DR ‹ › Paru en janvier dernier, le livre «Main basse sur la ville – enquête au Blanc-Mesnil, territoire trahi de la République» (éd. Stock) de la journaliste franco-marocaine Nassira El Moaddem est sorti en librairies, mercredi 11 février. Cet ouvrage est le fruit de six ans d'immersion de son autrice dans une ville populaire de Seine-Saint-Denis au nord de Paris, «illustration la plus parfaite de ce que la politique peut faire de pire, en toute opacité». La commune de Blanc-Mesnil est passée à droite, il y a dix ans. «Clientélisme, népotisme, chasse aux sorcières, censure, racisme, affairisme immobilier, manipulation, harcèlement sont au cœur du pouvoir, au point qu'un des cadres de la ville s'est suicidé. Il est celui qui a compris très tôt le devenir d'une commune qui a discrètement fait alliance avec l'extrême droite pour garder le pouvoir», écrit l'éditeur. Ce système fait des victimes : «les habitants des quartiers, les étrangers, les agents en mairie, les opposants, les familles pauvres que la municipalité rêve de voir partir pour faire du Blanc-Mesnil un Neuilly du 93, au service d'un clan.» C'est dans cet univers que Nassira El Moaddem propose le «récit glaçant d'une emprise politique», en adoptant une approche journalistique de terrain et sur le temps long. «6 années à écouter des témoignages plus terrifiants les uns que les autres, à vérifier chacun d'entre eux, à prendre le temps, à lire, à relire, à chercher et à comprendre. 6 années pour raconter comment une ville populaire à la forte histoire immigrée du 93, communiste pendant près de 90 ans, a basculé à l'extrême droite, allant jusqu'à prélever 20 000 euros pour une association bidon présidée par Sarah Knafo démarrant alors la campagne pour la présidentielle pour son compagnon, Eric Zemmour», a écrit l'autrice sur ses réseaux sociaux, en annonçant la sortie du livre. «Ne croyez pas que l'histoire que je raconte n'est qu'une simple réalité de banlieue, loin des vôtres ! Cela peut arriver partout ailleurs, y compris chez vous, si vous n'ouvrez pas les yeux», prévient Nassira El Moaddem.