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« Il existe une influence réciproque de la part des deux pays »
Publié dans Albayane le 01 - 02 - 2023

Cinq questions à l'universitaire Mohamed Dafir El Kettani
Propos recueillis par Abdelatif ABILKASSEM – MAP
Le Maroc et l'Espagne entretiennent des relations culturelles ancrées en raison de la proximité géographique et de l'interaction historique entre les deux rives de la Méditerranée.
Le directeur par intérim de l'Institut universitaire d'études africaines, euro-méditerranéennes et ibéro-américaines à l'Université Mohammed V de Rabat, Mohamed Dafir El Kettani, évoque, dans un entretien accordé à la MAP, à l'occasion de la visite au Maroc du président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, la richesse des liens culturels entre les deux pays, la dynamique que revêt ces relations, les moyens de les développer ainsi que les rôles de l'Institut universitaire pour les accompagner.
Au cours de l'histoire, le Maroc et l'Espagne ont entretenu des relations culturelles riches. Selon vous, quels sont les faits marquants de cette richesse culturelle?
Le Royaume du Maroc et le Royaume d'Espagne, deux pays voisins, sont un modèle à suivre actuellement en matière de coexistence, de brassage culturel et civilisationnel et de bon voisinage. Il s'agit d'un modèle qui trouve ses racines dans l'histoire commune qui lie les deux pays amis depuis plus de dix siècles.
Influencées aussi bien de manière directe qu'indirecte par les flux migratoires entre les deux pays, les relations maroco-espagnoles sont également impactées par la langue, qui constitue le moyen de communication par excellence.
Dans ce sens, nous rappelons les faits marquants de la période s'étendant du 15ème siècle à la fin du protectorat en 1956, notamment, l'expulsion de milliers de juifs séfarades du Royaume de Castille et d'Aragon en 1492, dont la plupart se sont dirigés vers le nord du Royaume, ainsi que l'asile d'à peu près 60 milles morisques au Royaume à partir de 1609, qui connaissaient la langue et la culture espagnoles et dont plusieurs se sont consacrés à la traduction des textes espagnols en arabe.
D'autre part, les flux migratoires dans le sens opposé ont conduit à une présence de la culture marocaine en Espagne, notamment, au travers de la communauté marocaine qui y réside, considérée comme la première communauté étrangère dans ce pays.
Ainsi, il existe une influence réciproque de la part des deux pays, et ce dans plusieurs domaines, notamment l'architecture, la gastronomie, les arts vivants, tels que le chant, la musique et la danse, ainsi que la littérature et les sciences humaines, en particulier les écrits littéraires comme la poésie, dont certains ont fait écho dans plusieurs régions, notamment, en Amérique latine.
Les activités culturelles conjointes entre les deux pays connaissent un fort dynamisme. Les plus récentes ont été l'organisation de l'exposition « Autour des colonnes d'Hercule. Relations millénaires entre le Maroc et l'Espagne » à Madrid et la 3è édition du programme culturel « Visages » au Maroc. Quelle est votre lecture de cette dynamique en tant que mécanisme de diplomatie culturelle ?
Les relations culturelles maroco-espagnoles, doivent être examinées avec une perspective d'intersection des civilisations, étant donné qu'elles sont considérées en tant que patrimoine culturel commun entre les deux pays.
Pour ce qui est de l'adoption des deux initiatives par l'Espagne, il s'agit ici d'une preuve de la ferme volonté d'approfondir les connaissances en matière de la culture du pays voisin et de dissiper toute équivoque pouvant résulter de l'ignorance des composantes culturelles de l'autre partie.
Il est également prévu que le rythme de ces initiatives s'accélère et qu'elles émanent des deux parties, et ce dans un cadre équilibré, en vue de bâtir l'édifice des relations solides et de renforcer le principe de consensus entre les deux pays, notamment après les signaux positifs de l'Espagne à l'adresse du Maroc, à travers les transformations fondamentales qu'a connu sa politique étrangère envers le Royaume.
La déclaration conjointe adoptée au terme de la visite du président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, en avril dernier au Maroc, a souligné la détermination des deux pays à établir une feuille de route, dont l'un des points les plus importants est de renforcer la coopération bilatérale culturelle et de donner un nouvel élan au conseil d'administration de la Fondation des Trois Cultures de la Méditerranée. Quelle est la signification de cette forte présence de la dimension culturelle dans ce document ?
En effet, les premiers aspects de ce projet, qui revêt la plus haute importance, sont encourageants. Le projet permettra, à cet égard, de créer un cadre propice à la protection de la diversité culturelle et de renforcer le rôle actif et efficace des deux pays voisins, basé sur des relations fondées sur la solidarité, le respect mutuel, le respect de la souveraineté et l'échange culturel.
