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Ramadan dope les ventes


Haschich
Dans cette histoire, il y a deux sortes de personnages. Il y a ceux qui se font du «flouss» sans grand effort, et ceux qui perdent «le flouss» dans leur quête de la «tebouika» (état psychique et physique après la consommation du haschich).
Ramadan, un mois béni par les Musulmans, mais aussi par les «beznassa» (vendeurs de drogue). Ce qui est tout à fait normal en prenant en considération la masse de «flouss» qu'ils se font durant ce mois sacré.
A travers l'histoire d'Adil, cadre dans une banque, La Gazette vous présente les soirées ramadanesques, acte 2 (l'acte 1 a porté sur les non-jeûneurs).
Adil ouvre son paquet de Marlboro Light, l'inspecte puis le remet dans sa valise. Aujourd'hui, il rompt le jeûne chez ses parents. Par conséquent, il doit éviter son réflexe nonchalant : déposer son paquet sur la table à manger, juste au-dessus du cendrier. Pourquoi tant de précautions ? Son père, également fumeur pourrait lui piquer une cigarette. Il serait épaté de voir ce que cache le paquet de son fils. Hors les deux joints roulés, quelques heures auparavant, il y a 5 grammes de «haschich» bien enfouis dans du cellophane. Vous comprenez alors pourquoi déposer le paquet sur la table est un risque qu'Adil n'est pas prêt à courir.
Après la cigarette du «ftour» accompagnée d'un café corsé, il décide de rentrer chez lui. Apparemment, son paquet commençait à le démanger.
Prière ou «tebouika»
Officiellement mois de prière, Ramadan est officieusement, par contre, celui de la «tébouika». Ainsi, les «beznassa» consultés ont tous déclaré que leurs rentrées doublaient, au moins, durant le mois sacré. Parallèlement, sous couvert de l'anonymat, plusieurs consommateurs de «haschich» on déclaré fumer nettement plus durant le mois de Ramadan.
Pourtant, apprendre que la consommation du «haschich» augmente considérablement durant le mois de Ramadan en a étonné plus d'un !
Chez lui, Adil commence par allumer la TV. À sa grande satisfaction, la nouvelle série égyptienne n'a pas encore débuté. À propos de cette série, Adil a sa propre façon de la voir : «déchiré». Il prend son paquet de cigarettes et en sort un joint. « Après avoir fumé, cette série est capable de me faire rire aux éclats ou pleurer à chaudes larmes. Bref, toutes
mes émotions sont sens dessus-dessous». Conclusion : la «tébouika» fait mieux passer les navets.
Adil ne passe pas toute la nuit devant son poste TV. 20 heures, c'est «l'appel de la soirée» (allusion au film appel de la forêt). Il quitte son chez soi en direction de l'appartement d'un de ses amis où il y retrouve sa bande pour une nouvelle soirée «ramadanesque». Au menu : «chicha» (narguilé), joints, jaâbouk (joint taille XXXL)…Une vraie orgie au rythme reggae de Bob Marley.
Ce même appartement, qui les réunissait chaque vendredi et samedi soir, autour de quelques canettes de bière et bouteilles de Whisky, les réunit, depuis quelques jours, pour autre chose. Les canettes et la bouteille d'alcool ont cédé la place aux limonades, jus… et «haschich». Adil s'installe, et sans perdre de temps, prépare «religieusement» son joint. Ses amis, réunis à sa droite et à sa gauche, de façon à former un cercle, le regardent et attendent pieusement, que le joint soit roulé, allumé… La «tournée rituelle» des joints commence !
Pratique païenne
Adil et sa clique ne fument que durant le mois de Ramadan. Tout au long des trente jours de ce mois, ils ne se gênent pas. En termes de «flouss», ils avouent claquer plus qu'ils n'ont l'habitude de le faire pour l'alcool. En une soirée, leur tableau de «chasse» atteint facilement les 15 joints. Quand c'est de la «bonne», et qu'ils sont complètement «pétés», ils ne prennent même pas la peine de rentrer chez eux. Ils restent dans l'appartement, allongés dans le salon, souliers aux pieds… De vrais nases quoi !
