Réforme de la retraite : enfin le bout du tunnel ?    Le Nobel de chimie à un trio américano-danois    Le sélectionneur national vise une place au mondial    Le Bayern Munich explose le Viktoria Plzen et prend le large    Le Maroc en quarts de finale de la Coupe du monde de football pour amputés    SAR la Princesse Lalla Hasnaa inaugure le Parc de l'Oliveraie de « Ghabat Chabab »    «L'image et l'imaginaire dans le cinéma»    Le Nobel de médecine au Suédois Svante Pääbo    Une soirée littéraire à la Maison de la Poésie    Maroc : Une première réunion de la commission chargée de la réforme de retraite    Casablanca : Table-ronde sur la gestion de l'eau    Twitter : Métamorphose en «application à tout faire»    Le Ministère du Commerce et BIM Maroc signent un partenariat pour le développement du local sourcing    Forum mondial de l'Alliance des civilisations: Moratinos exprime ses remerciements au Roi    Regards croisés sur le partenariat euro-africain    Coupe du Monde 2030 : L'Ukraine rejoint la candidature de l'Espagne et du Portugal    Le ministre yéménite des AE dénonce le rôle de l'Iran dans l'émergence du séparatisme houthi    L'ambassadeur Samir Dhar : «Alger est obsédé par la question du Sahara mais assure ne pas se considérer comme partie prenante du dossier, cela fait sourire»    Attijariwafa bank et l'AMCI célèbrent les lauréats internationaux de la Coopération du Maroc    CPS de l'UA : Rabat a placé la protection des enfants parmi ses priorités, dit la délégation marocaine    Une star de la téléréalité française obtient la nationalité marocaine (PHOTO)    Nouveaux détails sur le démantèlement de la cellule terroriste à Melilla    Refus du visa Schengen: protestations devant le siège de la Délégation de l'UE à Rabat (VIDEO)    Coronavirus au Maroc: 24 contaminations enregistrées ce mercredi, toujours aucun décès    Mauvais traitements : l'administration pénitentiaire dément les allégations de l'entourage d'un ancien détenu    Casablanca : «WeCasablancaFestival» revient pour une 3e édition du 6 au 8 octobre    Leyton Maroc propose un emploi inédit à des étudiants d'Al Akhawayn    Migration : Deux embarcations transportant des Marocains atteignent les côtes espagnoles    Mondial de football pour amputés : Le Maroc étrille l'Argentine (4-0) et file en quarts de finale    Sahara : José Manuel Albares rencontre Staffan de Mistura    Belgique : Hassan Iquioussen pourrait «ne jamais revenir en France»    Pénurie de céréales : le Maroc pourrait se tourner vers la France    La problématique de l'eau au cœur de l'intrigue du roman de Siham Kartobi    Le Festival national du samaâ et de madih à Fès promet un show spirituel    Casablanca: arrestation d'une employée de pharmacie pour tentative d'achat d'un nourrisson    Algérie – Maroc, duel annoncé pour l'organisation de la CAN 2025    Valladolid : Jawad El Yamiq indisponible pendant un mois    Contribuables nouvellement identifiés:laDGI rappelle la prorogation des mesures d'encouragement    L'ANRAC délivre 10 autorisations d'exercice des activités de transformation et de fabrication du cannabis    Voici le temps qu'il fera au Maroc, ce mercredi 5 octobre    La campagne de sensibilisation au dépistage précoce du cancer de sein lancée    Zelensky revendique des avancées « rapides » de ses troupes dans le Sud    La Bourse de Casablanca débute dans le vert ce mercredi    Maroc : Nouvelle secousse tellurique de magnitude 4,8 degrés au large de Driouch    Algérie: 8 ans de prison ferme pour Saïd Bouteflika    Espagne : feu vert du gouvernement au budget 2023    Production audiovisuelle : Mehdi Bensaid rencontre des responsables de Netflix    ONU : Une sahraouie dénonce la responsabilité de l'Algérie    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Badr Ikken : «L'Iresen finalise une borne de recharge de voitures électriques 100% marocaines»
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 20 - 06 - 2020

Entretien avec Badr Ikken, directeur général de l'Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles
Depuis sa création l'Iresen est devenu une référence en matière de recherche et développement dans le domaine des énergies nouvelles. Dans cet entretien accordé à ALM, Badr Ikken, DG de l'Institut, revient sur les thématiques de recherches, les projets en cours et l'impact de la dernière crise sanitaire sur le développement durable.
ALM : Comment faire de la pandémie du coronavirus une opportunité afin de promouvoir le développement durable et surtout les énergies propres ? Comment voyez-vous le développement de l'énergie solaire et les énergies renouvelables d'une manière générale après la pandémie ?
