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Éditorial : Crimes de guerre
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 19 - 08 - 2005

Contrairement à ce que pensent les séparatistes de Tindouf, cette libération ne ferme pas définitivement ce dossier.
Le Polisario vient de libérer les derniers prisonniers marocains qu'il détenait sur le sol algérien depuis plus d'un quart de siècle. L'opération dirigée par le Comité international de la Croix-Rouge a permis aux 404 soldats et civils marocains de rejoindre leur pays après une très longue période de détention dans les geôles du Polisario installées, gardées et gérées par la sécurité militaire algérienne.
Dans un communiqué rendu public pour annoncer sa décision, la direction du Polisario a tenu à faire croire que la libération des détenus marocains, les plus anciens prisonniers de guerre du monde, est un geste de bonne volonté et de générosité de sa part. Une manière de camoufler le revers qu'ils viennent de subir sur la scène internationale. Car, si les 404 citoyens marocains sont aujourd'hui parmi les leurs, ce n'est absolument pas aux Polisariens de Abdelaziz qu'ils le doivent.
Le retour des prisonniers marocains est dû à la pression exercée par les organisations internationales, les ONG de défense des droits de l'Homme, et plusieurs pays occidentaux défenseurs de la légalité internationale qui n'ont cessé de condamner les violations flagrantes des droits de ces détenus et leur maintien en détention contrairement au droit international. Leur libération a aussi été rendue possible grâce à la grande mobilisation de leurs camarades qui ont été libérés lors des opérations précédentes et qui se sont activés dans le cadre de la diplomatie associative pour expliquer aux décideurs et aux organismes internationaux concernés la réalité de ce qui se passe à Tindouf. Le Polisario a donc été contraint de les libérer. Mais, contrairement à ce que pensent les séparatistes de Tindouf, cette libération ne ferme pas définitivement ce dossier.
Car, des violations des droits humains les plus fondamentaux des détenus ont été commises et des crimes de guerre ont été perpétrés à leur encontre. Les tortionnaires du Polisario devront donc répondre de leurs actes ignobles. La responsabilité du pouvoir algérien qui a créé cette entité et qui a encouragé et couvert leurs actes criminels est aussi engagée.
En plus, les Polisariens devront répondre sur les détenus qui ont été exécutés ou qui sont morts sous la torture et dont le nombre est estimé par les ONG internationales à plus de 150 victimes.
Cela dit, le Polisario est tenu de répondre de toutes ces violations et de fournir toutes les données sur le sort des disparus. Il est aussi tenu de procéder au rapatriement des corps des citoyens marocains qu'il a exécutés ou torturés jusqu'à la mort dans les camps de la terreur en toute impunité.
L'heure des comptes a donc sonné pour les criminels de guerre du Polisario et de l'armée algérienne qui ont couvert toutes les exactions au nom d'une cause inventée de toutes pièces.


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