Dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 mars, les Marocains devront avancer leurs montres d'une heure. À deux heures du matin, le Royaume repassera officiellement à l'horaire GMT+1, mettant fin à la parenthèse du GMT appliquée pendant le mois de Ramadan. Un geste devenu routinier, mais qui continue de susciter des discussions récurrentes dans le pays. Depuis l'adoption du décret de 2018 instaurant l'heure GMT+1 permanente, le Maroc applique un système particulier : maintenir cet horaire toute l'année tout en le suspendant temporairement pendant le Ramadan afin d'adapter le rythme quotidien des citoyens. Cette mesure avait été présentée à l'époque comme un moyen de renforcer l'alignement économique avec l'Europe, principal partenaire commercial du Royaume. Chaque année, ce retour à l'heure légale relance pourtant le même débat dans l'opinion publique. Sur les réseaux sociaux comme dans certains cercles académiques, de nombreuses voix remettent en question les effets du GMT+1 sur la vie quotidienne. Les critiques évoquent notamment les réveils matinaux dans l'obscurité, l'impact sur le sommeil ou encore les difficultés d'adaptation pour les élèves et les travailleurs. Une récente analyse du Centre africain d'études stratégiques et numériques va dans ce sens. L'organisme estime que l'horaire actuel pourrait produire un déséquilibre entre le rythme biologique et l'organisation sociale, certains chercheurs allant jusqu'à parler d'un « décalage horaire permanent » pour une partie de la population. Les défenseurs du système rappellent cependant que le maintien du GMT+1 permet au Maroc de synchroniser davantage ses activités économiques avec l'Europe. Pour plusieurs secteurs comme l'offshoring, l'industrie exportatrice ou les services internationaux, cet alignement horaire facilite les échanges et la coordination avec les marchés européens. Dans les faits, malgré les critiques et les discussions régulières, aucun changement de politique n'est pour l'instant envisagé. Le dispositif instauré en 2018 reste pleinement en vigueur et continuera de structurer l'organisation du temps au Maroc. Le passage prévu le 22 mars marque donc simplement le retour au fonctionnement habituel du calendrier horaire du Royaume, rappelant que derrière ce geste technique d'avancer les montres se cache une question bien plus large : celle de l'équilibre entre impératifs économiques et bien-être quotidien des citoyens.