Badr Ikken : Je pense que nous aurons tout à gagner à travers une relance de l'économie verte en encourageant la production locale et la préférence nationale. La crise a démontré la nécessité de baisser notre dépendance industrielle afin de minimiser l'impact de crises internationales sur notre économie, mais a surtout mis en évidence la clairvoyance de nos décideurs ainsi que la force de nos organes de gouvernance publics et privés. Le modèle de partenariat public-privé ayant démontré son efficience et efficacité au Maroc, même en période de crise sanitaire, devrait être encore plus consolidé à travers le développement et la mise en œuvre de stratégies sectorielles visant le développement durable et pilotées par les deux parties prenantes.
L'abondance de gisements renouvelables ainsi que notre maîtrise du sujet et la baisse des coûts de ces technologies, nous permettent d'offrir aujourd'hui une compétitivité énergétique à nos entreprises et industries. Il est prévu de capitaliser sur ces opportunités et de se positionner sur une production locale des composantes et des offres de services marocaines. Cela contribuera à décarboner plusieurs secteurs dans notre pays, notamment l'industrie, les transports et le secteur du bâtiment. Notre engagement et crédibilité dans ce secteur au niveau international nous permettront aussi de jouer un rôle prépondérant en Afrique subsaharienne. Les solutions photovoltaïques décentralisée et non connectée au réseau pourraient fortement répondre aux besoins des millions d'Africains qui n'ont pas accès à l'électricité et à l'eau potable. Il s'agit d'un marché énorme pour les bureaux d'étude et les entreprises pouvant être desservis d'une manière progressive avec une approche de complémentarité, puisqu'il s'agira de renforcer les capacités et de développer les ressources locales.
Je me réjouis aussi fortement de la signature d'un accord entre notre pays et le gouvernement allemand en tant que premier pays partenaire de la stratégie hydrogène de l'Allemagne. Cela démontre à nouveau un encensement de la vision royale, la pertinence de notre stratégie énergétique ainsi que la persévérance des acteurs clés du secteur de l'énergie au Maroc dont l'Iresen fait partie.
Le secteur des molécules vertes «Power to X» visant à produire de l'hydrogène et ses dérivés grâce aux énergies renouvelables offrira de grandes opportunités à notre pays. Il permettra au Maroc de décarboner son économie, de développer son industrie, renforcer son capital humain et son leadership.
Le Maroc pourra également, à travers l'export de molécules vertes, contribuer à la décarbonation des économies de partenaires européens et internationaux, tels que l'Allemagne, les Pays-Bas, le Japon et pourra profiter de stratégie de relance de nos partenaires, notamment le Pacte Vert Européen. Des perspectives substantielles en matière d'industrialisation du pays sont en vue et ce, sur toute la chaîne de valeur, le dessalement, les énergies renouvelables (photovoltaïque et éolien), l'électrolyse, la chimie verte,…
Nous avons célébré le 5 juin dernier la fête nationale de l'environnement. Quelle est la contribution de l'Iresen à la protection de l'environnement ?
L'Iresen s'engage fortement à développer la recherche et l'innovation au service du développement durable. Les énergies renouvelables, le traitement des eaux, le stockage de l'énergie, la mobilité et la construction durables sont des exemples de sujets prioritaires qui contribuent directement à réduire les émissions de gaz à effet de serre, responsables des changements climatiques, et que nous traitons.
A travers nos appels à projets et nos plateformes technologiques, développées conjointement avec l'Université Mohammed VI Polytechnique, les «Green Technology Parks» nous contribuons à renforcer les capacités, à développer et à optimiser les technologies propres. Notre futur défi est d'accompagner effectivement nos excellents chercheurs marocains à valoriser leurs résultats de projets de recherche pour arriver à des niveaux de maturité technologique élevés permettant l'industrialisation ou la valorisation commerciale. Nous avons constaté pendant la crise sanitaire l'importance de la collaboration entre les institutions académiques et le monde socio-économique (développement de visières, de masques, de ventilateurs,…). Ces liens doivent être renforcés et l'environnement doit être plus favorable. L'innovation doit se faire en collaboration avec l'industrie et j'espère fortement que des mécanismes incitatifs tels que les crédits impôt recherche seront mis en place.
Vous faites de la coopération continentale notamment un axe important de travail. Comment contribue l'Iresen à diffuser l'excellence de l'Institut et l'expertise marocaine à l'échelle internationale ?
