La tension sur le marché de la DRAM finit par rattraper l'un des piliers du gaming. Sans en faire l'annonce officielle, NVIDIA laisse déjà paraître un virage clair : les modèles de GeForce RTX série 50 dotés de plus de 8 Go de VRAM deviennent rares, parfois introuvables, laissant le champ libre aux versions 8 Go qui s'imposent peu à peu comme la norme par défaut. Cette bascule ne tombe pas de nulle part. La pénurie persistante de mémoire et la flambée des coûts poussent l'industrie à revoir ses capacités. NVIDIA ne fait pas exception, mais un élément pèse encore plus lourd : l'énorme rentabilité des GPU destinés à l'intelligence artificielle, bien plus lucrative que les cartes gaming traditionnelles. Le choix devient mécanique : optimiser les wafers disponibles pour les puces IA, réduire tout ce qui complique la production, abandonner les configurations hautes en VRAM. Les cartes graphiques équipées de 12 Go, 16 Go ou davantage sont ainsi les premières sacrifiées. Les signaux d'alerte ont d'ailleurs défilé ces dernières semaines. L'absence de modèles RTX 50 SUPER au CES, des rumeurs de reports massifs, des spéculations sur une relance de générations plus simples à produire... Et maintenant, une indication plus directe : les partenaires de NVIDIA réorientent la production vers des RTX 5060 et 5060 Ti limitées à 8 Go. Les sources industrielles parlent d'une décision collective, presque structurée, pour réduire la variété de VRAM et concentrer l'offre sur ce segment unique. Les implications sont évidentes. Une carte comme la supposée RTX 5070 Ti 16 Go n'a plus aucune priorité. En supprimant sa production, une usine peut fabriquer deux RTX 5060, donc toucher davantage de joueurs, même si les performances prennent un coup. Les volumes priment sur le reste, et les équations de rentabilité ne laissent aucune place aux configurations plus généreuses. Un mouvement d'autant plus frappant que les gamers attendaient justement un haut de gamme plus accessible après des années d'inflation. Résultat : les références 16 Go actuelles se raréfient, certaines disparaissent déjà, et les stocks encore disponibles risquent de devenir des objets de spéculation. L'arrivée de modèles plus puissants dans la série 60 ou 70 pourrait être reportée longtemps — si elle se matérialise. Pour beaucoup, c'est un retour à une situation façon 2021 : peu de variété, peu de visibilité à long terme, et un marché gaming sacrifié au profit du secteur IA. Dans ce contexte, les joueurs se retrouvent face à une génération 5060 censée représenter « l'accès au gaming », même si ses 8 Go de VRAM montrent déjà leurs limites dans les titres les plus récents. L'écart se creuse entre les besoins des jeux modernes, toujours plus gourmands, et une offre matérielle volontairement bridée. Les commentaires des communautés en ligne témoignent d'un certain fatalisme : ceux qui espéraient une montée en puissance de la VRAM constatent au contraire un retour en arrière imposé par la chaîne d'approvisionnement mondiale. La situation n'a rien d'anecdotique. À mesure que l'industrie bascule vers l'IA, les joueurs deviennent une variable d'ajustement. NVIDIA semble désormais arbitrer le marché PC à travers ce prisme : rentabilité maximale d'un côté, simplification extrême de l'autre. Et pour l'instant, cette stratégie ne laisse aucune place aux configurations plus ambitieuses que beaucoup attendaient de la série 50.