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INTERVIEW : «Les Jihadistes algériens menacent réellement le Maroc»
Publié dans La Gazette du Maroc le 03 - 11 - 2007

Entretien avec le chercheur et islamologue Said Lakhal qui a subi à plusieurs reprises des menaces de mort par des groupes salafistes qui lui reprochent notamment ses «attaques» à répétition contre l'Islam et les dirigeants d'Al Qaïda.
La Gazette du Maroc : On parle de plus en plus de tentative d'infiltration de terroristes algériens sur le territoire marocain au niveau de l'oriental, s'agit-il d'une donne nouvelle dans la stratégie des terroristes maghrébins ou bien le phénomène est à mettre sur le compte d'une conjoncture particulièrement difficile en Algérie ?
Said Lakhal : Il ne faut pas oublier comme le rapporte régulièrement la presse de nos voisins que les terroristes ont essuyé des pertes énormes. On rapporte à cet effet qu'il y a quelques jours une quinzaine de terroristes ont été abattus, et d'autres capturés. Les mêmes sources ont avancé la présence d'étrangers dont des Marocains, des Tunisiens et les Libyens qui ont été recrutés pour aller combattre en Irak via l'Algérie, avant d'être détournés par le GSPC à son profit. Traqués, ces éléments ont bien pu tenter de se réfugier de ce côté-ci des frontières. Comme il n'est pas exclu que cette infiltration fasse partie d'un plan qui vise à commettre des attentats au Maroc pour prouver que les djihadistes ont toujours une forte capacité de nuisance. N'oublions pas que les dernières arrestations ont accentué le désarroi au sein du GSPC algérien qui n'a plus cette facilité de mouvement en Algérie.
Les terroristes algériens menacent-ils vraiment le Maroc ?
Le GSPC algérien menace réellement le Maroc. Encore plus depuis que cette mouvance s'est donnée pour appellation Al Qaïda au Maghreb. Le Maroc comme les autres pays du Maghreb rentre dans ce qu'il est convenu de nommer le «djihad international». Certes, on ne doit pas négliger le danger que pourraient représenter ces «fantassins du djihad» mais il faut noter que la lutte contre les pouvoirs en place dans ces pays, s'inscrit plutôt dans le cadre du djihad mondialisé que prône Al-Qaida. Si vous consultez «Glorifier l'étendard de l'Islam» l'ouvrage du numéro deux d'Al-Qaida Aymen al-Zawahiri qui prône notamment l'abandon temporaire du djihad contre les pouvoirs en place dans les pays musulmans, préconise de se concentrer sur la destruction de l'Occident
 
