L'ouvrage «Les femmes et l'art au Maghreb», réalisé sous la direction de la présidente de l'Association internationale des critiques d'art (AICA)-Maroc et directrice du Musée Mohammed VI d'art moderne et contemporain, Nadia Sabri, et de la professeure tunisienne spécialisée en esthétique, Rachida Triki, a été présenté, récemment, au Musée du Bardo à Tunis. Publié aux éditions Le Fennec, le livre rassemble principalement les voix d'artistes plasticiennes, de fondatrices d'espaces d'exposition et de chercheuses travaillant sur l'art selon des perspectives diverses, qui ont toutes participé à un colloque international organisé à Rabat en 2021 par l'AICA-Maroc, dans le cadre d'un projet de l'UNESCO. La rencontre est organisée avec le soutien de la Délégation générale Wallonie-Bruxelles en Tunisie. Nadia Sabri a indiqué, dans une intervention à distance, que ce livre n'est pas un simple recueil traditionnel des travaux d'un colloque destiné à un public spécialisé, mais d'un ouvrage conçu pour être accessible au grand public, enrichi par des échanges ultérieurs avec les contributeurs à la rencontre et par un travail approfondi mené par les coordinatrices autour de plusieurs idées soulevées lors de la rencontre. Le livre n'est pas réservé exclusivement aux voix féminines, mais intègre également les contributions de chercheurs et d'acteurs du champ artistique masculins ayant apporté un regard critique particulier et adhéré au projet porté par l'ouvrage, a précisé la présidence de l'AICA-Maroc, ajoutant que la préoccupation majeure qui a guidé la réalisation de l'ouvrage était de proposer un bel objet visuel, doté d'un contenu riche, permettant notamment de découvrir un récit alternatif de l'histoire de l'art incluant des expériences issues de générations diverses. De son côté, Rachida Triki est revenue sur le processus ayant mené à la publication du livre, depuis le colloque international de Rabat jusqu'à sa parution, estimant qu'il s'agit d'une «écriture culturelle» sur l'art au Maghreb menée par des femmes. Même s'il n'existe pas intrinsèquement une écriture historique féminine et une autre masculine, la sensibilité particulière des femmes contribue, dans ce contexte, à déconstruire les structures de représentation dominantes sur les femmes et l'art, a-t-elle ajouté.