Sahara, Sahel, MO : le Maroc et les Pays-Bas unis dans le dialogue et la stabilité    L'ONEE sensibilise les jeunes générations à la préservation de l'eau    Rabat s'apprête à accueillir le Forum international de la chimie pour sa 4e édition    Trump accepte de repousser de deux semaines sa menace d'attaquer l'Iran    Algérie-Mauritanie : un sommet pour regagner de l'influence en Afrique du Nord    LdC : le Real Madrid défait à domicile par le Bayern Munich, Arsenal assure    Le Ghana ouvre ses portes : visa gratuit pour tous les Africains    Tan-Tan : une académie culinaire pour insérer 200 femmes    Le président du Parlement du Mercosur (Parlasur), M. Rodrigo Gamarra, a mis en avant, mardi à Rabat, l'intérêt porté par ce groupement sud-américain au Royaume du Maroc considéré comme « pont vers le monde arabe et l'Afrique ».    Mondial U17 féminin : le Maroc déjà qualifié, l'Afrique lance ses éliminatoires    Maroc-USA: Les investisseurs américains sont prêts à investir au Sahara    Médecine : la fin des traitements à vie ?    CAN Scolaire : Sénégal – Maroc pour une place en finale. Un autre scandale ?    Maroc - Pays-Bas : Vers un renforcement du partenariat dans la justice    Peine de mort en Israël : Hakim Ziyech et Itamar Ben-Gvir s'écharpent    Automóvil: Aceleración de las marcas chinas en Marruecos    « Nid d'artistes » : une mémoire vivante de l'Afrique sacrée à Paris    GITEX Africa : Akhannouch souligne le bond historique des investissements dans le numérique au Maroc    Le Hénanff : « Le Maroc est désormais considéré comme un véritable hub technologique »    Ismaël Saibari trop grand pour l'Eredivisie : le PSV réclame 60M€ !    CAN 2025 : plusieurs scénarios juridiques pour trancher le litige entre le Maroc et le Sénégal    CAN 2027 : le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie accueilleront la compétition du 19 juin au 18 juillet    Mohamed Lahbabi : "Le citoyen risque de perdre un interlocuteur de confiance, accessible et indépendant"    LOGIPARC 2 : un parc industriel et logistique de 25.000 m2 inauguré à Bouskoura    Un TGV percute un poids lourd dans le nord de la France, un mort et plusieurs blessés    BCIJ : Démantèlement d'une cellule terroriste soupçonnée d'avoir commis des actes criminels motivés par l'extrémisme    Souss-Massa: L'ANEF présente une solution innovante pour le reboisement    La Bourse de Casablanca ouvre dans le vert    Morocco Fashion Style & Tex : une inauguration rythmée par la création    Maroc Fashion Week 2026 : Marrakech réaffirme sa position de capitale créative internationale    Jaouda et COPAG brillent aux Impériales 2026 avec quatre distinctions majeures    Musées : le Maroc et le Japon scellent un partenariat inédit    « Nous ne sommes pas une simple plateforme de billetterie, mais une super-app du divertissement »    Marché à terme : BMCE Capital réalise ses premières opérations    Chambre des représentants: La deuxième session 2025-2026 s'ouvre vendredi    Maroc : Averses orageuses et fortes rafales de vent, mardi et mercredi    Talbi El Alami représente SM le Roi au Sommet international « One Health » à Lyon    Cooperación militar: El inspector general de las FAR en Mauritania    Coopération militaire : L'inspecteur général des FAR en Mauritanie    Le Maroc renforce sa puissance aérienne avec la réception d'un nouveau lot d'AH-64E Apache    Mondial 2026 : les Léopards récompensés en héros par Tshisekedi    BCIJ : Démantèlement d'une cellule terroriste soupçonnée d'être passée à l'action    Morocco enhances air force with second batch of AH-64E Apache helicopters    Dakar : une exposition redonne vie aux femmes oubliées de l'histoire    Comediablanca : Un retour magistral pour sa 3e édition    Top Event présente la pièce « Chers Parents »    L'Egypte salue le rôle de SM le Roi, Président du Comité Al-Qods, dans le soutien à la cause palestinienne et les initiatives royales au niveau africain    Football U17 : Les jeunes marocains maîtres de l'Afrique du Nord    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Kamal Hachkar: Il n'y a pas de fatalité à la grande Histoire
Publié dans Albayane le 09 - 12 - 2019

«Dans tes yeux, je vois mon Pays» du réalisateur Kamal Hachkar a été projeté au FIFM dans la catégorie «Panorama marocain». Le film est un bel hommage à l'héritage musical judéo-marocain. Par ailleurs, c'est à travers les yeux des personnages notamment de la chanteuse Neta Elkayam, du musicien Amit Haï Cohen, Ahmed Hachkar et Fanny Mergui que nous voyons cette diversité et communion qu'avait marqué la terre marocaine pendant des siècles.
Al Bayane : Après «Tinghir-Jérusalem, Les échos du Mellah» vous venez de réaliser un nouveau documentaire intitulé «Dans tes yeux, je vois mon Pays». D'où vient cette idée de réaliser un film sur des jeunes musiciens juifs originaires de Tinghir?