Ce projet permettra, à moyen terme, la diffusion et la vulgarisation du patrimoine culturel et naturel aussi bien marocain qu'espagnol, ainsi que du capital matériel et immatériel, ce qui passe, d'une part, par le développement de ce type de coopération entre universités marocaines et espagnoles, et d'autre part, entre toutes les composantes du tissu social et économique marocain et espagnol.
Ainsi, ce projet peut être considéré comme un outil important pour renforcer les relations bilatérales et améliorer la compréhension mutuelle et la connaissance. Il devrait également défendre les valeurs liées au respect des principes du droit international, y compris le principe d'intégrité territoriale, de dialogue, de paix et de solidarité.
Dans quelle mesure l'Institut universitaire d'études africaines, euro-méditerranéennes et ibéro-américaines (précédemment l'Institut des études Hispano-Lusophones) peut-il contribuer au renforcement de la coopération académique bilatérale et comment est-ce qu'il permet de renforcer le dialogue et l'échange culturel entre les deux pays?
Dans le cadre de la diplomatie parallèle, l'Institut apporte une grande contribution à la relation bilatérale, par l'étude et la recherche de différents aspects civilisationnels et culturels de l'Espagne, du Portugal et des pays d'Amérique latine. L'Institut s'intéresse surtout à la revalorisation du patrimoine historique et culturel commun entre le Maroc et le monde Hispano-Lusophone, ainsi qu'aux sujets prioritaires et d'intérêt commun pour le présent et l'avenir.
A travers son activité diversifiée dans les domaines de la recherche scientifique et de la coopération internationale, l'Institut essaie de renforcer sa présence en tant qu'acteur majeur dans le dialogue interculturel, à travers une coopération bilatérale et multilatérale, une participation efficace dans les réseaux de recherche internationaux, le développement de partenariats nationaux, une production scientifique durable et de haut niveau, ainsi que par un suivi constant sur le plan de la diplomatie culturelle et universitaire.
Compte tenu de sa mission, l'Institut couvre une superficie géographique et humaine de forte importance pour le monde ibérique, ibéro-américain et africain, à travers le rôle que joue le Maroc en tant que plateforme de collaboration entre l'Amérique Ibérique et l'Afrique. Cette orientation reflète une volonté certaine de soutenir le rayonnement de l'Institut, qui en plus des affaires culturelles, prend en compte des dimensions géostratégiques et économiques, grâce à une vision globale et homogène.
L'Institut œuvre aussi pour la réévaluation du patrimoine historique et culturel commun entre le Maroc et les mondes lusophone et hispanophone à travers des projets d'avenir et la signature de partenariats avec des universités espagnoles ainsi que d'autres appartenant à la région ibéro-américaine, pour participer à la valorisation de la langue et de la culture, notamment par la préparation de dictionnaires de traduction dans les deux langues, dans le but de favoriser la connaissance de l'Autre et fortifier les échanges avec les citoyens de chaque pays, dans le cadre d'un dialogue interculturel fructueux.
Compte tenu du rôle important que joue la culture au service de la paix et du vivre-ensemble, quelles sont vos propositions pour renforcer la coopération culturelle entre le Maroc et l'Espagne, afin de la présenter comme un modèle sur le plan régional et mondial ?
Avant toute chose, les aspects de coopération culturelle commune doivent absolument comporter un volet fondé sur la communication positive, qui mène vers une concentration sur les points de convergence et de complémentarité.
Il est aussi important de souligner que les domaines de coopération doivent se focaliser sur des problématiques fondamentales, telles que les droits humains, les droits des femmes et des enfants ainsi que l'identité.
Ces problématiques ont connu une dynamique positive impulsée par la politique menée sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, dans le but d'encourager leur promotion sur la scène internationale et de contrer les campagnes qui cherchent à propager de fausses idées les concernant. Il est aussi bon de noter que les universités marocaines accueillent plusieurs Chairs spécialisés dans ces domaines.
Par ailleurs, la focalisation sur le patrimoine immatériel par la mise en place de projets académiques autour de thématiques historiques et la publication d'encyclopédies historiques qui promeuvent les principales problématiques de la région, en s'appuyant sur une méthodologie scientifique exacte, est une question fondamentale.
L'inclusion des membres de la diaspora marocaine dans ces efforts de promotion est aussi très important, compte tenu de leur engagement vis-à-vis de ces problématiques, d'où la nécessité de collaborer avec le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME).


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