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Interview: Le conseiller spécial du Premier ministre sénégalais réagit à la candidature du Maroc à la CEDEAO
Publié dans Hespress le 09 - 11 - 2018

Entre mutations, admission à la CEDEAO et enjeux économiques pour le Maroc en Afrique, Moubarack Lo, économiste, conseiller spécial et économiste en Chef du Premier ministre du Sénégal Mahammad Boun Abdallah Dionne, a répondu aux questions d'Hespress FR, en marge du Forum Medays dans son édition de 2018.
Il est l'un des économistes les plus en vue du Sénégal, plusieurs fois conseiller spécial de Premiers ministres, notamment de Habib Thiam(91-98), de Moustapha Niasse (98-2000) et de Mamadou Lamine Loum (2000-2001), Moubarack Lo, 54 ans, en plus d'avoir l'oreille de hauts responsables, a également été nommé en février 2018 en tant que Directeur général du Bureau de Prospective économique (BEP) à la Primature de son pays. Hespress FR a voulu décortiquer ses impressions sur la demande d'adhésion marocaine à la CEDEAO.
Hespress FR : Que pensez-vous des changements de paradigmes à la lumière de l'exemple marocain en Afrique ?
Moubarack Lo : « Les nouveaux paradigmes sont mondiaux. Vous savez, le développement aujourd'hui suppose que vous ayez une vision monde. Il ne s'agit plus de voir uniquement le niveau des frontières nationales. Et actuellement, il est démontré que les pays qui gagnent sont les pays qui s'adaptent aux évolutions mondiales, les évolutions en termes technologiques, en termes organisationnels... Vous savez, jusqu'à présent on classait le Maroc comme pays d'Afrique du Nord qui regardait aussi vers le Moyen Orient et vers l'Europe, mais depuis quelques années, on a vu le Maroc s'intéresser davantage à l'Afrique et notamment à l'Afrique de l'Ouest en termes d'investissement et le roi, a très rapidement suggéré de faire du Maroc, un membre de la CEDEAO. C'est une véritable disruption que personne n'attendait. Je pense que le Maroc a compris cette évolution du fait que vous devez adapter votre pays à l'environnement. Aujourd'hui le Maroc, s'il veut accélérer son développement, c'est en Afrique que les sources de croissance existent, c'est là aussi où se trouvent les marchés les plus prometteurs ».
Hespress FR : Pourquoi le Maroc devrait-il rejoindre la CEDEAO ?
Moubarack Lo : « Il y a beaucoup de produits marocains qui sont demandés en Afrique. Le marché marocain peut être saturé en quelque sorte par rapport à la demande. Prenez par exemple les produits agricoles, en Afrique nous avons les mêmes besoins, donc si le Maroc adhérait à la CEDEAO cela va permettre d'augmenter le potentiel d'exportations et donc le potentiel de production. Ensuite au niveau géopolitique, le Maroc est membre de l'Union Africaine, il doit donc adhérer à une communauté régionale, c'est ce que veut l'UA. Comme l'UMA ne marche pas actuellement pour des raisons qu'on connaît t, le Maroc a choisi d'investir dans l'Afrique, notamment dans la CEDEAO ».
Hespress FR : Selon vous, aujourd'hui, qu'est-ce qui pourrait bloquer l'admission du Maroc à la CEDEAO ?
Moubarack Lo : « La CEDEAO a douze domaines d'action, et sur ces douze il y a peut-être un domaine qui peut poser problème dans le court terme, et c'est le commerce. Parce que, quand vous avez, par exemple, un producteur d'œufs au Mali si un producteur marocain arrive avec des coûts plus bas dans le même marché, il peut venir le concurrencer et donc c'est cela le défi ».
Hespress FR : Pourquoi y aurait-il ce problème là pour le Maroc et pas pour les autres pays membres de la CEDEAO ?
Moubarack Lo : « Parce que si le Maroc est membre, il n'y aura plus de droits de douanes. Vendre à Bamako sera la même chose que de vendre à Agadir avec le même marché, et la seule différence va être le coût du transport pour acheminer les produits. Mais si vous avez une différence de prix qui peut faire parfois 50% – parce que les produits que vous trouvez ici à 5 dirhams, une fois que vous arrivez à Bamako vous allez le trouver à 10 dirhams, donc s'il n'y a plus de droits de douanes le produit fera toujours 6 dirhams. Mais même pour ces cas là, il est possible d'aménager des transitions pour des produits sensibles ».
Hespress FR : Quels genres de transitions et sous quelles formes peuvent-elles avoir lieu?
Moubarack Lo : « Les pays peuvent dire, bon, sur les cinq mille produits, j'ai cent produits sur lesquels j'aimerais que le Maroc continue à payer des droits de douane. Ce n'est pas bon pour le consommateur malien, cela est certain, parce qu'il aurait pu accéder au produit marocain à 6 dirhams alors qu'il va continuer à l'acheter à 10 dirhams mais au moins cela sauve les industries locales. Mais il ne faut pas aussi que cela soit quelque chose de définitif, c'est pourquoi les périodes de transition c'est des délais de quelques années allant de 10 ans, 15 ans... Au bout de cette période de transition c'est la libération totale ».
Hespress FR : Donc d'après vous, l'adhésion prendra beaucoup de temps ?
Moubarack Lo : « Non l'adhésion peut être immédiate mais en prévoyant une phase de transition, c'est le scénario le plus plausible. Une adhésion suivie de l'identification des domaines où il y a des problèmes et leur aménager des délais, voilà comment je vois la chose ».


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