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Les promoteurs râlent, l’informel jubile
Publié dans Finances news le 10 - 12 - 2009

Le ministre de l’Economie et des Finances, Salahedine Mezouar, a visiblement bien réussi son coup. En publiant l’étude Mc Kinsey relative au secteur de l’immobilier au Maroc alors même que le projet de Loi de Finances 2010 est toujours en discussion, il freine l’ardeur de certains lobbies qui avaient encore en tête de demander des mesures fiscales incitatives.
De toute l’étude, seul un chiffre semble avoir fait mouche, suscitant l’intérêt de la presse et de l’équipe de Mezouar certainement(sic!), mais surtout l’ire des promoteurs immobiliers : il s’agit des marges bénéficiaires de 40 à 100% réalisées justement par lesdits promoteurs dans le haut standing. Enorme ! Fallait-il révéler ce chiffre ?
De toute évidence, les promoteurs s’en seraient manifestement bien passé, au regard notamment de la réaction virulente qu’ils ont eue à l’égard de la presse. Laquelle n’a pourtant repris que des chiffres rendus publics.
A l’heure actuelle, c’est évidemment Mezouar qui doit être content. Il a un argument de taille à faire valoir face à ceux qui ont encore des velléités à «quémander» des dérogations ou avantages fiscaux. Un argument convaincant, à plus d’un titre, auquel les promoteurs, par la voix de leur Fédération, opposeront sûrement le rôle du secteur dans le développement socio-économique du pays. Mais l’argentier du Royaume connaît très bien ce discours. Il est toujours servi par ceux qui ont tout et qui veulent toujours plus… et ceux qui ont peu mais qui veulent tout.
Aussi, faut-il dès lors s’attendre, après le secteur immobilier, que Mezouar s’attaque aux professions libérales. Tout cela dans l’optique de réduire les dépenses fiscales. Tenez-vous donc prêts !
Sur un tout autre registre, l’étude que vient de publier le HCP et relative au secteur informel est intéressante à plus d’un titre. Deux chiffres m’interpellent : les unités du secteur informel ont réalisé un chiffre d’affaires de 279,9 milliards de DH en 2007, tandis que de
1999 à 2007, il s’est créé 40.000 unités par an. Le Fisc s’arrache certainement les cheveux à la lecture de ces statistiques.
Avec un volume d’affaires pareil et toutes ces unités qui se créent annuellement, c’est peu de dire que le secteur informel marche comme sur des roulettes, contribuant à hauteur de 14,3% au PIB en 2007.
C’est pourquoi l’Etat veut l’intégrer dans le circuit formel. Gros défi. Qui va être difficile à surmonter. C’est comme dire à tous ces chefs d’unités qui opèrent dans l’informel «abandonnez vos modes de gestion traditionnelle (assez simplistes) et frottez-vous au Fisc et aux rouages administratifs» !
Avec les impôts et les paperasses administratives, il y a évidemment de quoi dissuader plus d’un.


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