Quels sont aujourd'hui les objectifs réels de ces terroristes maghrébins ?
L'Objectif de cette internationale terroriste, c'est d'abord remettre sur pied une nébuleuse terroriste particulièrement affaiblie par les coups de boutoirs des services de sécurité qui collaborent entre eux et ensuite mettre en place les germes d'un conflit comparable à celui de l'Afghanistan pour créer aux portes de l'Europe un front régional dirigé contre l'Occident. N'oublions pas que le Maroc est désormais assimilé à un allié objectif des croisés et des juifs selon la terminologie même qui est utilisée par les salafistes combattants. Les salafistes combattants considèrent d'ailleurs les régimes impies du Maghreb comme des ennemis à abattre.
À quand remonte cette coalition salafiste ?
Bien avant l'appellation officielle, qui a été proclamée en septembre 2006, le processus de récupération des maquisards djihadistes maghrébins par Al-Qaida avait été amorcé dès 2002, juste après la chute des bases d'Al-Qaida en Afghanistan. Les Afghans maghrébins qui étaient de retour au Maghreb que ce soit au niveau du Maroc ou de l'Algérie avaient une aura que ne possédaient pas les islamistes locaux. Les 400 djihadistes internationalistes ayant rejoint le maquis algérien après la chute du sanctuaire afghan ont formé le gros des troupes.
Peut-on vraiment parler de coalition ?
Quand on parle d'allégeance, il faut le prendre au sens surtout idéologique. Des groupes entretenant peu de relations entre eux peuvent tenter de déstabiliser le Maghreb et perpétrer des actes de violence en Europe et dans le monde entier au nom d'Al-Qaida . Tous les groupes radicaux sont plus ou moins liés à Al-Qaida qui trouve là une occasion rêvée d'étendre son emprise sur le Maghreb.
Quelle est la place des marocains dans cette nébuleuse ?
En 2003 des dizaines de Marocains venus rencontrer le Gspc, ont été arrêtés en Algérie avant d'arriver à destination. Cela s'est passé juste après le baptême du GICM.
A l'époque, on avait noté la naissance de trois groupes armés directement affiliés à Al-Qaida qui ont été créés en janvier 2003 et qui étaient directement affiliés à Ben Laden: il y a d'abord le fameux Groupe islamique combattant marocain (GICM), fondé par Abdelkrim al-Medjati et qui a ravi la vedette sous la direction de Saâd Husseini après avoir «réussi» les attentats de Madrid, en mars 2004, le Groupe islamique combattant libyen (GICL) dirigé par Abou Abdallah Al-Sadek, le Groupe islamique combattant tunisien (GICT) de Tarek Maroufi et bien entendu le GSPC. Depuis, on a remarqué que dans la plupart des cellules comme au niveau de la hiérarchie, on trouve toujours des marocains qui occupent des grades avancés. Le cas de Saâd Husseini, chef de la commission militaire du GICM (Groupe Islamique Marocain Combattant), est particulièrement édifiant. Il a fait ses premières armes avec les Moujahidines d'Afghanistan.
 
Y-a-t-il un changement dans la stratégie d' Al Qaïda au Maghreb ?
Il est clair qu'il y a eu un changement radical dans la manière d'opérer des terroristes.
Il y a tout d'abord les cibles, désormais les terroristes visent des lieux des bâtiments à forte teneur symbolique. On a même tenté de s'attaquer au président Bouteflika. Les derniers attentats d'Alger et de Casablanca illustrent parfaitement cette nouvelle tendance à laquelle il faut ajouter le recours à un modus operandi propre à Al-Qaida, à savoir le recours à des kamikazes et la planification de plusieurs attentats simultanés.
Les services algériens recrutent
Les candidats au jihad qui ont eu le malheur de chercher à rejoindre l'Irak via le GSPC algérien se sont pour la plupart retrouvé entre les mains des services algériens. Jusque-là rien d'anormal sauf que ces jihadistes marocains sont «retournés» comme on dit dans le langage spécialisé pour infiltrer le maquis islamiste et espionner leurs anciens compagnons de fortune. C'est encore une fois de bonne guerre. Sauf qu'une bonne partie de ces islamistes contraints pour divers moyens de collaborer avec les services de Taoufik Mediene seraient également utilisés pour faire de l'espionnage à l'intérieur du Maroc pour le compte des algériens. Dans cette guerre des services, la sécurité militaire algérienne tente d'infiltrer également les groupes salafistes marocains en renvoyant les jihadistes arrêtés au Maroc.
Selon des sources fiables, l'entraînement et le conditionnement de ces «taupes» a lieu à la tristement célèbre école des forces spéciales de Biskra, où ont été formés des escadrons de la mort qui ont fait tant de ravages durant la «sale guerre».
C'est là où a été d'ailleurs formé Amara Saïfi, alias Abderrezak el-Para , agent du DRS qui serait actuellement aux USA, sous une toute nouvelle identité… Selon le centre de recherches sur le terrorisme «site http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/», El Para avait suivi également une formation à Fort Bragg aux USA, avant de connaître une promotion dans l'ANP (armée nationale populaire) avant d'être «propulsé» à la tête du GSPC, comme «bras droit de Ben Laden en Afrique».


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