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Hors-jeu : Doublali et Allali
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 29 - 08 - 2002

Personne ne peut contester le wydadisme inné du président Nassreddine Doublali. Son impulsivité plaide pour lui, même s'il elle lui joue souvent des mauvais tours et ne sert pas toujours les intérêts du club. Mais quoi qu'on dise sur cet homme avec tous ses défauts, il reste un dirigeant passionné et spontané jusqu'à friser la naïveté.
Personne ne peut contester le wydadisme inné du président Nassreddine Doublali. Son impulsivité plaide pour lui, même s'il elle lui joue souvent des mauvais tours et ne sert pas toujours les intérêts du club. Mais quoi qu'on dise sur cet homme avec tous ses défauts, il reste un dirigeant passionné et spontané jusqu'à friser la naïveté. Ce qui n'est pas une tare dans le monde pourri du football où tout est calculé et programmé.
Doublali, lui, se laisse emporter par ses sautes d'humeur jusqu'à divulguer aux journalistes des pensées qu'il devait garder pour lui : il démissionne, il ne démissionne pas. Il participe à la coupe d'Afrique, il ne participe pas. Il veut régler l'affaire Allali, il ne la règle pas. Il pense, il ne pense pas. Puisqu'il dit tout ce qu'il pense aux journalistes, il déclare que le WAC ne joue pas le jour de l'Aid Al Adha, il le fait jouer quand même. Il réflechit, puis il cesse de réfléchir. La réflexion le trahit, surtout quand on lui évoque le nom de Redouane Allali. Il a fait de ce conflit avec ce joueur un feuilleton qui tient à la fois de la tragédie et de la comédie, jusqu'en faire une fixation. Il est vrai que Allali est loin d'être un ange, mais cet acharnement de Doublali dépasse l'entendement pour qu'il soit assimilé seulement à une question de caractère ou de montant de transfert. Doublali n'a pas vécu comme Allali les privations d'un jeune qui n'a pas été favorisé par la vie pour le combattre de cette manière. Le priver en plus de son gagne-pain qu'est le football, pendant un an, simplement parce qu'il a été indiscipliné, ne tient pas la route.
Il faut savoir pardonner pour ne pas tomber dans la stupidité de demander au Raja, qui le convoite, de souligner dans le contrat que Redouane ne jouera pas le derby contre la WAC. Une condition qui n'est pas seulement abusive et insensée, mais qui peut être facilement considérée comme le signe que le président du WAC ne veut pas lâcher prise. Qu'il veut continuer à mener la vie dure à ce joueur rebelle sans prendre en considération ses conditions de vie qui influent sur son caractère. On a du mal à croire que Doublali agit de mauvaise foi, à moins qu'il ne soit conseillé par des guerriers des temps révolus. On a du mal à croire, aussi, que le président, qui a avancé 600 millions de centimes au WAC, bute seulement sur le montant du transfert de ce joueur au Raja. On a du mal, encore, à croire que c'est la rivalité légendaire avec le Raja qui fait capoter les négociations. Mais on continue à croire que Doublali n'est pas aussi mauvais que ça pour qu'il ne règle pas cette affaire dans les plus brefs délais et dans des conditions acceptables.
Autrement, Doublali est un président qui fait des erreurs comme tous les êtres humains. Le président de Pérouse a commis un crime contre l'humanité de football quand il a licencié le joueur coréen qui a marqué contre l'Italie en coupe du monde. Mais aussi ridicule qu'il soit, le président du club italien n'en est pas mort.


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