Parmi les projets connus du grand public et qui ont reçu l'acceptabilité environnement, figure la ville-satellite de Tamesna, mais aussi la décharge d'Agadir. Nous avons pu nous procurer une copie de celle réalisée pour la décharge d'Agadir, et pour mieux comprendre la haute importance d'une étude d'impact environnementale, en voici quelques grandes lignes. Après une analyse détaillée de la climatologie et du contexte hydrogéologique, l'étude présente une synthèse des contraintes physiques, desquels découlent des principes de base de conception. « (….) La Forte perméabilité fait que les risques d'infiltration sont majeurs. Mais les impacts sur la pollution de la nappe sont mineurs et localisés compte tenu qu'il s'agit d'une nappe non généralisée. La forme du vallon (pentes faibles de part et d'autre du lit principal, augmentant progressivement vers les sommets) tend à réduire les vitesses de ruissellement des eaux pluviales au niveau des zones d'exploitation. Les risques d'inondation sont nul compte tenu que la forme du vallon permet une évacuation rapide des eaux pluviales et que sa situation se trouve à un niveau plus élevé par rapport à la zone potentielle de débordement de l'oued Tamelest lors des crues. La forme du site permet de faire des économies importantes lors de la construction du CET se traduisant par l'utilisation des versants du vallon comme digue (…) ». Bien sûr, l'aspect social n'est pas en reste. «L'arrêt des activités de recyclage à Bikarane entraîne sur les recycleurs un impact négatif majeur qui se traduit par un manque à gagner annuel d'environ 1.000.000 de DH et chez les grossistes, un manque à gagner de 1.500.000 de DH/an ». Un problème que relève l'EIE, mais face auquel elle propose des solutions comme la création de «filières d'activités artisanales telles que des unités de trituration de l'arganier et de l'olive, unités de mise en bouteille de l'arganier et de l'olive, filières de recyclage, etc. Ces branches d'activité pourraient constituer des sources de revenu de substitution de l'arganier pour ce qui est de la population de Tamelest et créer une richesse et une dynamique qui permettrait la préservation d'un cadre de vie décent à Tamelest d'une part et la création de nouvelles sources de revenus autres que celles générées par les déchets». Il n'y a plus qu'à espérer que toutes ces recommandations soient suivies à la lettre. Ce que dit la loi 12-03 «Tous projets d'activités, de travaux d'aménagements, d'ouvrages, entrepris par toute personne physique ou morale, privée ou publique qui en raison de leur nature, leur dimension ou de leur implantation dans des zones sensibles ou protégées, doivent faire l'objet d'une étude d'impact sur l'environnement». Une annexe au texte de loi cite explicitement les projets concernés. Seulement les termes utilisés pour décrire les projets restent vagues, et laissent donc libre cours à l'interprétation. Il suffit qu'un promoteur sache jouer sur les mots pour se dédouaner de toutes études d'impact. Par exemple, si les complexes touristiques font partie de cette liste, il n'y est nulle part fait référence aux golfs : le promoteur peut faire alors valoir que par complexes touristiques, on entend simplement «unités d'hébergement». Mais ce n'est pas le plus grave. Les projets de déssalement d'eau de mer, ceux des autorités militaires, ou encore les projets importants d'eau potable «de taille importante comme les projets de pipelines d'hydrocarbures ou de gaz, ne sont pas explicitement mentionnés, bien que de tels projets sont porteurs de nuisances environnementales », explique le rapport. Cela dit, il faut tout de même signaler que l'ONEP réalise systématiquement des études d'impact à chaque mise en place de projet d'alimentation en eau potable, même si cela n'est pas explicitement demandé par la loi. «La taille critique du projet n'est pas mentionnée, ainsi un centre de transfert sans reprise des déchets qui n'occasionne pas de nuisances significatives serait considéré comme un dépôt de déchets et soumis à une EIE au même titre qu'une décharge. Aussi, la spécificité du projet importe peu en comparaison avec le budget de son investissement», conclut le rapport.