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Prix du médicament : L’impact fiscal pointé du doigt
Publié dans Finances news le 11 - 02 - 2010

* Des droits et taxes sont imposés à l’importation de plusieurs produits pharmaceutiques. La production locale est impactée par le coût des intrants et du matériel qui ne sont pas totalement exonérés.
* A l’instar de la farine et du sucre qui sont subventionnés, des associations militent pour que le médicament bénéficie du même traitement.
La question de la cherté des médicaments au Maroc a soulevé un véritable tollé suite à la publication d’un rapport d’une commission parlementaire mettant en cause les laboratoires marocains, qui pratiquent une marge jugée excessive, comparativement à d’autres pays similaires, notamment la Tunisie. Mais une analyse du prix de vente public au Maroc (PPM) fait ressortir qu’une bonne partie des médicaments est plombée par des taxes ou droits de douane, surtout les produits importés. Selon plusieurs spécialistes, le surcoût fiscal peut atteindre 40%, et cela pour des médicaments nécessaires à des maladies chroniques et des traitements coûteux comme le cancer, la cirrhose du foie, les maladies cardiovasculaires ou autres.
Malgré l’introduction de l’AMO, près de 75% des Marocains n’ont pas de couverture médicale. La faiblesse du pouvoir d’achat dissuade plusieurs malades à acheter leurs médicaments ou à suivre leur traitement dans de bonnes conditions. L’option des génériques comme solution alternative n’est pas aussi simple qu’on le pense. Plusieurs médecins contactés à ce sujet ont souligné que «certaines pathologies nécessitent un traitement de dernière génération. Des produits innovants présentant un niveau d’efficacité élevé et avec le moins d’effets secondaires, mais qui ont par ailleurs un prix coûteux».
Outre les produits importés, le poids fiscal dans le coût des médicaments se pose également dans les produits fabriqués localement. «Pratiquement tous les intrants, le matériel et les machines de production sont importés et taxés de ce fait de droits de douane», souligne-t-on auprès de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP).
Les professionnels déplorent que leur branche d’activité ne reçoive aucune forme de subvention, que ce soit à l’importation des produits ou à la production, alors que dans d’autres pays l’industrie et le commerce des médicaments sont des secteurs fortement soutenus.
Ce constat a poussé depuis des années plusieurs associations à demander aux autorités, notamment le ministère de la Santé, d’intervenir pour instaurer un système plus équitable prenant en considération l’état défavorisé de la plupart des malades marocains. «Le médicament est lui aussi un produit de première nécessité comme le sucre, la farine ou les hydrocarbures qui sont subventionnés par l’Etat. Nous demandons qu’il soit également soutenu ou du moins détaxé», a souligné Ahmed Khlfi, membre d’une association de soutien des malades cancéreux basée à Casablanca.
L’avis des fiscalistes convergent dans ce sens. «Il ne faut pas oublier que le rôle de l’impôt n’est pas uniquement d’ordre budgétaire ou économique, mais aussi social», a souligné Youssef Oubouali, professeur de droit fiscal. Il a précisé que « la santé publique est aussi une richesse nationale qu’il faut préserver. L’Etat a beaucoup à gagner en exonérant les médicaments, surtout pour le traitement des maladies chroniques».


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