La Commission européenne a annoncé mercredi vouloir durcir les conditions d'enregistrement des drones, après la vague de survols mystérieux de ces engins en Europe en 2025. «Bien trop souvent, nous avons été trop lents, nous avons été trop pris de court par la menace que représentent les drones», a souligné le commissaire européen Magnus Brunner lors d'une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg. Plusieurs pays européens, dont le Danemark, la Belgique ou l'Allemagne, ont été survolés par ces drones, qui ont paralysé à plusieurs reprises le trafic aérien ou menacé des sites militaires ou nucléaires. «Nous avons constaté que n'importe quoi peut être utilisé comme arme contre nous», a ainsi déclaré la vice-présidente de la Commission européenne Henna Virkkunen. Ce nouveau plan d'action cherche à aider les 27 à mieux répondre sur le plan civil à cette menace hybride. Un premier plan avait été annoncé en 2025 visant à contrer la menace militaire représentée par les drones, après une série d'incursions de drones russes en Pologne. Travailler ensemble «L'objectif ici est d'aider nos Etats membres à travailler ensemble et à renforcer leurs mesures nationales», a expliqué la responsable européenne. Il s'agit par exemple d'inciter les Etats membres à renforcer l'obligation d'enregistrer les drones afin d'établir une banque de données en commun. L'obligation existe déjà, mais elle n'est pas toujours respectée, a ainsi souligné un responsable de la Commission. Bruxelles souhaite également abaisser à 100 grammes contre 250 grammes actuellement le seuil rendant cet enregistrement obligatoire. L'idée est «de s'assurer que chaque drone puisse être relié à un opérateur particulier, à un propriétaire particulier, et que nous soyons en mesure d'identifier la personne qui se trouve derrière ce drone», a expliqué ce responsable. Ce plan d'action prévoit aussi d'incorporer un logiciel qui serait capable de stopper un drone dans le cas où il s'approcherait par exemple d'une zone sensible, interdite de survol. Les 27 sont invités à mieux cartographier ces zones pour rendre cette mesure plus efficace. 250 M€ La technologie, intelligence artificielle et télécommunications, sera également mise à contribution, afin de mieux surveiller les vols de drones. Les antennes utilisées pour les communications en 5G des téléphones portables pourraient ainsi servir de radars pour mieux repérer les drones, selon la Commission. Et pour améliorer la détection de drones ennemis ou non identifiés, la Commission européenne veut également lancer des exercices à grande échelle dans l'Union européenne. L'UE veut également renforcer sa production de drones et de systèmes antidrones grâce à une enveloppe de quelque 250 millions d'euros, a indiqué Henna Virkkunen. D'autres financements pourront suivre une fois les besoins mieux répertoriés au sein des Etats membres, a précisé ce responsable de la Commission sous couvert d'anonymat. Quelque 150 millions d'euros vont également être alloués à Frontex, l'agence européenne pour les frontières extérieures de l'UE, pour renforcer la surveillance aérienne aux confins de l'Union.