Cinq stations monoblocs finalisées à Sidi Rahal, Mohammedia, Deroua et Sidi Hajjaj    Bourse de Casablanca : clôture dans le rouge    Omar El Hilali réagit aux incidents racistes lors de Espagne-Egypte    Vote israélien sur les prisonniers palestiniens : les avocats du Maroc dénoncent une "légalisation de l'exécution"    Strasbourg : le Maroc renforce sa présence au Congrès des autorités locales du CE    Risma-Accor : le nouveau partenariat acté    InsurTech marocaine : la BAD livre son diagnostic    Sécurité aérienne : le Maroc s'aligne sur les standards internationaux    Emploi au Sénégal : Un actif sur quatre touché    BAIC renforce son offre avec le nouveau SUV BJ30e Hybride    Délinquance : le Zimbabwe face à un défi    Conseil des ministres arabes de l'Intérieur : le Maroc réaffirme son soutien aux pays arabes    Tchad : Mahamat Idriss Déby Itno forme un gouvernement    Détroit d'Ormuz : l'Iran met en garde le CS de l'ONU contre toute "action provocatrice"    Guerre au MO : le complexe gazier Habshan fermé par Abou Dhabi    Hausse des carburants: le pouvoir d'achat fragilisé, les syndicats en alerte    LdC : Barcola et Ruiz incertains pour le choc PSG-Liverpool    Canada : lancement de l'appel à projets du Fonds d'initiatives locales au Maroc    Mode au Bénin : 5 créateurs qui redéfinissent le luxe    Les Etats-Unis projettent un centre de formation aux drones au Maroc pour les opérateurs africains    FM6SS: Inauguration à Rabat du Hub de médecine de précision    Trump exhorte l'Iran à conclure un accord "avant qu'il ne soit trop tard"    Mondial 2030 : des incidents racistes en Espagne pourraient peser sur la course à la finale    Algérie : Entre prisons et faux avocats, la double épreuve des familles marocaines    Carburantes: En Marruecos, los gerentes de las estaciones de servicio «tan preocupados como los ciudadanos»    Moroccan families in limbo as over 1,700 nationals remain detained in Algeria    Sahara : La révision du mandat de la MINURSO sur l'agenda du Conseil de sécurité en avril    Maroc : Bob Maghrib revient sur scène tambour battant    Jidar : Le Rabat Street Art Festival fête 11 ans de dialogues urbains    Tourisme golfique. Le Maroc s'offre une vitrine mondiale sur Canal+    Conseil de paix et de sécurité de l'UA : le Maroc, de la réintégration à l'influence durable    Le Comité R relativise le constat français sur les Frères musulmans en Belgique    DGSN : Hammouchi honore par une promotion exceptionnelle un policier grièvement blessé en service    Six ans de prison pour un TikTokeur et la mère d'un mineur    "Ouazane to Be Three" : une fratrie talentueuse et fière de ses origines (reportage)    « Bnat Lalla Mennana » : la HACA refuse le rôle de censeur    Londres. L'urgence de rouvrir le détroit d'Ormuz    Lions de l'Atlas : la révolution tactique sous Mohamed Ouahbi    Moroccan tennis players Bennani and Baadi exit GP Hassan II    Maroc – Pays-Bas : le classement FIFA démonte totalement Van der Vaart    GP Hassan II de tennis : Taha Baadi et Karim Bennani éliminés au second tour    Conseil des ministres de l'Intérieur arabes: Le Maroc réitère son soutien constant aux pays arabes frères face aux agressions iraniennes    Musique : Sylent Nqo en duo inédit avec Mann Friday    Quand l'Afrique danse : la Biennale pose ses valises au Sénégal    Une baisse de près de 78 %... fort recul des cas de traite des êtres humains en Chine    Le Maroc au cœur du tournage de la série biblique «The Old Stories: Moses»    Concours des jeunes nouvellistes : 9e édition lancée au Maroc    Festival : Luis Fonsi, Busta Rhymes et MC Solaar annoncés au Timeless 2026    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



En Algérie, la rhétorique complotiste comme discours officiel implacable
Publié dans Barlamane le 09 - 08 - 2021

Depuis 2019, le régime algérien semble être travaillé par une sorte de fièvre intermittente, dont les crises reviennent à des époques fixes et à des intervalles souvent trop courts. De quoi alimenter un discours complotiste qui fait fi des réalités.