Les avancées scientifiques et technologiques ne sont possibles qu'à travers la capitalisation et le partage des connaissances. Il était important, en premier lieu, de consolider les relations avec plusieurs centres de recherche de pays du Nord pour bénéficier du transfert technologique et de leurs expériences dans l'élaboration de feuilles de route technologiques afin de s'en inspirer et de développer des modèles adaptés. Aujourd'hui, l'Iresen, avec son réseau national de partenaires académiques, s'oriente plus vers les partenariats Nord-Sud-Sud et Sud-Sud.
Nous avons créé le Réseau africain de l'innovation verte (Green Africa Innovation Network) avec 14 pays membres.
Cette initiative vise à accompagner le développement d'un écosystème d'innovation reposant sur des solutions technologiques vertes développées par des Africains pour des Africains. Nous organisons annuellement des conférences sur la R&D et l'innovation, accompagnons les institutions partenaires à travers des stages et des formations au niveau de nos plateformes de recherche à Benguerir et nous contribuons à l'émergence d'infrastructures de recherche de pointe dans différentes régions du continent. Le premier jalon est la construction de la plateforme de test, de recherche et de formation Green Energy Park MCI (Maroc-Côte d'Ivoire), en partenariat avec l'Institut national polytechnique Houphouët Boigny à Yamoussoukro en Côte d'Ivoire et l'Université Mohammed VI Polytechnique. Les travaux de construction sont bien avancés et nous finaliserons la plateforme avant la fin de l'année.
Quels sont les nouveaux projets sur lesquels vous êtes en train de travailler ?
Nous allons incessamment lancer des appels à projets régionaux. «Green Innovation régionale» est un programme qui vise l'encouragement de l'entrepreneuriat social au niveau des différentes régions de notre Royaume, en s'appuyant sur la responsabilité sociale à travers l'accompagnement de l'innovation portée par des acteurs locaux visant la création de la valeur ajoutée régionale. Green IR offrira un accompagnement technique et financier pour les porteurs de projets et s'appuiera sur les acteurs de l'écosystème régional (chercheurs, entrepreneurs, PME, entreprises et startups).
Nous lancerons également des appels à projets bilatéraux avec l'Espagne et multilatéraux dans le cadre de l'alliance Mission Innovation que le Maroc a rejointe l'année dernière. Toutes ces initiatives contribueront à redynamiser l'économie dans le secteur des technologies propres.
Nous préparons également le lancement des travaux de construction de la plateforme Green H2A (hydrogène vert et applications) que nous développons conjointement avec notre ministère de tutelle, le ministère de l'énergie, des mines, de l'eau et de l'environnement, le Groupe OCP et l'Université Mohammed VI Polytechnique en collaboration avec le Centre de recherche allemand Fraunhofer et avec le soutien de la coopération allemande.
La plateforme visera à accompagner l'écosystème du Power to X au Maroc et se positionnera comme le noyau d'un cluster R&D, Innovation et Intégration Industrielle pour l'écosystème de l'hydrogène au Maroc. L'objectif sera de préparer le terrain et de maximiser le contenu local et l'intégration industrielle.
Vous travaillez sur des thématiques stratégiques comme la mobilité électrique, la biomasse... quels sont les principaux projets sur lesquels vous travaillez ?
Effectivement, compte tenu du caractère stratégique de la R&D dans le secteur du développement durable, nous avons lancé des appels à projets spécifiques et nous mettons en place de nouvelles infrastructures de recherche et d'innovation mutualisées.
Notre nouvelle plateforme de recherche dans le domaine des bâtiments verts, des réseaux intelligents et de la mobilité durable, le Green & Smart Building Park nous permettra de traiter des sujets prioritaires tels que la mobilité électrique et plus précisément l'intégration de la mobilité électrique au réseau, le couplage des énergies renouvelables à la mobilité électrique et le stockage électrochimique afin d'accompagner la transition vers la mobilité électrique. Le département de prototypage électronique du Green Energy Park ainsi que le département de mobilité électrique de l'Iresen travaillent sur les infrastructures de recharge dans le cadre de plusieurs projets et sont notamment en train de finaliser une borne de recharge de voitures électriques 100% marocaines prête à la production industrielle avant la fin de l'année.
Le village solaire de Benguerir, installé également au niveau du Green & Smart Building Park, constituera également un instrument effectif d'accompagnement de la stratégie énergétique nationale à travers la validation, l'adaptation et l'optimisation de matériaux de construction et de solutions technologiques pour la réduction de la consommation énergétique dans le secteur du bâtiment.
Afin d'accompagner la stratégie nationale de la biomasse, en cours de finalisation, et dont les contours ont été présentés en avril 2020 par M. Aziz Rabbah, ministre de l'énergie, des mines et de l'environnement, nous préparons également le projet d'une plateforme dédiée à ce secteur au niveau de la Région de Fès et qui sera hébergée par l'Université Euméditerranéenne de Fès.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.