Rural et montagne : une étude pour confronter les politiques territoriales à l'épreuve du terrain    Nasser Bourita et son homologue égyptien discutent du renforcement des relations maroco-égyptiennes    Pluies d'avril au Maroc : Un nouvel espoir pour la campagne agricole    Mondial 2030 : Les retombées des projets au Maroc dépendent du contrôle des coûts (FMI)    La facturation électronique s'accélère, Sage se positionne en acteur clé de la transition    Conflit au MO : l'Iran intensifie ses frappes et met en garde Trump contre une escalade majeure    Netanyahu remplace son chef de cabinet après une controverse raciste contre un député d'origine marocaine    Botola Pro D2 : le Widad Témara s'empare du fauteuil de leader, la course à la montée relancée    Finale CAN 2025 : des révélations explosives sur des incidents en tribunes    Netanyahu to replace aide who called lawmaker «retarded Moroccan» after initial bid to keep him    Election du Professeur Brahim Lekehal à l'Académie Nationale de Chirurgie en France    Maroc Fashion Week 2026 : Marrakech au cœur d'une nouvelle dynamique créative    Revue de presse de ce lundi 6 avril 2026    Akhannouch au Caire pour accélérer le partenariat stratégique Maroc-Egypte    L'Iran dit se préparer à imposer des conditions pour la circulation à Ormuz    La Bourse de Casablanca débute sur une note positive    Fatourati QR : le CMI accélère la révolution du paiement digital au Maroc    UNAF : La sélection du Maroc U17 remporte le tournoi    Maroc : Colorado accélère sur la peinture écologique et s'impose dans les projets HQE    Chine : des indicateurs solides pour le secteur des logiciels en ce début 2026    Yassine Gessime y Samir El Mourabet: Los dos Leones de Alsacia    Ceuta y Melilla: El partido separatista rifeño defiende la «soberanía de España»    Maroc : averses, vents et chaleur marquent la météo de lundi    Espagne : L'expulsion d'une Marocaine annulée pour violation du droit à la défense    Liban: la Finul prévient que les tirs près de ses positions "pourraient entraîner des ripostes"    Ceuta et Melilla : Le parti séparatiste rifain défend la «souveraineté de l'Espagne»    Le Chef du Gouvernement en visite au Caire pour renforcer le partenariat Maroc–Egypte    Réforme des retraites: le gouvernement accepte la demande de report des syndicats    Yassine Gessime et Samir El Mourabet : Les deux Lions d'Alsace    Larache: caravane médicale organisée par la MGPAP    Khénifra : un forum pour guider les élèves vers des choix post-bac    Akhannouch : «Le gouvernement a achevé le programme de réhabilitation de 1.400 centres de santé»    Marathon des Sables: Mohamed El Morabity et Maryline Nakache remportent la 1e étape    CasablancaRun: Près de 8.000 participants à la 5è édition    Marathon des Sables opens with intense 35.1 km stage as El Morabity brothers lead    Casablanca : Le consulat des Etats-Unis déménage à Casa Finance City    Tindouf : Les minorités tribales protestent, la majorité proche de l'Algérie observe le silence    Strasbourg : Samir El Mourabet claque un but exceptionnel et confirme    Décès de l'ancien ambassadeur marocain Aziz Mekouar    La 21e édition du festival international des nomades s'ouvre à M'Hamid El Ghizlane    Radisson Pursuit : une course immersive au Maroc pour une cause solidaire    Epic Fury. Les Américains ont récupéré les deux membres d'équipage de l'avion abattu    Iran. Deux nouvelles exécutions d'opposants aux mollahs    Marrakech : le théâtre universitaire fait sa rentrée des consciences    Art.ibat : la Cité internationale des arts ouvre ses portes aux artistes marocains    Orchestre symphonique du Maroc : un concert pour l'éternité    Mode au Bénin : 5 créateurs qui redéfinissent le luxe    Maroc : Bob Maghrib revient sur scène tambour battant    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Garanties bancaires : Un grand pas vers la digitalisation
Publié dans Challenge le 18 - 03 - 2020

Avec l'entrée en service du Registre National Electronique des Sûretés Mobilières (RNESM), le régime juridique des garanties mobilières sort de son cadre archaïque et accède directement à l'ère du numérique.
C'est un pas de géant qui aura pour avantage de restaurer la crédibilité de ce type de garanties auprès des bailleurs de fonds, ce qui va faciliter l'accès des entreprises et des professionnels au financement auprès des banques. En effet, dans le cadre de la mise en œuvre de la loi relative à la refonte du régime des garanties mobilières adoptée l'année dernière, il a été procédé le 02 du mois courant au lancement effectif du Registre National Electronique des Sûretés mobilières (RNESM) qui est l'un des apports essentiels de cette réforme. L'objectif recherché à travers l'instauration de ce registre, est de fluidifier le processus de «gestion» des garanties mobilières et par là de simplifier les formalités d'accès au financement bancaire.
