Dans leur quête d'informations sur leurs enfants détenus dans les prisons algériennes, certaines familles marocaines se retrouvent victimes de réseaux d'escroquerie se faisant passer pour des «avocats» ou des intermédiaires. Ces réseaux exploitent l'attente des proches, accentuant des souffrances quotidiennes. DR ‹ › 37 Marocains sont retournés dans leur pays cette semaine, après avoir été remis par les autorités algériennes via le passage de Zouj Beghal, selon l'Association marocaine pour l'aide aux migrants en situation vulnérable (AMSV) à Oujda. Il s'agit de la troisième opération du genre, depuis le début de l'année. Les données de terrain révèlent une réalité de plus en plus complexe, pour des centaines de familles marocaines qui suivent le sort de leurs proches détenus ou bloqués en Algérie, avec des défis juridiques et humanitaires croissants. Dans ce contexte, Hassan Ammari, le président de l'association, a révélé dans une déclaration à Yabiladi que plusieurs familles sont victimes d'escroqueries par des individus se faisant passer pour des avocats, qu'ils soient du Maroc ou d'Algérie. Ces personnes exploitent la souffrance des familles en échange de promesses de fournir des informations sur leurs proches, pour finalement leur donner de fausses pistes à des fins lucratives. Il a ajouté que certaines de ces pratiques se font via les réseaux sociaux, profitant de la situation sociale fragile de certaines familles qui «s'accrochent à tout espoir ou information, ce qui complique le travail de l'association et rend difficile le suivi des cas», selon l'associatif. Plus de 1 700 Marocains dans les prisons algériennes Hassan Ammari a souligné que plusieurs familles rencontraient des difficultés pour rendre visite à leurs proches. Certains parents sont empêchés d'entrer en Algérie, malgré un visa valide, tandis que d'autres se voient refuser ce dernier. Il a appelé à l'ouverture de corridors humanitaires pour faciliter les visites, des deux côtés de la frontière. Il existe également des cas de familles qui n'ont aucune information sur le sort de leurs proches, ce qui exacerbe la souffrance psychologique et sociale, au milieu des complexités des procédures administratives résultant des relations rompues entre les deux pays, malgré le fonctionnement continu des consulats marocains à Sidi Bel Abbes, Oran et Alger. Sur le plan psychologique et juridique, Hassan Ammari a expliqué que bon nombre des détenus cherchaient à améliorer leurs conditions par la migration, pour se retrouver finalement dans les prisons algériennes, faisant parfois face à «des accusations graves passibles de plus de dix ans de prison, sans oublier ceux exploités dans des activités illégales». «L'association suit plus de 550 cas, tandis que nous avons reçu des informations indiquant qu'il y a plus de 1 700 Marocains dans les prisons algériennes, sans soutien suffisant pour résoudre ce problème.» Hassan Ammari - AMSV Des appels à une amnistie générale Hassan Ammari a noté que certaines familles parviennent occasionnellement à entrer en contact avec leurs proches par messages ou avec la médiation de l'association. Dans certains cas, des liens de solidarité se forment entre les familles marocaines et algériennes, qui prennent la responsabilité de rendre visite aux détenus ou de leur livrer des «colis de soins». Il a ajouté que les efforts de l'association ont, dans certains cas, conduit à la libération de détenus sous une grâce présidentielle, ou à la libération de patients après avoir soumis leurs dossiers médicaux. Mais ces initiatives restent limitées, tandis que le rapatriement des corps de Marocains décédés en tentant de migrer reste complexe. À cet égard, le président de l'association a noté la difficulté de ces procédures qui, selon lui, nécessite «des tests ADN pour déterminer l'identité, ainsi que de multiples procédures légales et administratives, entraînant des retards de rapatriement». Il a expliqué que l'association intervient dans les aspects juridiques et administratifs, tandis que les familles supportent les coûts techniques, tels que la fourniture d'une ambulance et les permis nécessaires, qui peuvent dépasser 5 000 dirhams. Hassan Ammari a conclu en affirmant que l'association avait envoyé une lettre aux autorités algériennes, y compris la présidence, pour une amnistie générale et complète, notamment lors d'occasions nationales ou religieuses en y incluant les détenus marocains et les migrants des pays d'Afrique subsaharienne. Il appelle à garantir des procès équitables et à accélérer la résolution des cas.