Face à la tension persistante sur le marché immobilier, le gouvernement prépare un encadrement de la location de courte durée, devenue un facteur supplémentaire de renchérissement des loyers dans les grandes villes. C'est ce qu'a affirmé Adib Benbrahim, secrétaire d'État chargé de l'Habitat, en annonçant l'élaboration d'un cadre réglementaire visant notamment les plateformes numériques telles qu'Airbnb. S'exprimant lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, le responsable gouvernemental a reconnu une hausse généralisée des prix de l'immobilier, aussi bien à l'achat qu'à la location. Une évolution qu'il attribue principalement à un déséquilibre structurel entre une demande en forte progression et une offre limitée, en particulier dans les grandes agglomérations. Ces dernières concentrent à la fois les opportunités d'emploi, les services de santé et les infrastructures, renforçant ainsi leur attractivité résidentielle. À cette pression démographique et économique s'ajoute une contrainte foncière de plus en plus marquée. Les terrains disponibles à l'intérieur des grandes villes se raréfient, a souligné Adib Benbrahim, contribuant mécaniquement à une flambée des prix à l'acquisition. Cette situation crée un cercle inflationniste dont les effets se répercutent directement sur les loyers. Le secrétaire d'État a également pointé du doigt le rôle des investisseurs, de plus en plus présents sur le marché. Ces derniers acquièrent des biens immobiliers dans une logique de location commerciale ou de revente, misant sur la hausse continue des prix pour dégager des marges importantes. Une dynamique spéculative qui, selon lui, alimente la montée des prix et accentue la pression sur les ménages, en particulier les locataires. Parallèlement, la progression rapide de la location de courte durée constitue un facteur aggravant. Adib Benbrahim a relevé que ce mode de location, largement facilité par les plateformes numériques, connaît un essor notable, au point que les établissements bancaires privilégient désormais le financement de ce type de projets ou de logements similaires. Cette orientation du marché contribue à détourner une partie du parc immobilier du logement résidentiel classique. Or, a insisté le responsable gouvernemental, cette évolution pose un problème d'aménagement et d'équilibre urbain. Les documents de planification territoriale définissent clairement les zones destinées aux équipements et activités touristiques. Dès lors, la transformation de logements résidentiels en unités de location temporaire ne peut être autorisée de manière indifférenciée. Un décret est ainsi jugé nécessaire pour réglementer les bâtiments affectés à ce type de location et empêcher leur généralisation dans l'ensemble des quartiers, au risque de rendre l'accès au logement encore plus difficile pour les habitants permanents. Dans ce contexte, une étude est actuellement en cours d'élaboration au sein des services concernés. Les premiers résultats sont attendus pour le mois de mars prochain. L'objectif affiché est de proposer une offre locative à un niveau inférieur d'environ 20 % aux prix pratiqués sur le marché actuel. Le dispositif envisagé prévoit également la possibilité de transformer une partie du loyer versé en mensualités d'acquisition, permettant au locataire de se constituer progressivement un apport. Cette initiative cible en priorité la classe moyenne, a précisé Adib Benbrahim. Elle vise à fixer une somme de loyer inférieure de 20 % à la moyenne observée, tout en intégrant un mécanisme d'épargne adossé au paiement du loyer. Sur une période estimée entre cinq et six ans, ce dispositif permettrait au bénéficiaire d'accumuler un montant suffisant pour accéder à la propriété de son logement, dans un marché où l'achat reste hors de portée pour une partie croissante de la population.