon les mêmes règles que dans leur pays d'origine. Elle simplifie la formation et réduit les marges d'interprétation.
Un alignement sur les engagements internationaux
Ces deux textes s'inscrivent dans les obligations du Maroc en tant qu'Etat signataire de la Convention de Chicago (1944), qui fonde le droit aérien international. L'OACI, institution spécialisée des Nations unies, émet régulièrement des normes et pratiques recommandées (SARP) que les Etats membres sont tenus de transposer dans leur législation nationale.
Le Maroc, qui a toujours attaché une grande importance à la sécurité aérienne, actualise ainsi son arsenal réglementaire pour rester en phase avec les évolutions techniques et opérationnelles.
Ces décisions abrogent et remplacent des textes antérieurs datant de 2013 et 2017, devenus caducs face aux progrès des technologies de navigation, de surveillance et de communication. En adoptant ces nouvelles règles, le Royaume confirme sa place parmi les Etats qui respectent scrupuleusement leurs engagements internationaux et qui font de la sécurité une priorité absolue.
Un atout pour l'attractivité aéroportuaire
Au-delà de la sécurité, ces textes ont une dimension économique. Un cadre réglementaire solide, prévisible et conforme aux standards mondiaux est un argument décisif pour les compagnies aériennes qui choisissent d'ouvrir des lignes, pour les investisseurs qui développent des infrastructures, et pour les prestataires de services qui s'implantent.
Le Maroc a fait du transport aérien un levier de développement. Ses aéroports, modernisés et gérés par l'Office national des aéroports (ONDA), attirent des compagnies du monde entier. La stabilité réglementaire est un facteur de confiance.
Hatim Khelladi / Les Inspirations ECO


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