Ramadan : Le Roi adresse des cartes de vœux aux Chefs d'État des pays islamiques    Après 38 ans d'attente, les professeurs agrégés réclament la promulgation de leur statut    Bourse de Casablanca : clôture dans le rouge    Centrale Danone mobilisée pour un Ramadan solidaire : 140.000 ftours et 7.000 paniers alimentaires distribués    Inondations : le CNDH salue une gestion conforme aux standards internationaux    « Maroc, Terre de Cultures » : le Collectif 4.0 fait vibrer la Villa des Arts de Casablanca    Inspection du travail : un bilan lourd pour les cafés et restaurants    Programme DATA-TIKA : la CNDP signe une convention tripartite avec le GAM et l'UACC    Safi : jusqu'à 100.000 dirhams pour relancer les commerces sinistrés    APM Capital Maroc clôture un fonds de transport et de logistique de 243 M$    CMI ouvre Fatourati aux fintechs au Maroc    Office des Changes : la simplification du cadre réglementaire au cœur de la stratégie 2025-2029    Sérélia : Wafa IMA Assistance inaugure la première téléassistance dédiée aux seniors au Maroc    Innovation et investissement touristique : la SMIT prépare un méga-événement à Marrakech    Hausse de 29 %... Les abattoirs de Casablanca enregistrent une production record en 2025    Employabilité : la CGEM et l'Enseignement supérieur unissent leurs forces    Ramadan : l'esplanade des mosquées d'Al Qods ouverte à 10.000 fidèles palestiniens    Ramadan en France: annonces contradictoires et colère des musulmans    A Londres, West End se pare de lumières pendant ramadan 1447/2026    Cinq jeunes marocains périssent dans un incendie en Catalogne    Hamdallah en mode extraterrestre : sextuplé historique avec Al-Shabab    CAN 2025 : Le Maroc «a été volé» en finale, selon un responsable de la CAF    Achraf Hakimi égale un record historique marocain    LdC : enquête de l'UEFA après les insultes racistes dont s'est plaint Vinicius Jr    Et si Jürgen Klopp prenait les rênes des Lions de l'Atlas ?    Hakimi inscrit son nom parmi les buteurs marocains en Ligue des champions    La Fédération sénégalaise réagit aux arrestations de supporters après les incidents de la finale de la CAN    Le Chef du gouvernement préside le Conseil d'Administration de l'Agence Nationale de Soutien Social    Sahara : Une recomposition stratégique plus large qui profite au Maroc (rapport espagnol)    Mechra Bel Ksiri: Reanudación de las clases presenciales en varias escuelas    APM Capital Maroc cierra un fondo de transporte y logística de 243 millones de dólares    Five Moroccan teenagers killed in building fire in Spain    Cybercriminalité : Le Sénégal renforce l'arsenal contre les délits en ligne    Province de Kénitra : retour progressif des sinistrés d'Al Makren    Cancer du sein : l'intelligence artificielle révolutionne le dépistage    Espagne : 5 jeunes marocains morts dans un incendie en Catalogne    FLAM 2026 à Marrakech : imaginer d'autres possibles au cœur de la littérature africaine    "Gnawa Love", un pont entre le Maroc et le monde signé Samir LanGus    De Cordoue à Marrakech, un documentaire retrace la vie d'Ibn Rochd    Gala de la Fête du Printemps 2026 – Robots humanoïdes, vedettes d'une soirée féérique    Fête du Printemps 2026 : le box-office en Chine franchit le milliard de yuans en seulement trois jours    Défense : l'Allemagne juge "insuffisants" les efforts de la France    Scorpions, Jorja Smith, Fantastic Negrito... parmi les têtes d'affiche de Jazzablanca 2026    Réadmissions des OQTF : L'Algérie a fini par céder aux pressions de la France    Espagne : les éloges de Yolanda Díaz à Pedro Sanchez ravivent les tensions autour du Sahara    Anne-Claire Legendre succède à Jack Lang à la tête de l'IMA    Le ministère des Habous annonce la date d'observation du croissant de Ramadan 1447 H    Quarts LdC et Coupe de la CAF : date et heure du tirage    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Lois organiques : l'échéance approche à grands pas
Publié dans Challenge le 21 - 10 - 2014

Dans son discours prononcé devant les deux Chambres du Parlement à l'occasion de l'ouverture de la première session de la quatrième année législative, le Chef de l'Etat a mis l'accent sur la particularité de cette année qui « intervient à deux années de la fin de la législature actuelle, délai fixé par la constitution pour l'adoption de toutes les lois organiques ». par CHENTOUF ABDEL HAFID
Ce passage du discours Royal met une forte pression sur le gouvernement et aussi le Parlement qui doivent redoubler d'effort pour faire aboutir toutes les Lois organiques (au nombre de 19) dans le délai prévu par la constitution de 2011. Aux termes de l'article 86 de la loi fondamentale «les projets de Lois organiques prévues par la présente Constitution doivent avoir été soumis pour approbation au Parlement dans un délai n'excédant pas la durée de la première législature suivant la promulgation de ladite Constitution ».
Le Chef de l'Etat fixe même les priorités ; trois lois organiques sont expressément visées : celles relatives au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, au Statut des magistrats et à la régionalisation avancée.
