Les fortes précipitations enregistrées ces derniers jours, combinées à la situation critique du barrage Oued El Makhazine, ont plongé la ville de Ksar El Kebir dans une alerte maximale. Des dizaines de milliers d'habitants, notamment dans les quartiers les plus exposés, vivent au rythme de la montée rapide des eaux, qui a atteint près d'un mètre à l'intérieur de plusieurs habitations, forçant de nombreuses familles à évacuer leurs logements. Les quartiers d'Al Andalous, Al Marina, Essalam, Al Massira et d'autres zones résidentielles ont connu une nuit particulièrement éprouvante, marquée par d'importants afflux d'eau consécutifs aux pluies torrentielles et aux lâchers du barrage, dont le taux de remplissage a dépassé les 100 %. Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux témoignent de l'ampleur de la situation : rues transformées en torrents, véhicules partiellement submergés et eaux débordant des canalisations et des réseaux d'assainissement, incapables d'absorber de tels volumes. La gravité de la situation s'est illustrée de manière spectaculaire avec la décision d'évacuer des patients de l'hôpital local, menacé par la progression continue des eaux à ses abords. Une mesure exceptionnelle qui traduit le caractère critique de la situation et l'urgence des interventions. Face à cette montée des eaux, les actions des autorités locales et du conseil communal ont été jugées insuffisantes par une partie de la population, au regard de l'intensité des précipitations et des risques croissants de scénarios catastrophes. Contacté par la presse, Mohamed Essimo, président du conseil communal de Ksar El Kebir, a reconnu que la ville faisait face à une situation « extrêmement difficile ». « Le niveau d'eau du barrage continue d'augmenter et dépasse largement nos prévisions. Nous espérons une amélioration rapide par la grâce de Dieu », a-t-il déclaré. Le responsable communal a également expliqué que l'état de la mer, marqué par une forte houle et une marée élevée, limite l'évacuation des volumes d'eau déversés par le barrage, provoquant une pression sur les canaux et une montée des eaux dans plusieurs quartiers urbains. Selon ses précisions, le niveau de l'eau a atteint environ un mètre dans des zones comme Doha et Zahra 1 et 2, et près de 70 centimètres dans les quartiers d'Al Andalous et d'autres secteurs. Une situation appelée à s'aggraver dans les prochaines heures, au vu des indicateurs actuels. Très critiqué ces derniers jours pour ses appels répétés à la vigilance, le président du conseil communal a admis que l'intervention des forces publiques pour évacuer les habitants des zones les plus touchées constitue désormais « une option sérieusement envisagée ». Enfin, il a précisé que les crues ont également submergé plusieurs oueds et axes routiers, isolant des habitants de communes rurales avoisinantes, telles que Ksar Bjir, Ouled Ouchih et Souaken. Une situation préoccupante, même si, selon lui, « la ville de Ksar El Kebir demeure aujourd'hui la zone la plus exposée et la plus menacée ».