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Entretien : «L’émergence d’un marché maghrébin passe par une intégration régionale»
Publié dans Finances news le 17 - 12 - 2009

* La crise économique est probablement un moment propice pour évaluer si le modèle d’insertion nationale adopté depuis plus de 20 ans au Maghreb est fiable ou pas.
* Le manque d’Etat de Droit dans la région la décrédibilise dans ses projets d’intégration régionale et internationale.
* La création d’un marché régional ne pourrait être possible que grâce à une véritable intégration régionale.
* La faiblesse de recherche sur la région est également palpable en Europe où il n’existe pas d’analyse de l’ensemble du Maghreb.
* Ivan Martin, chercheur associé à l’Institut Français des Relations Internationales, revient sur un certain nombre de points relatifs au travail élaboré par l’IFRI sur la région Maghreb.
- Finances News Hebdo : Lors de votre intervention, vous avez recommandé aux pays du Maghreb la reconfiguration de leurs relations économiques avec l’Union européenne. Qu’entendez-vous par là ?
- Ivan Martin : Par reconfiguration des modèles d’insertion internationale des économies du Maghreb, à la lumière de la crise économique globale, je veux surtout dire que c’est le moment de se poser la question de savoir si le modèle adopté depuis 20 ans a donné les résultats escomptés.
Et si la réponse est non, il faudra alors pousser la réflexion pour savoir s’il faut approfondir ce modèle et, éventuellement, l’ajuster. Ou bien se poser la question autrement pour aller vers un autre type de relations, que ce soit avec l’UE ou avec le reste des autres économies du monde.
Donc, dans mon intervention, je ne donne pas de réponse, mais je fais le constat des modèles d’insertion internationale tels que nous les connaissons.
J’ai parlé, à titre d’exemple, de la politique de change et, si oui ou non, cette dernière permet vraiment une politique de compétitivité et de développement.
Il faut juste savoir qu’il existe plusieurs dimensions de cette reconfiguration à entreprendre.
- F.N.H. : Vous avez souligné une absence de recherche sur le Maghreb. Et Habib El Malki, le Pdt du CMC, a expliqué cela par un blocage constaté au niveau de la région. Est-ce qu’on ne peut pas dire tout simplement que cela est dû au fait que de nouveaux blocs régionaux plus intéressants ont émergé ailleurs ?
- I. M. : Non, je n’ai pas parlé d’absence, mais de faiblesse de la recherche au niveau de la région et, surtout, du décalage entre la recherche avec une perspective régionale et l’importance de ces perspectives pour l’internationalisation des économies du Maghreb.
A mon avis, ce décalage n’est pas nécessairement une conséquence de l’émergence des autres blocs régionaux, mais plutôt la conséquence du fait que la faiblesse de l’intégration maghrébine a réussi à tous les niveaux à déclencher une logique du chacun pour soi.
Ce n’est pas propre au Maghreb, puisque même en Europe il arrive qu’on constate une absence d’analyse d’ensemble sur les économies maghrébines.
- F.N.H. : En tant que chercheur, quelle est votre analyse des causes
de la faiblesse de l’intégration maghrébine ?
- I. M. : Je citerai sans nul doute les conflits et les questions politiques. Mais je pense aussi qu’il y a un manque de crédibilité pour les projets actuels d’intégration internationale liée à la faiblesse de l’Etat de Droit dans la région. Cela a été clairement souligné dans les Projets de l’Union du Maghreb Arabe. Ce n’est pas uniquement le cas du Maghreb, puisque cela a été soulevé au niveau d’autres économies arabes.
- F.N.H. : Ne pensez-vous pas que cette faible intégration soit liée aux marchés eux-même qui restent très petits, comparativement à des économies asiatiques par exemple ?
- I. M. : Au contraire ! Je pense que l’attractivité du marché maghrébin passe forcément par l’intégration régionale. Les services étrangers qui s’établissent au Maroc et en Tunisie, un peu moins en Algérie, doivent compter avec une fragmentation du marché qui les empêche d’exporter vers un grand marché à côté, notamment l’Algérie. Et ça se traduit directement par des réductions dans leurs chiffres d’affaires. Donc, la création d’un marché régional pas très grand, tout de même avec 70 millions d’habitants, serait possible grâce à l’intégration maghrébine.
- F.N.H. : À votre avis, quelle est la valeur ajoutée des accords d’association et des accords de libre-échange signés par les différents pays de la régions dans cette intégration internationale ?
- I. M. : Il y a deux éléments à souligner. D’un côté, l’ancrage des réformes économiques dans les pays de la région; et ça, bien évidemment, aura des retombées très positives.
Le deuxième élément est de clarifier et de donner une perspective aux relations économiques avec l’Europe qui reste le premier partenaire de tous les pays de la région. Les accords de libre-échange ont, dans ce cadre, des règles et des perspectives claires pour ces échanges.
Mais le chaînon manquant de cette démarche est l’intégration Sud-Sud.
- F.N.H. : Depuis l’éclatement de la crise, on ne cesse de nous répéter que les pays en développement prendront le relais en tant que nouvelle locomotive qui va tirer l’économie mondiale. Dans quelle mesure le Maghreb peut-il s’inscrire dans cette démarche ?
- I. M. : Pas tellement, parce que les économies du Maghreb sont émergentes dans le sens qu’elles connaissent une dynamique de développement lente mais sûre.
Par contre, la demande émanant de cette région est très limitée. Donc, je ne pense pas qu’on puisse considérer le Maghreb comme l’une de ces économies émergentes qui vont jouer un rôle de moteur dans l’économie mondiale.


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