Parmi les pratiques païennes les plus répandues au Maroc : s'abstenir de boire de l'alcool pendant le mois de Ramadan et les 40 jours qui le précèdent. Une pratique assez bizarroïde qui se veut être, en quelque sorte, la purification du corps avant le mois sacré. Ces 40 jours sont ainsi considérés comme étant la durée minimale pour éliminer toute trace d'alcool dans le sang, le corps… «Après, t'es nickel pour affronter le mois de Ramadan !»
Si jusqu'à présent, aucune recherche sociologique n'étudie ce phénomène, nul ne peut nier, par contre, l'étendue de sa pratique au sein des amateurs et adeptes nationaux du «verre». Ainsi, durant le mois «sacré», les «vive la compagnie» (cri de guerre de soûlard), virent de bord pour s'abonner, l'espace d'un mois, aux plaisirs du «hashish».
C'est d'une part, l'une des causes de la montée de la consommation de cette drogue désignée par les scientifiques comme étant « douce»
D'autre part, le mois de Ramadan est reconnu pour ses longues soirées. Ce mois est au fait le paradis des noctambules. Chaque soir est donc une occasion pour se réunir, jouer aux cartes et faire la fête. D'autant plus que les horaires de travail sont adaptés de façon à ne pas gêner les «dort-tard». Une excuse supplémentaire pour veiller.
Il est toutefois difficile, pour le commun des mortels, d'admettre que la consommation du «haschich» durant le mois de Ramadan est nettement plus élevée que la normale. Comment cela se peut-il alors que les gens passent toute une journée sans fumer. Les «beznassa» sont formels : la hausse des ventes est évidente, mais elle n'est pas due aux vétérans fumeurs. Ces derniers ne dépassent leur dose quotidienne que rarement. Ceux qui se sont prêtés à notre jeu de questions-réponses ont affirmé que ce qu'ils fument durant le mois de Ramadan est comparable aux autres mois de l'année. Certains ont signalé une légère hausse durant le mois sacré, mais qui reste négligeable.
Alors, si la hausse de la consommation n'est pas due aux vétérans, d'où provient-elle donc?
Les «beznassa» sont, encore une fois, formels ! Deux catégories de consommateurs interviennent pour niveler vers le haut, le volume des ventes. Il y a tout d'abord ceux qui ne fument que pendant le mois de Ramadan. À travers cette nouvelle habitude de consommation, ils compensent l'absence de l'alcool. Il y aussi ceux qui fument, à petite dose et qui ont l'habitude de mélanger le «haschich» et l'alcool (il paraît que ça a un effet dévastateur).
Effet dopant
Ceux-là aussi fument pour compenser.Ce sont ces deux catégories qui font exploser les ventes de haschich pendant le mois de Ramadan.
Vers 8 heures, Adil se réveille, prend sa douche et s'en va travailler. Ce qu'il apprécie dans le «haschich», c'est son effet dopant. Il est capable de suivre n'importe quel rythme de vie sans jamais éprouver de signes de fatigue. C'est ainsi qu'il se réveille le lendemain, frais et dispos.
Il consulte son GSM et trouve un message d'un de ses amis : n'oublie pas de ramener la même «kmaya» (terme pour désigner le haschich) que la veille. Elle est trop bonne.
Au fait, Adil, lui, achète au pif. En termes de qualité, il n'y connaît pas grand chose. Pour lui, une bonne «fume» est celle qui déchire le mieux… Le coût? Il est prêt à payer le prix fort pour «bien» fumer. D'ailleurs, dès que le «beznass» commence à parler en gramme, ça devient du charabia pour lui.