C'est sans doute un événement qui va contribuer à l'amélioration du climat des affaires et, par là, au classement du Maroc dans le prochain Doing Business grâce à son impact positif sur l'indicateur relatif à «l'obtention des prêts» sur lequel notre pays a été toujours crédité d'une faible note à cause de son régime des garanties.
La question qui mérite d'être tirée au clair est la suivante : pourquoi ce registre électronique est si important et comment peut-il contribuer à la facilitation de l'accès au crédit ?
D'une manière générale, le RNESM va permettre de simplifier la «gestion» des garanties mobilières, de les sécuriser et de les réhabiliter aux yeux des bailleurs de fonds, notamment les banques. La simplification réside dans le remplacement de centaines de registres aux niveaux des tribunaux du pays par un seul registre. Dorénavant, il y aura un seul registre centralisé au niveau national pour tous les types de nantissement sans dépossession, alors que par le passé il y avait un registre pour chaque type de garantie mobilière (nantissement des produits agricoles, nantissement des produits et matières, nantissement de l'outillage et du matériel d'équipement etc.).
Même plus, le RNESM va être utilisé comme support pour des opérations assimilées aux sûretés mobilières à savoir, la cession de créance, la vente mobilière avec clause de réserve de propriété, le crédit-bail, la cession des créances professionnelles et l'affacturage.
Reste que la grande simplification réside dans la digitalisation de ce registre, sachant que les registres étaient tenus sur support papier par les tribunaux dans des conditions qui laissent à désirer en termes de sécurité, de transparence et d'accessibilité. Toutes les formalités relatives aux garanties mobilières seront dorénavant effectuées de manière électronique, c'est-à-dire de l'inscription de la garantie jusqu'à sa radiation, en passant par les inscriptions modificatives ou complémentaires. Même le paiement des droits (fixés à 100 dirhams seulement) est effectué électroniquement. Et la cerise sur le gâteau, les formalités peuvent être effectuées 24 H sur 24, ce qui va faciliter énormément le travail tant aux créanciers nantis, qu'aux constituants des nantissements.
L'autre aspect positif de ce registre est la transparence. Sa consultation est publique et toute personne peut extraire une attestation relative aux inscriptions, aux modifications éventuelles et aux radiations. En outre, les inscriptions sont opposables aux tiers à compter de la date et de l'heure de leur accomplissement.
Sans exagération, la création du RNESM est une petite révolution, en matière de garanties bancaires, qui aura certainement un effet très positif sur l'accès au crédit des toutes petites entreprises, des petites et moyennes entreprises et des grandes entreprises. Pourquoi ?
Tout d'abord les délais de mise en place des garanties seront sensiblement raccourcis, ce qui va accélérer le déblocage des crédits. Le coût des garanties sera aussi nettement allégé non seulement en termes de droits à payer, mais surtout en termes d'économie des frais de déplacement dans les tribunaux, surtout quand l'agence bancaire ne se trouve pas dans le chef-lieu du tribunal dont elle dépend.
Vu les avantages de la dématérialisation de toutes les procédures et formalités relatives aux garanties mobilières, une question s'impose : pour quand la dématérialisation des autres garanties bancaires ? De notre point de vue, pour faciliter davantage l'accès des entreprises au financement, il devient urgent d'étendre cette réforme aux autres types de garanties bancaires. Il s'agit notamment du nantissement des véhicules automobiles, de l'hypothèque sur les aéronefs, de l'hypothèque maritime et de l'hypothèque foncière.
Et c'est surtout cette dernière, c'est-à-dire l'hypothèque sur les biens immeubles, qui mérite d'être priorisée puisqu'elle est la principale garantie en matière de financement bancaire. Actuellement, elle ne favorise pas l'accès au financement pour plusieurs raisons. Tout d'abord, son inscription (son transfert ou sa radiation aussi) nécessite plusieurs jours et parfois plusieurs semaines, surtout depuis l'entrée en vigueur du Code des droits réels qui impose le passage par un professionnel du droit (notaire, Adel ou avocat).
Ensuite, son coût est excessivement élevé comme le confirme d'ailleurs la comparaison que dresse chaque année le Doing Business entre 190 pays. Outre les frais du professionnel du droit, l'inscription d'une hypothèque sur les livres de la Conservation Foncière peut aller jusqu'à 2% du prêt contracté auprès de la banque (frais d'inscription et frais de radiation). Et si on ajoute les honoraires du professionnel du droit, le coût de l'hypothèque ne serait pas loin dans certains cas de 3% du montant du crédit. Ceci veut dire que la cherté des crédits n'est pas imputable en totalité aux banques, mais aussi à l'Etat qui fait des droits de Conservation foncière un impôt déguisé destiné, en bonne partie, à alimenter son budget.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.