Kamal Hachkar : Le titre du documentaire est inspiré de la chanson que Neta Elkayam chantait à Tinghir en hommage à sa grand-mère qui partait en amazigh et en darija. Et quand elle vu sa grand-mère, elle voyait le Maroc dans ses yeux. En effet, la première fois que j'ai rencontré Neta, la première fois que je l'ai écouté chanter, je voyais le Maroc dans ses yeux. On est tout les deux originaires de Tinghir. Et ce titre résume toute notre relation. En outre, quand j'ai terminé «Tinghir-Jerusalem, Les échos du Mellah» en 2012, je savais que je n'avais pas encore terminé le travail, et que je devais encore continuer afin de faire un deuxième opus. Au début, j'ai voulu ramener les personnages du premier film.
Où avez-vous repéré la jeune chanteuse Neta?
La rencontre avec cette jeune chanteuse s'est faite d'abord sur les réseaux sociaux. Entre temps, j'avais une projection à Jérusalem. C'était mon destin. L'idée, c'est de faire un film sur la jeune génération qui veut recréer des liens avec la langue et la culture de leur origine. Dans le film, il y a l'histoire des années 60 et 50 qui a séparé nos parents et grands-parents. Et le film est une manière de dire qu'il n'y a pas de fatalité à la grande Histoire. Une façon de dire aussi qu'on peut reconstruire quelque chose ensemble, reconstruire des ponts avec cette nouvelle génération à travers la musique et à travers la culture et l'art. D'où l'idée principale du film.
Le documentaire est un voyage musical qui a été entamé de Jérusalem en passant par Mogador, Tanger, Gibraltar, Casablanca, Tinghir puis Tizgui dont les jeunes musiciens Neta Elkayam et Amit Haï Cohen sont allés à la quête de leurs origines et racines. Est-il un hommage à la musique judéo-marocaine?
C'est un hommage au patrimoine juif marocain, parce qu'il y a plein de chansons de Zohra El Fassia, de Sami Maghrebi qui ont été aussi reprises par des chanteurs musulmans. C'est un patrimoine commun que les juifs et musulmans partagent ensemble. Evidement, cette quête des racines est faite par la musique. Pour ces jeunes, la musique est un moyen de réparer les blessures de l'exil surtout, celles de leurs parents et grands-parents. C'est une manière de donner une voix à des gens qui ont souffert. Des témoignages qu'on avait vu déjà dans Tinghir Jérusalem. Incontestablement, l'exil est toujours difficile et compliqué.
Peut-on dire que votre nouveau documentaire est une réflexion sur les questions d'identités et du déracinement?
Effectivement, le documentaire est une réflexion sur les identités. C'est une réflexion sur l'entre deux, c'est aussi une prolongation des interrogations du réalisateur, de mes questionnements identitaires et existentiels. L'idée de road movie, c'est comment on se réapproprie avec son territoire et montrer que le Maroc est pénétré par cette diversité culturelle pas uniquement à Tinghir, mais aussi à Essaouira ainsi que dans toutes les autres villes marocaines.
Certaines personnes vous collent souvent, depuis «Tinghir-Jérusalem, Les échos du Mellah» d'ailleurs, cette étiquette de la normalisation. Ça vous bloque un peu dans votre travail ? Avez-vous implicitement cette intention de le politiser?
Je crois que ces associations instrumentalisent des questions politiques très graves pour se faire de la publicité. Moi j'ai rien demandé ! J'ai fait mon travail… et ça m'a pris 7ans. En fait, si je voulais faire le buzz, je ferai des films chaque trois mois. J'ai une vision en tant qu' 'artiste qui est assez profonde, je travaille beaucoup en ce sens.
Ça vous arrive parfois de quitter le milieu artistique à cause de ça?
Oui ! Des fois, j'avais envie d'arrêter parce que, c'est tellement dur de faire des films au Maroc. C'est dur de faire des films tout court. C'est dur de trouver de l'argent, et des fois, on fait face à des moments de découragement.
Pourquoi vous recourez souvent au documentaire ? Y aura-t-il des projets de fiction à venir?
Dans l'écriture du cinéma, j'aime bien travailler dans le réel. En revanche, j'ai un projet de fiction. En effet, mon prochain film sera un opéra amazigh sous la forme d'une tragédie grecque autour de la thématique du «dieu de la pluie» (Rbi Nounzar).
Vous étiez derrière la camera, mais à la fin du votre nouveau documentaire, il y avait votre voix qui s'adressait en hébreu à Neta Elkayam. Quelle est la visée de ce message?
Je lui ai posé une question : c'est quoi ta maison dans cette vie, dans ce monde ? En fait, moi je me suis toujours posé cette question universelle, parce que nous cherchons tous notre monde, et surtout sur quel territoire, pas forcement nationaliste où nous voulions nous y installer ? Où nous nous sentons le mieux chez nous. Ce n'est pas une question nationaliste ! C'est pour cette raison j'ai conclu avec ça.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.