À mesure que le Grand Stade de Casablanca prend forme, l'un des chantiers les plus déterminants s'écrit loin de l'enceinte sportive. Dans l'ombre des travaux visibles, l'ONCF prépare l'intégration ferroviaire d'un site appelé à générer des flux urbains considérables, avec une priorité : préserver la continuité d'un réseau déjà sollicité tout en répondant aux futures pressions événementielles. Autour du futur stade, l'environnement ferroviaire constitue un maillon critique. Les lignes qui le traversent sont empruntées quotidiennement par des trains de voyageurs et de marchandises. Toute transformation du périmètre implique donc une coordination serrée entre les aménagements urbains, les accès routiers et les impératifs d'exploitation du rail. L'ONCF intervient ici comme régulateur d'un écosystème en expansion, chargé de maintenir la sécurité, la régularité et la disponibilité du service. L'opération s'apparente à un exercice de précision. Moderniser les franchissements, revoir les interfaces avec la voirie, absorber les nouveaux flux : chaque intervention doit être calibrée sans jamais interrompre la chaîne ferroviaire. Le Grand Stade devient ainsi un test grandeur nature pour la capacité du réseau national à anticiper, canaliser et redistribuer de fortes affluences. L'enjeu dépasse largement les jours de match : les variations de trafic se répercuteront sur toute la métropole, mobilisant gares, lignes structurantes et correspondances intermodales. Dans cette perspective, l'ONCF adopte une lecture stratégique de la mobilité événementielle. Il ne s'agit pas de traiter le stade comme un point isolé, mais comme un nœud intégré à un système global. Cette vision se nourrit de l'expérience internationale : l'accessibilité conditionne la réussite d'un équipement majeur, la fluidité impacte directement l'image d'une ville hôte, et les défaillances se paient cher et longtemps. La démarche engagée s'inscrit dans le long terme. Les infrastructures conçues pour absorber les flux sportifs serviront également les déplacements quotidiens bien après les compétitions. Pour Casablanca, elle représente un levier de crédibilité à l'échelle internationale, une démonstration de sa capacité à orchestrer un réseau complexe sous contrainte urbaine. En consolidant les interfaces, en sécurisant les franchissements et en anticipant les risques opérationnels, l'ONCF confirme son rôle de pilier de l'aménagement du territoire. Le Grand Stade dépasse ainsi sa dimension sportive : il devient un révélateur des choix structurels qui façonnent la mobilité métropolitaine, un catalyseur pour repenser les connexions, la résilience des réseaux et la gestion des flux dans une ville en rapide transformation.