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Blanchiment et cocaïne : de nouveaux promoteurs immobiliers suspectés
Publié dans Hespress le 25 - 08 - 2025

Des flux financiers inhabituels et des transactions immobilières éclair ont déclenché une enquête de l'Autorité Nationale du Renseignement Financier (ANRF). Certains nouveaux acteurs du marché sont soupçonnés d'utiliser des projets « en difficulté » pour blanchir des capitaux provenant du trafic de cocaïne.
A Casablanca comme à Tanger, des transactions immobilières récentes attirent l'attention des enquêteurs financiers. Selon des sources proches du dossier, plusieurs promoteurs récemment apparus sur le marché auraient acquis des projets « en difficulté », soit par achat direct d'actifs, soit par participation dans des sociétés détentrices de ces biens, avec des méthodes qui ont éveillé de sérieux soupçons.
Ces transactions se distinguent par leur rapidité et des montants financiers élevés. Les enquêteurs, soutenus par des informations précises de la Direction générale des impôts, scrutent notamment la situation fiscale des promoteurs impliqués. Les investigations ciblent surtout des acteurs basés à Casablanca, mais un promoteur à Tanger fait également l'objet de vérifications.
Parallèlement, des alertes émises par des banques et des comptables révèlent des flux financiers suspects sur des comptes communs aux noms de sociétés, coïncidant avec l'arrivée de nouveaux actionnaires. Ces sommes servent presque systématiquement à rembourser des dettes existantes, souvent frappées de saisies conservatoires par des banques ou des fournisseurs. Les enquêteurs y voient une utilisation stratégique des fonds pour sécuriser des actifs et contrôler le marché.
Les auditeurs ont noté que ces nouveaux investisseurs s'insèrent dans des projets immobiliers stagnants, s'appuyant sur des cabinets comptables pour évaluer la solidité réelle des projets avant toute acquisition. Ils profitent des difficultés financières des promoteurs endettés, négocient directement avec les créanciers et obtiennent fréquemment des remises sur les dettes initiales et leurs pénalités.
Les projets ciblés ne sont pas choisis au hasard. Ils sont situés dans des zones stratégiques, facilement commercialisables et offrant un retour rapide sur investissement. Selon les contrôleurs, ces promoteurs n'ont pas utilisé de financement bancaire récent, préférant mobiliser leurs propres capitaux pour honorer d'importantes charges opérationnelles, dans un contexte de hausse des coûts de construction et de main-d'œuvre.
L'enquête met également en lumière l'intervention de conseillers spécialisés en immobilier et finance, chargés de structurer les acquisitions et les dettes. Des mécanismes comme l'achat de parts, la cession d'actifs ou l'étalement des dettes sont utilisés pour sécuriser les transactions et protéger à la fois créanciers et acheteurs.


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