Pour les gens du milieu («beznassa»), le mois sacré a aussi un effet sur leur chiffre d'affaires. Et mine de rien, ils s'y connaissent bien en économie. Ils appliquent ainsi l'une des règles élémentaires de la macroéconomie. Quand la demande augmente, les prix font de même. Et pour mieux piéger leur client, ils font leur cinéma : Ouellah, le marché waalouuu, et tu ne trouveras pas mieux. La hausse du chiffre d'affaires des «beznassa» est aussi due aux arnaques. Les victimes sont les clients de passage (très nombreux durant ce mois) et dont les connaissances sont limitées en termes de qualité.
Adil est l'un de ces clients de passage, qui ne font leur entrée en scène que pendant le mois de Ramadan. Il est aussi un arnaqué de première, qui achète du «hachich» à deux fois son prix. Il fait donc partie de cette large liste de «pigeons» qui participent activement au développement du portefeuille des “beznassa”.
Si le mois de Ramadan est un « bon» mois pour les commerces de tout genre, il l'est aussi pour les petits trafics illicites. Au fait tout le monde est gagnant : les «Beznassa» se font beaucoup de «flouss» et les fumeurs passent un Ramadan dans les vapes.
Trois questions à…
Omar Jbiha, médecin généraliste
La Gazette du Maroc : durant le mois de Ramadan, la consommation de drogues (haschich et psychotropes) augmente. Quel effet procurent ces drogues ?
Dr Omar Jbiha : quelques jours avant le Ramadan, on arrête la vente d'alcool aux Marocains. Aussi, et en état de sevrage, beaucoup de gens s'adonnent à des drogues douces tel que le haschich, le maâjoune… ou plus fortes : les psychotropes, médicaments détournés de leur utilisation médicale normale. L'effet des drogues varie selon le genre et la dose. Le consommateur cherche essentiellement l'euphorie. Une petite dose le fera délirer. Il sera victime d'hallucinations visuelles et auditives. Le monde se déforme sous son regard, d'où les rires hystériques ou une certaine angoisse. Après une première phase d'euphorie où la personne est détendue, dans “les vapeurs”, survient la phase de dépression. La personne est triste et a envie de dormir. Elle dormira d'un lourd sommeil et au lendemain aura un fort appétit. Quant à la consommation des psychotropes, elle plonge la personne dans un état d'inconscience. Elle devient souvent insensible à la douleur. L'exemple nous est donné par les personnes qui se tailladent le corps sans rien sentir. Elles sont inconscientes. Le lendemain, elles ne se rappellent pas leurs actes.
Quel est la conséquence de ces drogues sur la santé du consommateur ?
Au-delà d'une semaine à 10 jours de consommation quotidienne, la personne développe une dépendance à la drogue. Elle devra par conséquent se procurer sa dose au quotidien. Plus le corps est habitué à la drogue, plus il a besoin de doses supplémentaires pour arriver au stade d'euphorie. A force d'en abuser, la personne risque d'avoir des troubles cardiaques et en cas de surdose mourir d'un arrêt cardiaque ( risque qui augmente avec les psychotropes : au-delà de 5 comprimés et le mélange entre différentes drogues). La personne risque d'avoir des maladies du cerveau : troubles du comportement, perte provisoire de la mémoire. Elle peut développer des maladies psychiques telles que la psychose et la névrose. Durant le mois de Ramadan, bon nombre de personnes ont recours aux psychotropes pour la longue durée de leur effet. Malheureusement, on ne sait pas ce qu'ils consomment. Ces médicaments sont vendus 10 fois plus cher qu'en pharmacie. Ils peuvent être périmés ou toxiques, suite au manque de contrôle. Ils proviennent généralement de la contrebande (Melilia et Ceuta).
Quels sont les risques qu'encourent les consommateurs durant le mois de Ramadan ?
Les risques sont les mêmes, sauf qu'ils augmentent. Le corps n'est pas habitué au jeun, au rythme de ce mois. Le moindre effort physique nécessite une certaine énergie. Veiller la nuit, consommer de la drogue et se réveiller le matin pour fournir des efforts est “trop” fatiqant pour le corps. Même le sport est déconseillé durant ce mois sauf s'il précède de peu le Ftour.


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