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Abdelali Hadi : la victime de la pédophilie qui devient serial killer (2)
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 23 - 06 - 2010


C'est comme dans un film d'horreur. Des cadavres squelettiques ou en décomposition avancée s'entassent devant les enquêteurs de la police scientifique qui viennent d'arriver sur la scène du crime. En blouses blanches, ils dénichent, fouillent, collectent les échantillons des os, cherchent minutieusement n'importe quel indice leur permettant d'arriver à la vérité. La présence de ces cadavres, de ces ossements, de ce bout de papier… Les limiers de la police judiciaire y sont déjà, interrogent, mènent leurs investigations, tentent de s'assurer s'il s'agit de crimes ou de cadavres exhumés par un inconnu du cimetière de la ville. En une demi-journée, cette découverte macabre dépasse Taroudant. Les deux chaînes de télévision nationales rapportent l'information lors des téléjournaux de midi. Désormais, tout le monde à travers le territoire marocain en parle. Les faits-diversiers arrivent pour collecter plus d'informations. Ils tentent de s'approcher de plus en plus des ossements encerclés par un cordon sécuritaire, recueillent des témoignages et s'adressent aux limiers pour vérifier, rectifier et recouper leurs informations. La tâche semble être difficile pour les enquêteurs de la police judiciaire. Ils intensifient leurs investigations. Ils réexaminent les dossiers se rapportant à des affaires entre autres de charlatanisme, d'attentat à la pudeur sur des mineurs et d'enlèvement de mineurs. Ils rouvrent les dossiers d'enfants portés disparus. En fait, ces dossiers d'enfants portés disparus constituent, pour les enquêteurs de la région, un défi qui remonte au début des années 80. Brahim Aït Amghar est l'un de ces portés disparus. Cet enfant qui était, en 1983, à son sixième printemps, accompagnait son oncle pour aller à la Zaouiat Nihite située à Tlat Idouzdoud. Il jouait avec son cousin quand il n'a plus donné signe de vie. Son père, Hassan, a recouru à la police et a déposé plainte. Mais, il n'a pas revu son enfant. Dans la région, on parlait de plus d'une dizaine d'enfants portés disparus. Aucun dossier n'a été résolu. Et la série de disparitions n'a pas pris fin : Noureddine Taji était un écolier qui devenait, durant les vacances d'été, un portefaix à la gare routière de Taroudant. C'était le 28 juillet 2000, quand un fellah, originaire de la région des Doukkala, est venu chez son père, Bensaïd, lui demander de lui confier l'enfant, Noureddine, qui était à son douzième printemps, à qui il a trouvé un emploi dans une ferme. Le père a refusé l'offre du Doukkali. Mais le 1er août 2000, l'enfant qui se trouvait à la gare routière a disparu y laissant sa charrette. Youssef Ounil qui était à son treizième printemps est venu, ce jour du 15 juin 2002 s'ajouter à la liste des portés disparus. Le 16 février 2004, Yassine Benamer, enfant adoptif, venait également de disparaître. Sa mère adoptive, Naïma, avait reçu un appel téléphonique d'un certain faux guide qui lui a annoncé que son enfant est à Agadir. Celui-ci a été arrêté. Mais, il semble n'avoir aucune relation avec la disparition de Yassine, mais pour avoir des relations sexuelles avec des mineurs. Quelques jours plus tard, Saïd Idrissi a également disparu. La mère de cet enfant de douze ans, portefaix à la gare routière de Taroudant, a alerté la police. Malheureusement, celle-ci s'est contentée de lui dire qu'il n'est autre qu'un émigré clandestin qui cherche à filer vers l'eldorado. Malheureusement la majorité de ces dossiers n'ont pas été pris au sérieux par la police. Ils ont été mis au tiroir pour rejoindre «les affaires classées».

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