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Le cinéma marocain perd son précurseur
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 19 - 12 - 2005

Mohamed Ousfour s'est éteint samedi matin à Casablanca. Sa disparition est considérée par les artistes et intellectuels marocains comme une véritable perte pour le cinéma marocain. Retour sur une carrière d'un réalisateur hors pair.
La scène cinématographique marocaine est en deuil. Elle vient de perdre celui qui est considéré comme le père du cinéma marocain. Celui qui a réalisé le premier long-métrage dans l'histoire du cinéma au Maroc «Le fils maudit » en 1958 : Mohamed Ousfour. Ce réalisateur est décédé samedi matin à l'âge de 80 ans à Casablanca, la ville qui a vu naître sa passion. Cette disparition a laissé la scène culturelle et artistique en émoi. Les cinéastes et intellectuels de son époque parlent d'une grande perte pour le cinéma marocain. « C'est une perte affligeante pour notre septième art», déclare le réalisateur Mjid R'chich. Et d'ajouter la gorge nouée: «Il était le premier à réaliser des films de rêve, d'aventures et qu'on aimait regarder en étant enfant ».
L'apport de Mohamed Ousfour pour le cinéma marocain est indéniable. Prenant à cœur sa passion nommée cinéma, Mohamed Ousfour économisait son argent, fruit de ses multiples jobs, pour l'investir dans le cinéma. D'abord vendeur de journaux, ensuite serveur de café, Mohamed Ousfour garde ses économies et achète, à l'âge de 17 ans, sa première caméra,une Pathé baby 9mm. C'est ainsi qu'il commence à tourner ses premiers courts-métrages inspirés des aventures de Tarzan et du cinéma muet de Charlie Chaplin. La forêt de Sidi Abderahmane sera la toile de fond pour le tournage de ses premiers opus dont « L'enfant de la jungle» et « Joha ». Des films qu'il projetait à des enfants dans son atelier de Derb Bouchentouf derrière le cinéma Kawakib. « Mohamed Ousfour organisait des projections dans son atelier avec des moyens du bord. Les enfants assis sur de simples nattes savouraient avec une joie certaine des films d'aventure qui prêtaient au rêve», raconte un artiste-peintre de la place. Celui-ci d'ajouter : « Ce qui est intéressant à évoquer c'est que Mohamed Ousfour est une intelligence née du peuple, il a compris à son époque la véritable importance du cinéma ».
La maison de Mohamed Ousfour ressemblait à un véritable atelier de mécanique. Le réalisateur Abderahmane Tazi se remémore cet instant où, revenu tout juste de son séjour d'études en France, il avait rendu visite au défunt. « «Je n'oublierai jamais l'époque en 1964 lorsque je me suis rendu chez lui , j'ai été agréablement surpris de remarquer que sa maison était entièrement remplie de matériaux et d'engins mécaniques pour le cinéma, caméras insonorisées, baignoires transformées en lieux de tirage des films. Quarante ans plus tard, je garde toujours un souvenir de ce vétérant ». Mohamed Ousfour était connu en effet pour sa capacité à bricoler plusieurs engins. Plus qu'un simple réalisateur, c'était un véritable génie. A son époque, il était le premier au Maroc à pouvoir réaliser des effets spéciaux pour le cinéma. Lorsque des réalisateurs étrangers venaient au Maroc pour des tournages et qu'ils avaient besoin d'un engin précis, on leur indiquaient une seule adresse : celle de la maison de Mohamed Ousfour.
«Mohamed Ousfour a été un autodidacte génial, qui a formé une génération entière de techniciens. Le Maroc lui doit d'avoir été l'un des grands aventuriers d'ici, Afrique et monde arabe confondus. Je luis dois personnellement de m'avoir expliqué chez lui , à Casablanca, dans sa maison qui ressemblait à un studio, un laboratoire, une salle de cinéma, les rudiments de ce qui constitue l'essentiel du cinéma moderne, le montage. Je perds personnellement un aîné et un grand ami», déclare Nourredine Saïl, le directeur du Centre cinématographique marocain.
Un témoignage sur Mohamed Ousfour dont l'art restera à jamais gravé dans les annales de l'histoire du cinéma marocain.


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