Des milliers de Marocains sélectionnés pour la loterie américaine Diversity Visa 2026 attendent toujours la convocation du consulat des États-Unis à Casablanca. Alors que l'année fiscale se clôture le 30 septembre, une note analytique de migrapress alerte sur un retard susceptible de priver des candidats pourtant éligibles de toute chance d'obtenir leur visa. Ils sont officiellement 3 670. C'est le nombre de ressortissants marocains tirés au sort pour le programme Diversity Visa au titre de l'exercice 2026, selon les données compilées par le chercheur Hassan Bentaleb dans une note publiée par Migrapress. Plusieurs mois après la validation documentaire opérée par le Kentucky Consular Center (KCC) pour une part importante d'entre eux, l'attente d'un rendez-vous consulaire à Casablanca nourrit l'incompréhension. La note relève que de nombreux dossiers sont déjà classés « documentarily qualified » et que leurs numéros figurent dans les tranches actuellement programmables. En théorie, aucun verrou administratif préalable n'empêche donc la fixation d'un entretien. Pourtant, d'après les chiffres rapportés par les candidats et repris dans l'analyse, seules 507 personnes auraient été convoquées jusqu'ici et moins d'une vingtaine auraient effectivement passé leur entretien à la mi-année fiscale. Le contraste est d'autant plus frappant que, dans le même temps, d'autres postes consulaires affichent des volumes nettement plus élevés. Des comparaisons informelles évoquées dans le document font état d'environ 17 000 entretiens réalisés en Algérie et près de 22 000 en Égypte sur une période similaire. Sans préjuger des capacités propres à chaque pays, l'écart alimente le sentiment d'un décalage significatif dans la cadence. Le cœur du problème tient à la nature même du programme. Institué par l'Immigration and Nationality Act, il impose que les visas soient délivrés avant la fin de l'année fiscale américaine, fixée au 30 septembre. Aucun report n'est possible et les visas non émis sont définitivement perdus. Dans ce cadre, rappelle Hassan Bentaleb, le temps devient une variable déterminante : un ralentissement peut suffire à transformer une sélection valide en opportunité manquée. Au-delà de la procédure, les conséquences sont très concrètes pour les lauréats. Traductions de documents, visites médicales, frais administratifs, projets professionnels mis en suspens ou décisions familiales différées représentent des investissements déjà engagés. À mesure que l'échéance approche, l'incertitude renforce la pression psychologique, d'autant que beaucoup disent ne recevoir ni réponse précise à leurs courriels ni visibilité sur un calendrier. L'analyste souligne que la question posée n'est pas celle d'un droit automatique au visa, mais celle d'un traitement conforme et raisonnable des dossiers devenus éligibles. Si la programmation demeure trop lente, prévient-il, l'effet pourrait être celui d'une exclusion de fait, non liée à l'aptitude des candidats mais au rythme administratif.