DR ‹ › Le revirement est brutal. Après avoir écarté toute hypothèse de départ en début de semaine, Jack Lang a finalement proposé sa démission de la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA), samedi 7 février, dans un courrier adressé au ministre français des Affaires étrangères. Le nom de l'ancien ministre de la Culture apparaît à plus de 600 reprises dans des documents judiciaires américains liés à Jeffrey Epstein. Si Jack Lang conteste toute implication, la pression s'est intensifiée ces derniers jours, d'abord de la société civile, puis au sommet de l'Etat. Dès jeudi, Emmanuel Macron et le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, l'ont exhorté à «penser à l'institution». Affaire Epstein : Jack Lang convoqué au Quai d'Orsay, à son retour de Marrakech L'élément déclencheur semble toutefois être l'ouverture, vendredi, d'une enquête du parquet national financier pour blanchiment de fraude fiscale aggravée visant Jack Lang et sa fille, Caroline. Cette dernière est citée dans le testament financier de Jeffrey Epstein, rédigé deux jours avant sa mort, qui prévoit le versement de 5 millions de dollars à son profit. Elle avait également cofondé en 2016 une société offshore avec le financier américain dans les îles Vierges. Face à la polémique, Caroline Lang a démissionné de la présidence d'un syndicat de producteurs de cinéma. Convoqué dimanche au Quai d'Orsay en tant que président d'un établissement sous tutelle de l'Etat, Jack Lang a finalement pris les devants. Dans sa lettre à Jean-Noël Barrot, il dénonce un «climat délétère» fait «d'attaques personnelles, de soupçons et d'amalgames», tout en réaffirmant son innocence. Sa convocation a été annulée dès samedi soir. Un conseil d'administration extraordinaire devrait être réuni dans les prochains jours pour acter officiellement sa démission et organiser l'intérim. La désignation d'un successeur, qui devra être validée par les pays arabes membres du conseil d'administration, pourrait prendre plusieurs semaines.