La politique de l'épouvantail est très utile pour délier les cordons de la multicrise. Jusqu'aujourd'hui c'étaient le peuple et ses projets d'une meilleure vie qui en faisaient les frais. Menées ténébreuses, accusations qu'on porterait contre le Maroc et qui trouvent peu de créance, malhonnêtes procédés, suppositions chagrines et boudeuses, le régime algérien ne sait plus quoi inventer pour se sauver. La fâcheuse habitude de se débarrasser des problèmes par des procédés qui manquent de lucidité devient la marque d'un pouvoir tumultueux et bavard des leçons d'ordre, d'obéissance, de tenue, et surtout de silence.
Tout commence quelques jours après la mort de Ahmed Gaïd Salah, ancien chef d'état-major et vice-ministre de la défense. Son successeur, Saïd Chengriha, a annoncé, fin 2019, que l'Algérie avait fait face à un «dangereux complot» en 2019, qui aurait eu pour but de «neutraliser ses institutions». Des propos vagues destinés à tenir l'absurde pour vrai, au moment où l'animadversion que le régime professe à l'égard de ses voisins se manifeste en toute rencontre et en toute occasion. Selon des sources françaises; le Haut commandement militaire faisait référence au mouvement de contestation du régime. Le général Chengriha s'exprimait lors de sa première prise de parole publique, à l'occasion d'une réunion avec «les cadres du ministère de la défense et de l'état-major de l'armée».
Le 8 août, face à la presse nationale, le président algérien Abdelmadjid Tebboune déblatère les mêmes propos. Tout en rappelant la nécessité pour les Algériens d'être «persuadés que leur pays est une puissance régionale», il alerte contre les tentatives de «minimiser» le rôle pionnier de l'Algérie, menées par des parties qui «édictent des prescriptions en coulisses par le biais des guerres, dites de quatrième génération qui visent la déstabilisation du pays en exploitant ses enfants», des déclarations reprises par l'agence officielle APS telles qu'en inventent ces romanciers dont l'imagination ne se refuse rien et creuse à plaisir dans le noir.
En vain Tebboune affirmait-il que les passions belliqueuses n'exerceraient aucune influence sur ses déterminations, il a prouvé plus d'une fois que ce n'est pas le cas. Le président qui gouverne le pays du fond d'un ermitage ; a beaucoup de lourds dossiers et il s'en soucie «aussi peu qu'un éléphant se soucie d'une aiguille.» En avril, il a mis en garde les manifestants du mouvement prodémocratie du Hirak contre tout «dérapage», alors qu'une foule d'étudiants, d'enseignants et de sympathisants défilaient à Alger, comme chaque mardi, pour réclamer plus de libertés.
Le président algérien profite des réunions du Haut-Conseil de sécurité (HCS) pour distribuer menaces et remontrances, alors que la grave crise politique et socio-économique qui ébranle le pays le plus peuplé du Maghreb met son avenir en suspens. Le HCS qui regroupe les principaux hauts responsables de l'Etat, notamment le premier ministre, le ministre des affaires étrangères, son collègue de l'intérieur et le chef d'état-major de l'armée et le patron de la gendarmerie, a récemment accentué la répression sociale et politique contre tout mouvement social el Algérie.
Pour Saïd Chengriha, le Hirak n'est qu'un complot qui «vise la stabilité de l'Algérie et les fondements de l'Etat, ainsi que la neutralisation de ses institutions constitutionnelles, pour l'entraîner dans le bourbier du chaos et de la violence». En avril, le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK, indépendantiste), interdit, et le mouvement islamo-conservateur Rachad, qui n'a pas d'existence légale en Algérie ont été déclarés organisations terroristes sans aucune justification de cette décision.
Discrètement aux manettes, le haut commandement militaire a constamment balayé les revendications de la rue et refusé de sortir du «cadre constitutionnel». Il a réussi à imposer une présidentielle qui a élu le 12 décembre 2019, sur fond d'abstention record, Abdelmadjid Tebboune pour succéder au président malade Bouteflika. Qu'importait aux phraséologues de profession du régime algérien que le crédit de l'Etat en fût réduit aux dernières extrémités ? Que leur importait la dépréciation vraiment désespérée de tous les indicateurs économiques ? Le moyen de s'opposer à la volonté unanime de la nation qui réclame un Etat civil ? Faire entendre le langage de la froide déraison complotiste à un peuple enfiévré qui réclame un changement réel. L'Algérie vit de contradictions, il en est cependant de si criantes qu'elles ne peuvent se soutenir longtemps.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.