La Libye relance officiellement l'exploration pétrolière internationale en attribuant cinq blocs à des majors étrangères, une première depuis plus de 17 ans. Portée par la compagnie nationale NOC et adoubée par le gouvernement de Tripoli, cette initiative vise à restaurer la confiance des investisseurs et à accroître la production d'un pays aux plus vastes réserves d'Afrique, encore fragilisé par les divisions politiques persistantes. La Libye, forte des plus grandes réserves de pétrole d'Afrique, a annoncé mercredi l'attribution de blocs pétroliers à des compagnies étrangères. Il s'agit d'une première en plus de 17 ans, dans un pays qui se relève difficilement d'une décennie de division et instabilité. Ce «premier appel d'offres international depuis 17 ans» marque «le retour de la confiance et la reprise du travail institutionnel dans l'un des secteurs les plus importants du pays après une longue période d'arrêt et de défis», a déclaré Masoud Suleiman, patron de la compagnie publique libyenne NOC. Une ouverture contrôlée Cependant, seules cinq concessions, à explorer et exploiter en partenariat avec la NOC, ont trouvé preneurs sur un total de 20 proposées initialement, dont une majorité de blocs off-shore (en mer). Parmi les compagnies retenues, figure le groupe américain Chevron qui fait son grand retour dans le pays pour un gisement dans le bassin de Syrte (est), zone sous contrôle du puissant maréchal Khalifa Haftar. Trois autres concessions ont été attribuées à autant de consortiums: l'un regroupant l'espagnol Repsol et le britannique British Petroleum, un autre l'italien Eni et le groupe Qatar Energy et un troisième associant Repsol au groupe turc Turkish Petroleum et à la compagnie hongroise Mol Group. Une autre compagnie hongroise Alteo a obtenu une cinquième concession. Ces annonces «ne sont pas simplement techniques ou administratives», a souligné le patron de la NOC, au cours de la cérémonie solennelle d'annonce, à laquelle assistait le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah. Elles s'inscrivent dans «une trajectoire plus large» avec des objectifs de «croissance, retour à la normalité (en Libye, ndlr) et construction d'un avenir fondé sur le travail institutionnel et le partenariat», a-t-il souligné. Un géant dormant Concernant les 15 blocs non attribués, Masoud Suleiman a annoncé la création d'un comité technique afin de négocier avec de potentiels candidats et «améliorer les conditions» des partenariats. La Libye peine à se redresser depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011. Deux gouvernements rivaux s'y disputent le pouvoir: l'un basé à l'ouest, reconnu par l'ONU, dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et l'autre installé à Benghazi à l'est, contrôlé par le clan du maréchal Haftar. Le pays , dont les réserves sont estimées à quelque 48,4 milliards de barils, en produit environ 1,5 million par jour. Son objectif est de grimper à 2 millions de barils quotidiens.