La tâche du gouvernement est certes lourde, mais elle n'est pas impossible
La question que se posent de nombreux observateurs, depuis l'entrée en vigueur de la Constitution de 2011, est de savoir si le gouvernement va pouvoir relever le défi en respectant l'échéance fixée par la Constitution. La tâche du gouvernement est certes lourde mais elle n'est pas impossible. Elle est lourde pour deux raisons ; tout d'abord le gouvernement doit préparer ce lot de Lois organiques, qui constituent à elles seules de grands chantiers pour l'avenir du Maroc, en parallèle avec d'autres grandes réformes (justice, retraite, transport, gouvernance, compensation etc.) figurant dans son programme et au vu desquelles il sera jugé par les électeurs à l'occasion des prochaines échéances électorales ; ensuite, les Lois organiques portent sur des domaines stratégiques, ce qui nécessite des concertations préalables, avant leur élaboration, avec les partis politiques, les syndicats et aussi les acteurs de la société civile.
Mais malgré l'ampleur de la mission, le travail réalisé jusqu'à ce jour par le gouvernement, nous invite à l'optimisme et nous autorise à dire que l'échéance constitutionnelle peut être honorée. Faisons le point sur ce qui a été fait et ce qui reste à faire.
A la date d'aujourd'hui, neuf lois organiques sont déjà en application après leur élaboration par le Gouvernement et leur adoption par le Parlement. Il s'agit des Lois organiques suivantes :
- la Loi organique relative à la Chambre des Représentants,
- la Loi organique relative à la Chambre des Conseillers,
- la Loi organique relative aux partis politiques,
- la Loi organique relative à la nomination aux fonctions supérieures,
- la Loi organique relative à la Cour Constitutionnelle,
- la Loi organique relative aux modalités de fonctionnement des Commissions d'enquête parlementaires,
- la Loi organique relative au Conseil Economique, Social et Environnemental,
- la Loi organique relative à l'organisation et à la gestion des travaux du gouvernement et la situation juridique de ses membres,
- la Loi organique relative à l'élection des membres des Conseils des Collectivités territoriales.
D'un autre côté, trois projets de Lois organiques sont déjà dans le pipeline ; le projet de loi organique des finances qui se trouve au niveau du Parlement et deux projets déjà adoptés par le Conseil du Gouvernement ; celui relatif au Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire et celui relatif au droit d'accès à l'information.
Le noyau dur des Lois organiques
Les lois organiques qui ne sont pas encore dans le circuit législatif sont au nombre de huit ; elles constituent « le noyau dur des lois organiques » prévues par la constitution. Leur traitement sera certainement différent de celui des lois organiques déjà adoptées qui sont constituées en bonne partie de textes qui sont venus amender d'autres textes déjà existants (Cour Constitutionnelle, Conseil Economique, Social et Environnemental, Commissions d'enquête parlementaires....). Par contre, le «noyau dur des lois organiques» est formé de lois devant régir des matières très sensibles sur le plan politique et qui seront, en bonne partie, traitées pour la première fois dans l'histoire constitutionnelle marocaine. Parmi ces lois, deux auront pour objet de traiter la question linguistique ; la loi organique concernant la langue Amazighe et celle relative au Conseil National des langues et de la Culture marocaine.
La loi organique sur la loi Amazighe est à elle seule un grand chantier. En effet, selon l'article 5 de la Constitution, la loi organique est appelée à définir «le processus de mise en œuvre du caractère officiel de cette langue, ainsi que les modalités de son intégration dans l'enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique et ce, afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle». Il s'agit d'un vrai programme dont la préparation nécessitera une forte concertation avec tous les acteurs politiques, sociaux et ceux de la société civile.
Toujours en relation avec la question linguistique, une autre loi organique doit intervenir pour déterminer les attributions, la composition et les modalités de fonctionnement du Conseil national des langues et de la culture marocaine. Ce dernier est «chargé notamment de la protection et du développement des langues arabe et amazighe et des diverses expressions culturelles marocaines ». Il est certain que la préparation du projet de cette loi va nécessiter une réflexion profonde afin que la préservation des langues nationales se fasse en bonne intelligence avec l'ouverture sur les langues étrangères, levier indispensable au développement du Maroc. Le Roi l'a bien souligné dans son discours d'ouverture du Parlement : «Il convient d'attacher toute l'attention requise à la formation professionnelle et à la maîtrise des langues étrangères pour permettre aux lauréats d'être au diapason du progrès technique et d'intégrer les nouveaux métiers du Maroc ».
A côté de ces lois organiques, deux autres sont d'une extrême importance politique ; la loi organique relative au Conseil de Régence et celle relative à la régionalisation. Les quatre lois restantes portent sur des droits fondamentaux et seront traitées pour la première fois dans l'expérience constitutionnelle marocaine : le droit de grève, l'exception d'inconstitutionnalité, le droit de pétition et le droit de présenter des motions en matière législative.
Les deux prochaines années législatives sont décisives ; elles vont marquer l'avenir du pays et ce, en raison de l'importance et de la sensibilité politique des matières qui seront traitées dans le cadre du «noyau dur des lois organiques» sans parler des autres réformes déjà initiées. Comme l'a dit le Roi à la fin de son discours, soyons « à la hauteur de ces échéances ».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.