Pit-bull ? Chien musclé à poil court. Ni la définition, ni le pedigree n'auraient attisé la curiosité d'un mortel comme votre serviteur. Pourtant réputé animal politique féroce. N'y avait-il pas cet incident rapporté, vendredi dernier : «un Pit-bull a littéralement déchiqueté la jambe d'un citoyen». Ne me demandez surtout pas le nom de ce concitoyen que le mauvais sort a jeté dans la gueule d'un chien aussi intrigant. Dans ce genre de situation, il vaut mieux connaître le nom de la bête. Du moins, pour lui insinuer que vous avez déjà caressé le museau en forme de tortue, de son vénérable aïeul. Il y a une semaine, vous ne donneriez pas cher pour me voir plumer dans un pari sur les bêtes. Mais, depuis l'incident, je me suis renseigné sur le Pit-bull. «Aujourd'hui, me dit un guide électronique, c'est un phénomène de mode». Comme le hip hop, le rap ou le piercing ! Voire, comme les micro- baladeurs ! Si ce gardien n'avait pas eu l'idée géniale de lancer son Pit-bull sur le quidam dont la jambe a été férocement mise en lambeaux, je serais resté vieux jeu : genre lévrier, Saint-bernard. Dalmatien, au plus haut de ma passion canine! Désormais, je sais que le Pit-bull est un petit dogue (une façon de parler) à la poitrine puissante. Très massif à l'avant comparé à l'arrière. Ses mâchoires sont très fortes avec des muscles bombés. Une mâchoire d'acier, qui lui donne une force surnaturelle. Cerise sur le museau de la bête : le Pit-bull fait la une des médias. Ces messieurs de la Toile ont déjà lu Al Ahdath Al Maghribia du vendredi ! Passons. Avant de décréter une loi, il faut quand même décrire, dans les détails bien sûr, le profil du malfaiteur. Voilà ce que vous dira votre avocat que vous allez vraisemblablement appeler, une fois votre jambe déchiquetée : non, ce n'est pas une race. Il a beau aboyer, grogner et se mettre à quatre devant son maître, sa classification est non reconnue par la Fédération Cynologique Internationale. FCI, genre de bureau fédéral -FBI- de la race canine. Eh, oui ! Je me suis très bien renseigné. Tenez vous bien : «c'est un croisement entre deux races : les terriers (chiens anglais, courageux, agressifs, pugnaces, résistants à la douleur) et les molosses (chiens puissants, de grande taille ). Le meilleur est pour la fin: Pit veut dire «arène» et Bull «taureau». En arabe cela veut dire un «toro falmoro»! Le pauvre citoyen a donc été victime d'un taureau dans l'arène. J'en appelle à tous les candidates et les candidats, à toute la classe politique, aux bergers, allemands ou non, aux agent de la police, bref à tout le monde, pour mettre fin à cette métaphore qui fait de l'homme un animal politique. Il y a une grande différence : messieurs les animaux politiques ne se jetteront sur votre pied qu'une fois tous les cinq ans, un Pit-bull, c'est chaque fois que vous passez devant lui. Nuance!