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Le 17ème FITUC mise sur les spectacles co-produits
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 06 - 09 - 2005

Pour sa 17ème édition, le FITUC privilégie l'option de la co-production pour encourager l'esprit d'échange. Le spectacle “Deux personnes sur un banc” offre ici un exemple édifiant.
Sur vingt-quatre spectacles programmés au 17ème FITUC, quatre sont des co-productions entre des troupes de pays différents. Si dérisoire que ce nombre puisse paraître, il reste le trait distinctif de l'édition actuelle. Fruit d'un choix délibéré, la promotion de la co-production a pour objectif de booster l'esprit de recherche et le partage de différentes expériences théâtrales. Parmi les spectacles co-produits pour l'édition en cours, on compte « Voyage… ce monde au goût de terre» produit par la compagnie française « Numidia » sur une mise en scène de la Marocaine Amal Hadrami, « Dead stock » (Irak-Hollande), « Niaque » (Maroc-Hollande) et «Deux personnes sur un banc » (Roumanie-Suède). Avec la représentation, dimanche après-midi, de la pièce « Deux personnes sur un banc», les festivaliers, qui se sont déplacés en masse au complexe Sidi Belyout de Casablanca, auront saisi l'enjeu que représente la co-production. L'auteur du texte de cette pièce est d'origine russe, Alexandre Ghelman, alors que la mise en scène et l'interprétation portent les signatures d'artistes roumains, respectivement Zoltan Schapira, Mariane Negrescu (dans le rôle de bohémien) et Rodica Adrian Gugu (dans le personnage de femme abandonnée). La contribution de la Suède, quant à elle, se traduit par le financement du projet. La mise en synergie de ces potentialités, financières autant que créatives, a donné naissance à un spectacle de haute facture. Côté scénographie, l'histoire se déroule dans un cadre très sobre : le banc d'un jardin public, éclairé par un lampadaire public. Un voile transparent reflète ce qui se passe à l'arrière-scène, un jeu de clair-obscur vient nous éclairer sur le statut de personnages marginaux.
Un travail excellent de mise en scène vient accentuer la fonctionnalité de la scénographie, en assurant aux personnages une grande liberté de mouvement. Cette liberté, -preuve d'une bonne direction des comédiens-, a eu pour conséquence d'alléger un texte sémantique très chargé. Elle traduit, d'autre part, le malaise existentiel auquel sont confrontés des personnages laissés en bord de route. A travers le dialogue, se dégagent des questions éminemment philosophiques : Pourquoi on est né ? D'où vient-on ? Que devient-on?
Un spectacle de haute tenue.


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